Être divisé – Blanche Edenn

Titre: Être divisé
Auteure: Blanche Edenn
Éditeur: Plume Blanche
Collection: Plume Noire et Plume de Poche
Nombre de pages: 168
Quatrième de couvertureOn a tous envie de quelque chose, du chocolat pour certains, de l’argent pour d’autres.
Et on fait en sorte que ce besoin soit comblé.
Cat a envie de quelque chose de précis, sa vie à elle, cette vie qui devrait être sienne. Et elle compte bien faire en sorte d’assouvir son désir.
Envier. Désirer. Obtenir.

Cette année, j’ai à nouveau participé à l’Opération Club SummerTime organisé par les éditions Plume Blanche que je remercie chaleureusement pour ce service presse.

La couverture m’intriguait beaucoup. Je la trouvais simple et jolie, mais en même temps, le personnage avait un petit quelque chose de rebutant.
Dès les premières pages, on se retrouve aux côtés de la narratrice.
Elle assiste à la naissance de deux petites filles. Au début, on ne sait pas trop ce qu’est cette observatrice : un fantôme ? un ange ? un démon ? En tout cas, elle semble impliquée personnellement dans cet événement.
Rapidement, l’auteure met le mot d’ombre sur l’héroïne ce qui m’a permis de me libérer de cette première interrogation et de me concentrer pleinement sur le récit. Cette ombre suit la famille des fillettes, elle contemple leur vie et les envie jusqu’au jour où, n’y tenant plus, elle parvient à prendre la place d’une des enfants.
Mais une fois dans la place, tout ne se passe pas comme prévu.

On sent que le personnage principal de Être divisé est torturé. Elle voue une fascination malsaine pour “sa” mère et tout au long de l’histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander à quel moment elle allait céder à ses impulsions et de quelle façon. Cela a rendu ce roman particulièrement addictif.
Il n’y a qu’un moment où je me suis un peu essoufflée, c’est lorsque Cat parle de “Ça” : ça tournait un peu en rond et l’histoire en est devenue prévisible.
J’ai également aimé la conclusion parce qu’on a la réponse qu’on se pose depuis le début : Qu’est l’ombre ? Par contre, trois questions restent en suspens : qu’est l’homme en noir ? Pourquoi Cat suit-elle ses “ordres” ? Qu’ont fait les parents pour arriver à une telle situation ? Doit-on s’attendre à une suite ou un spin-off ?

J’ai beaucoup aimé cette lecture que j’ai trouvé un brin addictive. Ce fut une belle découverte.

L’Homme Maigre – Xavier Otzi

Titre: L’Homme Maigre
Auteur: Xavier Otzi
Éditeur: Luciférines
Nombre de pages: 210
Quatrième de couvertureHybride mi-homme mi-bête, Djool dissimule sa nature et vit dans la solitude d’un cimetière de campagne. Quand il ne creuse pas la terre, il explore les plaisirs de la surface, joue du blues sur sa guitare, s’autorise des virées à Lyon, se passionne pour la télévision, découvre la saveur des aliments cuisinés. Sa vie bascule le jour où il croise la route de Konrad, un taxidermiste maniaque à la recherche d’une dépouille humaine pour composer sa plus belle chimère. Convaincu d’avoir trouvé un ami, Djool lui révèle ses souffrances et Konrad lui promet d’y mettre un terme. En échange, il doit l’aider à voler un corps.
Xavier Otzi livre un récit aussi poétique que sombre, un thriller cryptozoologique où le fantastique émerge dans un univers urbain très réaliste. L’Homme maigre est un conte moderne, celui d’un individu rejeté par la ville qui, tenu en marge comme la créature de Frankenstein, cherche sa place en interrogeant notre part d’animalité.

En commençant cette lecture, je savais à quoi m’attendre : une histoire et un univers sombre le tout servi par une ambiance captivante.

Le roman est découpé en deux parties :
Dans la première (T’es quoi, l’albinos ?), on découvre le personnage principal, Djool. On le suit dans son métier de fossoyeur. On ne sait pas exactement ce qu’il est, on comprend rapidement qu’il n’est pas humain, il essaie de leur ressembler et de les comprendre. Il rencontre Konrad, un taxidermiste, avec qui il sympathise, leur relation connait des hauts et des bas.
Dans la seconde partie (Crossroads), l’empailleur a sauvé Djool qui vient habiter chez lui. Et nous offre les conclusions attendues : que voulait Konrad du fossoyeur ? Qu’est Djool ? Qu’est-il advenu de Georges Dimont, père de Toni et Konrad ?

J’ai adoré la première moitié, je suis entrée rapidement dans l’histoire. Pendant un temps, j’ai hésité à m’attacher à Djool ne sachant pas trop à quoi m’attendre avec ce personnage. Finalement, sa loyauté m’a convaincue à l’apprécier. Quant à Konrad, j’ai eu beaucoup de mal à me faire à lui, je ne l’aimais pas et même si les pensées qui nous sont partagées ne le rendait pas antipathique pour autant, je n’ai pas réussi à m’y attacher.
J’ai trouvé la seconde partie un peu plus longue, principalement parce qu’elle se passe principalement en huis-clos, du coup le rythme est plus lent. Ça ne m’a pas empêchée de passer un bon moment et de vouloir le terminer afin d’obtenir le fin mot de l’histoire.
Quant à la plume de l’auteur, elle est très agréable et fluide. Simple sans l’être trop. Les descriptions sont plaisantes et la mise en ambiance réussie.

J’ai beaucoup aimé ce thriller fantastique. Ce fut un plaisir de découvrir l’homme maigre.

Challenge Coupe des 4 maisons :
6ème année : Sombral
– Un livre que vous commencez avec des préjugés60 points

Moi, Peter Pan – Michael Roch

Titre: Moi, Peter Pan
Auteur: Michael Roch
Éditeur: Le peuple de Mu
Nombre de pages: 127
Quatrième de couverture« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »
Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barry, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.
Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…

Je me suis procurée ce roman lors d’un festival à Strasbourg, il était sur le stand des Luciférines : l’éditrice me l’a chaudement conseillé, mais ce n’est pas ce qui m’a décidée, c’est la couverture qui m’a beaucoup plu.

La trame de l’histoire est particulièrement ténue : Peter Pan nous raconte des événements qu’il a vécus ainsi que des rencontres qu’il a faites, et qui permettent de lancer des conversations intéressantes et poussées, tout en s’appuyant sur ce que le lecteur connaît de l’univers de Peter Pan (ce que lui apporte son ombre, les masques que portent Wendy, etc.). Il partage avec le lecteur bon nombre de réflexions sur de nombreux sujets (amour, amitié, soi-même et j’en passe), le tout souvent sous forme imagée. C’est également le cas des descriptions que l’auteur fait.
Ce qui rend le récit étrange est qu’on est incapable de savoir si cela se passe dans le présent ou dans le passé : une narration aussi intemporelle que l’est le personnage de Peter Pan.

C’est une lecture qui est loin d’être addictive pour une raison simple : le manque d’histoire. Ainsi, rares sont les chapitres qui se poursuivent dans le suivant, on passe d’un thème à l’autre de manière étonnamment cohérente… du coup,  si on doit arrêter sa lecture pour x raison, entre deux chapitres, on ne meurt pas vraiment d’envie de savoir la suite.
Pourtant, quand on est plongé dans le roman, on se laisse facilement emporter par la plume de l’auteur que j’ai trouvée très belle.On se laisse aisément emporter dans l’univers féérique que Michael Roch a créé.

C’est une lecture plaisante. Si l’histoire à proprement parler m’a laissée plutôt indifférente, ce n’est pas le cas du style d’écriture de l’auteur qui a des mots justes et touchants. J’ai beaucoup aimé.

Challenge Coupe des 4 maisons :
2ème année : Brasier obscur
– un livre à la couverture en noir et blanc – 20×2 = 40 points

 

Loup, y es-tu ? – Henri Courtade

Titre: Loup, y es-tu ?
Auteur: Henri Courtade
Éditeur: Folio SF
Nombre de pages: 388
Quatrième de couvertureEt si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.
Sinistre tableau !
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…

J’ai mis quasiment quinze jours à lire ce roman, non pas qu’il n’était pas bien, mais j’ai eu du mal à entrer dedans – on passera le fait que j’étais occupée.
J’ai adoré la trame de base : que se passerait-il si les personnages de conte avaient survécu et traversé les siècles jusqu’à notre époque ?
La méchante reine Marilyn Von Sydow vit dans le monde actuel et a bâti un empire grâce aux nouvelles formes de communication. Elle traque quatre princesses de conte de fée – enfin, au moins trois : Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Blanche-Neige et le Petit Chaperon Rouge. Elle parvient par différents stratagèmes à se débarrasser de deux d’entre elle, notamment grâce à l’aide du Loup avec qui elle s’est associée. Elle recherche les deux dernières survivantes mais c’est sans compter l’aide des Veilleurs et du Traqueur.

Je suis un peu plus mitigée quant à la manière dont l’histoire est menée. On alterne entre plusieurs chapitres dans les années 2000 (2001 et 2001) entrecoupés par des récits passés qui placent le contexte.
J’avoue que mes passages préférés étaient ceux d’antan. Je trouve qu’ils apportent beaucoup à la narration et surtout aux personnages ce qui est logique puisque les héroïnes sont amnésiques en 2011. Malheureusement, ça les rend un peu fadasses et je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai eu tant de mal à entrer dans l’univers.
J’ai bien plus accroché aux Veilleurs, leur mémoire n’est pas touchée, ils ont soufferts et partagent leurs tourments avec nous. Bref, on peut s’attacher à eux.

En conclusion, je dirai que c’est une bonne lecture, mais sans plus.

Challenge Coupe des 4 maisons :
5ème année : Animagus
– un livre dont le titre comporte le nom d’un animal existant – 50 points

L’homme que les arbres aimaient – Algernon Blackwood

Titre: L’homme que les arbres aimaient
Auteur: Algernon Blackwood
Éditeur: Arbre vengeur
Nombre de pages: 400
Quatrième de couvertureConsidéré par Lovecraft comme son égal, célébré pendant des décennies comme l’un des maîtres du fantastique, Algernon Blackwood n’a pas en France le public qu’il mérite. La richesse de son œuvre, la puissance de son inspiration, qui va chercher jusqu’au fond des forêts les mystères qui hantent l’humanité, et sa maîtrise narrative lui vaudraient pourtant de nombreux lecteurs. C’est que Blackwood n’est pas de ces bricoleurs d’épouvante qui se ressemblent tous. Avec lui c’est toute la Création et la Nature, à la fois attirantes et inquiétantes, qui sont convoquées face à des hommes effarés de découvrir ce que leurs âmes recèlent.
La formidable puissance de suggestion de ce génie de l’étrange, de cet homme que les mots aimaient, se retrouvera dans les cinq longues nouvelles choisies ici.
Pénétrez dans l’univers unique d’Algernon Blackwood, l'”homme fantôme” si cher au cœur des Anglo-Saxons.

On m’a offert ce recueil de nouvelles à mon dernier anniversaire. J’étais partagée quant à cette lecture : la curiosité me poussait à le lire mais je redoutais grandement le fait que le nom d’Algernon Blackwood soit associé à celui de Lovecraft… à ma grande honte (ou pas), je n’aime pas du tout l’auteur du mythe de Cthulhu, ce qui explique mes craintes.

Ce recueil se divise en cinq nouvelles :
Les saules : Deux hommes ont l’habitude de partir ensemble en expédition. Cette fois-ci, ils traversent le Danube en cru et se retrouvent bloqués plusieurs jours sur une île. La nuit, ils se passent des choses étranges: des bruits de milliers de pas, les saules qui les entourent abritent des êtres terrifiants… à moins que ce ne soit leur imagination…
Elle est longue à se mettre en place et à se lire, mais tellement entêtante qu’il a été difficile de passer à la suivante.
Passage pour un autre monde : Norman est invité par Diane, une femme qu’il apprécie particulièrement, à participer à une chasse chez l’oncle de la belle. Il s’y rend. Les gens du coin semblent superstitieux, ce qui étonne le héros. En se renseignant, il apprend que la nuit s’ouvre un passage vers ailleurs.
Je me suis ennuyée, par contre, la chute m’a surprise et cela m’a plu.
Le piège du destin : John Burley et sa femme héritent d’une maison qu’on dit hantée – quiconque y passe la nuit se suicide. Pour pouvoir la vendre et démentir cette rumeur, le couple accompagné d’un ami décide d’y rester lors de la nuit la plus courte de l’année. Ce fameux ami n’est autre que l’amant de la femme.
J’ai bien aimé cette nouvelle. Elle était certes prévisible mais bien mise en scène et pas trop longue.
Celui que les arbres aimaient : Mr Bittacy a une affection particulière pour les arbres. Il convainc sa femme d’inviter un artiste peintre du nom de Sanderson qui parvient à saisir toute la dimension de ces végétaux. Ce dernier répond à l’invitation et passe du temps avec le vieil homme à discuter de leur passion. Il tire la conclusion que les arbres de la forêt jouxtant à la maison Bittacy ont compris que le maître des lieux leur voulait du bien et qu’ils l’aimaient un peu trop.
Beaucoup de réflexions sur l’âme : les végétaux en ont-ils une ? Est-ce une hérésie de songer à cela ? S’ils sont dotés de vie et de conscience, cela signifie-t-il que l’on rejette Dieu ?
J’ai trouvé l’histoire longue, cela tournait un peu en rond et la fin était ennuyeusement prévisible.
La folie de Jones : Jones croit dans les vies antérieures. Il se rappelle l’une d’elle qui remonte à quatre cents ans où un homme l’a torturé. Il croit l’avoir retrouvé dans la présence de son directeur. Son ami imaginaire Thorpe le pousse à se venger.
Je suis partagée quant à cette dernière lecture : j’ai trouvé le début très long et surtout très confus. Jusqu’à la moitié, j’étais incapable d’en faire un résumé et puis à partir de ce point, le récit devient plus intéressant.

Je n’ai pas aimé ce recueil de nouvelles. J’ai trouvé cette lecture laborieuse, beaucoup de descriptions ce qui habituellement ne me pose pas de soucis, mais là, l’auteur utilise souvent les mêmes artifices narratifs et cela m’a rapidement ennuyée. Dommage.

Challenge Coupe des 4 maisons :
2ème année : Pétards surprises
– un livre que l’on vous a offert – 20 points