23. Le petit bonhomme de pain d’épice

Une vieille femme était occupée à faire du pain d’épice. Comme il lui restait de la pâte, elle façonna un petit bonhomme. Avec des raisins secs, elle dessina des yeux, un nez, un grand sourire et les boutons de son habit. Puis elle le mit à cuire. Au bout d’un moment, elle entendit tambouriner à la porte du four…

Elle l’ouvrit et, à sa grande surprise, le petit bonhomme de pain d’épice en sortit d’un bond. Elle voulut l’attraper, mais il lui échappa en criant :
– Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m’attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d’épice !
Elle le poursuivit dans le jardin où son mari travaillait. Il posa sa bêche et voulut aussi le saisir, mais quand le bonhomme de pain d’épice passa devant lui, il cria :
– Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m’attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d’épice !

En arrivant sur la route, il rencontra une vache. La vache l’appela, mais le bonhomme de pain d’épice cria par-dessus son épaule :
– J’ai échappé à une vieille femme. J’ai échappé à un vieil homme. Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m’attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d’épice !

La vache se mit à le poursuivre, suivie du vieux et de la vieille. Le bonhomme de pain d’épice rencontra un cheval.
– Arrête-toi dit le cheval, je voudrais te manger.
Mais le bonhomme de pain d’épice répondit :
– J’ai échappé à une vieille femme. J’ai échappé à un vieil homme. J’ai échappé à une vache. Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m’attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d’épice !

Puis le bonhomme de pain d’épice rencontra un renard et lui dit :
– Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m’attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d’épice !
Alors, le rusé renard lui répondit :
– Mais je ne veux pas t’attraper !

Après avoir dépassé le renard, le bonhomme de pain d’épice dut s’arrêter devant une rivière large et profonde.
Le renard vit la vieille femme, le vieil homme, la vache, le cheval qui poursuivaient le bonhomme de pain d’épice, alors il lui proposa :
– Monte sur mon dos, je te ferai traverser la rivière.

Le bonhomme de pain d’épice monta sur le dos du renard qui commença à nager. Au milieu de la rivière, là où l’eau est profonde, le renard ordonna :
– Monte sur ma tête, bonhomme de pain d’épice ou tu seras mouillé.
Le bonhomme de pain d’épice se mit debout sur la tête du renard.
Comme le courant était rapide, le renard lui dit :
– Monte plutôt sur mon museau. Tu risques de te noyer.
Le bonhomme de pain d’épice glissa sur le museau du renard.

Mais quand ils arrivèrent de l’autre côté de la rivière, sains et saufs, le renard brusquement ouvrit la gueule et avala le bonhomme de pain d’épice !

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