L’homme de manufacture – Malgorzata Sikorska-Miszczuk

Titre : L’homme de manufacture
Auteur : Malgorzata Sikorska-Miszczuk
Éditeur : Presses universitaires du Midi
Nombre de pages : 129
Quatrième de couvertureL’Homme de Manufacture est l’histoire d’Israël Poznański, propriétaire d’usines de textile dans la ville polonaise de Łódź, devenue une puissante métropole industrielle à la fin du XIXe siècle. L’action de cette pièce originale, exempte d’empathie, de postulats sociologiques ou idéologiques, se prolonge au XXe siècle où, comme dans un miroir, se reproduisent les mêmes conflits et dilemmes. L’introduction du Livre des bonnes et mauvaises actions trouvé à Auvers où vécut Van Gogh, ainsi que de personnages de fiction et de rêves, nous fait entrer dans un monde imaginaire, sans que soit abandonnée pour autant la question de la morale de l’époque qui a permis à Poznański de bâtir son empire. L’arrière-plan politico-économique sert ici de prétexte pour raconter l’histoire des habitants de Łódź, mais aussi pour révéler le combat livré de tous temps entre le bien et le mal, et les sensations métaphysiques qu’éprouve un homme face à la mort.

Je remercie la Masse Critique Babelio ainsi que les éditions Presses universitaires du Midi pour ce partenariat que j’ai grandement apprécié.
L’homme de Manufacture est un opéra en deux actes qui a été adapté en livre bilingue polonais-français. Je ne parle pas cette langue, je n’ai donc pas pu comparer les deux textes et j’ai dû me contenter de la partie française. Pourtant, je me suis surprise à plusieurs reprises à essayer de lire la partie polonaise juste pour le plaisir, et je ne doute pas que mes enfants auront l’occasion de se pencher plus avant dessus parce qu’ayant des amis venus des pays de l’est, ils s’exercent à parler plusieurs langues de ces contrées. Mais je m’égare, revenons à nos moutons.

Comme je l’ai dit précédemment, c’est un opéra en deux actes :
Le premier a lieu lors des derniers moments de vies du héros Poznànski en 1900 : ses questionnements, ses délires, ses souvenirs. Afin de mieux comprendre le personnage et son histoire, on remonte huit ans en arrière et l’on découvre les rapports qu’il entretenait avec sa manufacture, ses ouvriers…
Mais qui est ce fameux Poznànski ? Son histoire nous est retracée avant le début de l’opéra : c’est un industriel polonais et juif (ça a son importance dans le récit et dans les réactions/préjugés de cette époque) qui a créé tout l’un des trois puissants empires textiles à Łódź, entreprise qui a perduré quasiment une centaine d’années après sa mort jusqu’en 1992, date à laquelle se déroule l’acte 2 marqué par des grèves, un procès, etc.

J’ai adoré le premier acte, il y a pas mal de passages décalés et pleins d’imagination qui m’ont plu, m’ont fait sourire et ont rendu cette lecture vivante.
Les dialogues du second acte étaient tout aussi vifs, mais un peu plus terre à terre.
Au fil de mon avancée, j’ai cherché sur le net des extraits de cet opéra pour me mettre dans l’ambiance et parce que certains passages sont clairement chantés, malheureusement, je n’ai rien trouvé et c’est dommage, ça manquait. C’est mon seul bémol, avec peut-être également l’absence de ponctuation finale – ce n’était pas dérangeant plus que ça, mais ça m’a titillée ces phrases qui finissent sur une lettre suivie du vide.
Les personnages ne sont pas spécialement attachants, pourtant, je les ai appréciés : je les ai trouvés réalistes, même le marin-cheval avait un brin de justesse dans ses propos.

J’ai adoré cette lecture, elle était aussi rapide que plaisante. J’ai bien envie de m’essayer à “La valise de Pantofelnik” du même auteur pour voir si c’est tout aussi sympathique que ce livre.

La petite fiancée de la Grande Guerre – Michel Cordeboeuf

Titre : La petite fiancée de la Grande Guerre
Auteur : Michel Cordeboeuf
Éditeur : Nouvelle bibliothèque
Nombre de pages : 84
Quatrième de couverture : En 1918, Louis a survécu à la Grande Guerre et garde l’espoir de revoir sa fiancée Marie qu’il venait juste de rencontrer. C’est par leurs courriers qu’ils ont appris à se connaître : ils parlent d’espérance, de deuils, d’amitiés. Louis chante son amour, l’amour de sa terre et de son village. Aux ravages de la guerre, la musique et les chansons font écran, un abri dérisoire et pourtant puissant.

Avant tout, je tiens à remercier Masse Critique Babelio ainsi que les éditions Nouvelle Bibliothèque pour la confiance qu’ils m’ont accordé avec ce partenariat.

Je pensais lire ce petit roman plus rapidement, quatre jours, ce n’était pas très long, mais pour 84 pages, un peu quand même. En même temps, mon emploi du temps ne m’a pas laissé le loisir de le lire comme je l’aurais souhaité.

Le récit est assez étrange. Il est séparé en deux :
la première partie est en partie sous forme de pièce de théâtre. Oui, j’ai bien dit en partie, c’est en cela que c’est bizarre.
En septembre 1920, Adrien et Paul qui sont revenus de la Grande Guerre, organisent une pièce de théâtre mettant en scène deux soldats français qui survivent péniblement et seuls dans les tranchées, la veille de l’armistice. Je suppose que ce spectacle, c’est ce que les deux soldats ont vécu.
Il y a beaucoup de didascalies, ce qui est assez perturbant pour une pièce de théâtre, mais cela permet d’instaurer une ambiance de méfiance, de peur et d’égarement que les soldats ont pu vivre au courant de la guerre des tranchées.

la seconde partie est une série d’écrits qu’Adrien a rédigé dans son carnet lorsqu’il était sur le front.
Beaucoup de thèmes différents sont abordés : les espoirs en partant, la vie dans les tranchées, les camarades blessés ou morts, la peur, etc.
La plume du soldat change d’un texte à l’autre : parfois certains passages sont de simples récit retraçant ce qu’il vit ou ce qu’il ressent, d’autres fois ils sont sous forme de poèmes, d’autres encore le rythme est saccadé, vif grâce à des phrases courtes, poignantes et un peu insensées. Ça rend également cette partie étrange.

Je ne sais pas quoi penser de cette lecture. Je suis incapable de savoir si j’ai aimé. Ce n’était pas déplaisant, mais le thème fait que ce n’en était pas non plus très agréable. Ça ne m’a pas laissée indifférente.
L’auteur a monté un spectacle basé sur ce roman et qui fait suite à une autre pièce de théâtre le courage des ombres (Plus d’informations là). Je me demande si ça ne m’aurait pas davantage plu sur scène, surtout qu’elles contiennent des chansons (j’ai pu découvrir Marion si loin et j’ai bien apprécié) et que certains textes prennent un tout autre éclairage sachant l’existence de cette représentation.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Philtre de confusion (1ère année) – Un livre qui vous laisse perplexe – 10 points

Il prononcera ton nom – Florian Eglin

Titre: Il prononcera ton nom
Auteur: Florian Eglin
Éditeur: La Baconnière
Nombre de pages: 128
Quatrième de couvertureCe récit dur et grotesque met en scène un couple d’adolescents aux prises avec une grossesse involontaire. Alors qu’elle souhaite le garder, lui, par crainte de sa famille, veut s’en débarrasser.
Empruntant à la mise en scène théâtrale, le roman explore en huis clos la relation étouffante du jeune couple – entre l’égoïsme cru de Stephen et la défense naïve d’Alexandra – accompagné de Kevin, meilleur ami du garçon qui brille par sa couardise et Luc, guide spirituel sinuant entre crétinerie et cynisme.
Mais comme souvent chez l’auteur, le grotesque et la violence «pour rire» du propos recouvrent un discours humaniste qui explore des problématiques essentielles : les points de vue adolescents sur la maternité; les violences en jeu dans un rapport amoureux; les sentiments de lâcheté, de bêtise et d’abnégation.
Truffé d’éléments et de dialogues improbables, ce texte semble surgir du théâtre surréaliste comme une réponse lointaine au Désir attrapé par la queue de Picasso.

Je remercie avant tout la Masse Critique Babelio et les éditions de la Baconnière pour la confiance qu’il m’ont accordée.

Comme le stipule le résumé, l’histoire est celle d’Alexandra, une adolescente de 14 ans enceinte, qui souhaite garder l’enfant qu’elle garde et Stephen, père du fœtus, qui veut qu’elle avorte. C’est un huis-clos sous forme de théâtre.
Le récit est en effet grotesque, une impression renforcée par les jeux des kuroko, vous savez les machinistes vêtus de noirs qui aident sans être vus. Par contre, dire qu’il est dur est limite un euphémisme. Ce fut une lecture éprouvante, évidemment, le thème joue beaucoup mais ce sont surtout les personnages masculins qui l’ont rendue atroce : ils sont à vomir.

Alexandra est jeune et naïve, elle est partagée entre le désir de garder ce bébé et ce que lui dicte sa raison, s’en séparer. Et c’est parfaitement compréhensible.
Mais Stephen est ignoble. Non seulement il impose sa volonté de se débarrasser du fœtus à sa petite copine sans l’écouter une seule seconde, mais il refuse de payer pour et pire que tout, rejette la faute sur Alexandra, comme s’il n’avait pas trempé sa nouille et si elle l’avait fait seule cet enfant. Et je passe les détails les plus monstrueux.
Son pote Kevin est super effacé, à la botte de Stephen. Il a bien quelques soubresauts de raison, un vague espoir, mais est trop lâche pour faire quoi que ce soit.
Et la palme va à Luc… Je n’ai pas de mots pour le décrire.
À côté de cela, on a la voix OFF, qui prend clairement le parti de la jeune fille et ça fait du bien, malheureusement ses interventions ne changent rien au cours des événements.
Et les didascalies qui sont davantage des réflexions que des indications de décor ou de jeu d’acteur. Elles sont très nombreuses et très longues pour le coup. Dans ses discours, tout le monde s’en prend plein la tête, personne n’est épargné pas même le spectateur. J’ai particulièrement aimé les fois où il liste les effigies : des femmes imaginaires ou réelles qui ont toutes réalisé quelque chose que ce soit Médée, Calamity Jane ou Sarah Connor.

Jusqu’à la fin, je n’étais pas certaine d’aimer cette lecture. J’étais partagée entre dégoût et fascination. Une seule chose est sûre, je ne suis pas sortie indemne de ce récit qui m’a malmenée : c’était sombre, douloureux. Maintenant que c’est derrière moi, je peux dire que j’ai adoré.

Challenge Tournoi des 3 Sorciers :
Remède contre les furoncles (Potions – 1ère année) – Un livre dont le héros est un adolescent (entre 13 et 17 ans) – 10 points

 

Huis clos suivi de Les mouches – Jean-Paul Sartre

Titre: Huis clos suivi de Les mouches
Auteur: Jean-Paul Sartre
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 247
Quatrième de couvertureGARCIN : – Le bronze…
(Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent… (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n’êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses.
(Il rit.) Alors, c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru… Vous nous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril … Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de grill : l’enfer, c’est les Autres.

Huis clos
Ça fait très longtemps que j’ai ce livre dans ma PàL, au moins cinq ans. Ma meilleure amie me l’avait conseillé quand j’étais en terminale. A cette époque, j’avais étudié des passages de la nausée de Jean-Paul Sartre, j’avais même essayé de le lire, mais pas moyen, c’était juste indigeste. C’est une des raisons qui m’ont poussé à prendre du temps à le lire et à y aller à reculons.
L’autre est que le résumé que plusieurs personnes m’ont donné est celui-là : c’est un gars enfermé dans une pièce, mais je ne peux pas en dire plus sans spoiler…. Dis comme ça, ça donne moyennement envie.
Je vais aller un peu plus loin dans le résumé. Le personnage principal, Garcin est en effet coincé dans une pièce. Seul au début puis deux femmes le rejoignent. On ignore la raison de cet enfermement. Donc j’ai pris du temps à lire le premier tiers, soit quatre scènes sur cinq, parce que je ne voulais pas louper une information importante. Finalement, toutes les explications sont données dans le dernier chapitre qui fait les deux tiers de la pièce de la pièce de théâtre.
Dans les premiers temps, les personnages se présentent comme des gens biens, seule Inès se montre agressive. Mais ça sonne faux, j’ai espéré que mon instinct me trompait, qu’ils étaient ce qu’ils prétendaient être, mais non et c’est heureux.
Un gros coup de cœur pour cette lecture.

Les mouches
C’est une tragédie grecque qui se passe à Argos, cité qui vénère Jupiter, le dieu des mouches. Oreste revient dans sa ville natale. Il rencontre sa sœur, Electre qui est traité comme une servante par sa mère Clytemnestre et son beau-père Egisthe qui est également l’assassin de leur père, Agamemnon et qui a tenté de tuer Oreste enfant.
J’ai adoré le début jusqu’au moment où Oreste se laisse convaincre par sa sœur de venger. Il bascule alors dans une folie semblable à celle des habitants de la cité, et j’ai moins apprécié parce que tout était plus sombre ; on perd le contraste entre Oreste jeune, naïf et plein d’espoir et ce que subissent les Argiens, contraste que je trouvais aussi puissant qu’intéressant.
Bon, la fin m’a un peu gâché le plaisir, mais j’ai quand même bien aimé.

Deux textes différents de par l’époque choisie, et à la fois semblables de par le thème “l’enfer, c’est les autres”.
J’ai adoré cette lecture qui s’est lue à la vitesse de l’éclair.

Challenge Tournoi des 3 Sorciers :
Azkaban (Art de la magie noire – 7ème année – semaine compte double) – Un livre dont l’histoire se passe en huis-clos – 70×2 = 140 points

L’avare – Molière

Titre: L’avare
Auteur: Molière
Éditeur: Larousse
Nombre de pages: 141
Quatrième de couvertureHarpagon n’a jamais quitté l’affiche. Il a endossé tous les costumes, pris les traits les plus divers, changé d’emploi bien souvent. On l’a vu pathétique, bouffon, tragique, méchant, shakespearien, halluciné, délirant, clownesque, parfois. Au prodigieux spectacle de ce bourg affairiste richissime, de cet usurier possédé tyrannisant une famille charmante, faut-il rire ou pleurer ? Faut-il plaindre ou haïr ce forcené qui enterre son or et ne donne jamais mais ” prête ” le bonjour ? Molière était le meilleur, le plus aimable et généreux des hommes. Son public lui réclamait des farce bouffonneries. Mais son génie comique cache mal un des auteurs les plus noirs et les plus féroces de tous les temps, l’inventeur de ces monstres d’égoïsme, névrosés d’Alceste, Don Juan, Arnolphe, et de cet Harpagon, nos semblables, nos frères.

Je pensais l’avoir déjà lu au collège puisque j’y avais étudié pas mal d’œuvres de Molière mais ce n’est pas le cas de celui-ci. Et je suis bien aise de l’avoir fait maintenant plutôt que trop jeune ; à l’époque, vivant dans le petit monde des bisounours… ou presque… je serais sûrement passée à côté de pas mal d’échanges amusants parce qu’ils sont dits sur le ton du sarcasme ou de l’ironie et que j’étais loin d’être maître dans le domaine, contrairement à maintenant.

Comme le titre l’indique, le héros principal est avare… personnellement, maintenant que je l’ai lu, je trouve le terme d’avare presque trop gentil pour Harpagon… c’est un horrible pingre qui ne dépense jamais plus que le strict nécessaire, n’hésitant pas même à affamer ses chevaux. Ses enfants sont grands et sont tombés amoureux ; ils désirent épouser cher(e) et tendre et s’allient pour en parler à leur père. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu : Harpagon souhaite se remarieret a jeté son dévolu sur Marianne, jeune fille dans le dénuement qui ne lui coûtera pas grand chose mais il ignore qu’elle est la bienaimée de son fils, Cléante.

J’avais presque oublié à quel point j’aimais les pièces de théâtre. Je l’ai lu en une petite heure et demi-heure. J’ai été choquée de découvrir Harpagon si mesquin, j’ai ri des bouffonneries de son valet et des dialogues sarcastiques que le héros, incapable de le comprendre, entre dans le jeu.
Je n’ai pas grand chose de plus à en dire : j’ai bien aimé, j’ai passé un bon moment. Et je me dis de plus en plus que je devrais relire les autres, histoire de les voir de manière différente.

Challenge Coupe des 4 maisons :
6ème année : Drago Malefoy (2ème lecture) – un livre où le personnage principal est un anti-héros – 30×2 = 60 points