Les lettres volées : 1661, Mlle de Sévigné au temps du Roi-Soleil – Silène Edgar

Titre : Les lettres volées : 1661, Mlle de Sévigné au temps du Roi-Soleil
Auteur : Silène Edgar
Éditeur : Castelmore (Dys)
Format : E-book
Nombre de pages : 306
Quatrième de couverture : A l’époque des Précieuses en 1661, Mlle de Sévigné, fille de Madame et âgée de 16 ans, fait son entrée à la Cour. Françoise y vit nombre d’aventures sans toutefois en parler à sa mère notamment pour ce qui concerne l’enquête qu’elle mène afin de retrouver un papier compromettant qui prouverait l’existence d’une liaison entre sa mère et Fouquet. Serait-il le père secret de Mlle de Sévigné ?

Je ne m’attendais pas à une telle lecture… je pensais naïvement que, comme les romans précédents de Silène Edgar, il y aurait un lien entre passé et époque contemporaine. Ici, ce n’est pas du tout le cas.

On se retrouve en 1661 et on découvre la vie de Françoise de Sévigné, une jeune fille noble de quatorze ans qui doit faire son entrée dans le monde des adultes. Sa mère est aimante, mais exigeante quant à la conduite à tenir, ce qui n’est pas évident pour Françoise parce que, même si elle a été éduquée selon les codes de l’époque, elle a aussi été libre de vagabonder avec ses amis “paysans” la moitié de l’année. C’est une jeune fille douce, mais naïve qui n’est pas encore prêt à affronter la cour et sa méchanceté ; dès son premier salon, ça ne loupe pas : elle fait trois bévues qui la mortifie elle, mais aussi sa mère.

J’ai bien aimé les personnages que ce soient Françoise ou sa mère : elles ont un code de l’honneur très fort et sont fidèles à leurs valeurs. Ça permet à l’autrice de traiter un sujet qui me tient à cœur : la place de la femme dans la société (de l’époque). C’est également l’occasion de réfléchir au fossé qui sépare les classes : au rôle des serviteurs, à la distance que prennent les nobles (distance pour ne pas dire mépris)… une condition difficile pour Françoise qui, jusqu’à présent, entretenait des liens d’amitié avec Fanchon sa sœur de lait ou avec Tiphaine qu’elle apprécie particulièrement. Mais ça change petit à petit.

On ne voit pas grand-chose de la vie à la Cour. Françoise assiste à un salon, elle passe quelques semaines chez Fouquet, c’est d’ailleurs l’occasion pour elle de mener son enquête sur la relation qui lie sa mère à cet homme. Deux événements importants qui permet malgré tout au lecteur de découvrir les courtisans, leurs mauvaises habitudes de médisance, etc. J’avoue que ça m’a largement suffit.
J’ai beaucoup aimé cette lecture, c’était prenant et ça s’est lu rapidement.

ABC 2022 – Lettre E
25/26

Iceberg
(secret, secret de famille, mystère)

Coupe des 4 maisons :
Sortilège d’Extension Indétectable (Autre) – un livre ne pouvant rentrer dans aucun autre item05 points

La lettre de Conrad suivi de Pas de résurrection, s’il vous plaît – Fred Uhlman

Titre : La lettre de Conrad suivi de Pas de résurrection, s’il vous plaît
Auteur : Fred Uhlman
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 214
Quatrième de couverture : Ce bref et bouleversant roman, une suite de L’Ami retrouvé – qui valut à Uhlman sa célébrité ne fut publié, à la demande de l’auteur, qu’après sa mort.
Quelques jours avant d’être exécuté en 1944 pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad von Hohenfels écrit à Hans Schwarz, son ami d’enfance. La guerre a séparé les deux adolescents parce que Hans était juif. Dans cette lettre, Conrad tente de justifier ses choix et ses erreurs passés et de demander pardon à Hans avec qui il partagea autrefois tant de moments de bonheur exaltant.
Bien que les personnages en soient différents Pas de résurrection, s’il vous plaît constituait, dans l’esprit d’Uhlman, une sorte de troisième volet à L’Ami retrouvé et à La lettre de Conrad.

Ça fait un moment que je voulais m’acheter ce bouquin, mais je ne le trouvais pas. Cette année, j’ai réussi à me le procurer.
Ce roman est divisé en 2 récits.

Le premier, la lettre de Conrad, se déroule quelques années après l’ami retrouvé. Comme son nom l’indique, c’est un long courrier que Conrad écrit à Hans Schwartz, son ami de l’époque, afin de lui expliquer la raison qui les a divisés et a brisé leur amitié.
Bien sûr, le contexte historique n’a pas aidé, la pression familiale non plus.
Je m’attendais en effet à un retour sur la période où Conrad et Hans étaient amis, mais je ne pensais pas que ça prendrait autant de place. La seule différence avec l’ami retrouvé, c’est que là c’est du point de vue de Conrad. Sa vision de l’amitié et ses relations amicales ou familiales sont beaucoup moins sympathiques que celles de Hans… de ce que je m’en souviens.
Je me suis un peu ennuyée. Conrad écrit de manière très froide, à part quelques passages où la peur prend le dessus puisqu’il est à quelques jours de son exécution.

La seconde partie, Pas de résurrection, s’il vous plaît, nous conte l’histoire de Simon Elsas qui revient en Allemagne, dans la ville qu’il a quittée vingt ans plus tôt. On ne sait pas pourquoi il s’y arrête (lui non plus d’ailleurs), mais il souffre de la situation… pas étonnant puisqu’il est juif et a dû fuir en Amérique après la montée au pouvoir de Hitler. Il tombe par hasard sur un ancien copain de classe qui le reconnaît. Ce dernier lui donne des nouvelles de leurs camarades du lycée et l’invite à une réunion d’anciens élèves.
J’avoue que vu le passé du personnage, il aurait tout aussi bien pu s’appeler Hans Schwartz. Il y a quand même beaucoup de ressemblances entre eux. Ils étaient au même lycée Karl Alexander Gymnasium. Simon devait être un élève d’une autre classe puisque la demeure des Hohenfels (famille de Conrad) est mentionnée à un moment.
Les rencontres que fait Simon sont loin d’être légères : le plaisir de se retrouver n’est pas là ; il s’est passé trop de choses entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis, trop de non-dits, de cachotteries. La réunion des anciens élèves ne se passent pas bien : Simon est en colère, certains se sentent coupables, d’autres sont fiers de ce qu’ils ont fait…. bref, rien n’est simple, ce n’est ni tout blanc ni tout noir… c’était terrible d’avoir tous les points de vue : tous se montrent convaincants parce qu’ils sont convaincus par leurs propos.
Mais ce qui m’a le plus ému, c’est la lettre finale que Simon reçoit de Charlotte… elle ne révèle rien, pourtant, sa missive est émouvante (et explique le titre de cette partie), j’en ai eu les larmes aux yeux.

J’ai nettement préférée la seconde partie à la première parce qu’elle m’a davantage touchée, elle sonne plus juste.

ABC 2022 – Lettre U
24/26

L’épopée de Gengis Khan, tome 2 : Le seigneur des steppes – Conn Iggulden

Titre : Le seigneur des steppes
Saga : L’épopée de Gengis Khan, tome 2
Auteur : Conn Iggulden
Éditeur : POCKET
Format : E-book
Nombre de pages : 512
Quatrième de couverture : L’appétit de conquête de Gengis Khan n’a plus aucune limite. Après avoir unifié les tribus mongoles à la pointe de l’épée, le voilà qui tourne son regard vers l’Est. L’ennemi chinois est sa prochaine proie. Mais n’est-ce point un trop grand défi pour le grand Khan ? Le chemin est long et pénible pour arriver jusqu’à l’Empire du milieu. Ses cavaliers mongols n’ont jamais combattus de villes fortifiées. Et au moindre revers, comment réagiront ses bouillants généraux ? Cette campagne est un tournant périlleux pour le chef de guerre. S’il ne succombe pas aux dangers d’une telle entreprise, Gengis Khan deviendra alors un conquérant de légende…

J’ai du mal à me dire que cela fait 5 ans que j’ai lu le premier tome de cette saga. J’ai l’impression que c’était il y a quelques mois tellement je me souvenais bien de certains passages. Le reste m’est revenu en quelques pages.

Après avoir rallié la dernière tribu, les Naïmans, à sa horde et avoir intégré le chaman Kököchu à son peuple, Gengis se lance à l’assaut du royaume des Jin. La tâche n’est pas aisée : ils construisent des forts das les passes et leurs villes sont entourées de hauts murs imprenables.
Mais les Mongols se montrent rusés et rien ne semble les arrêter.

De nouveaux personnages apparaissent qui font avancer l’histoire et évoluer les protagonistes déjà en place :
– le chaman Kököchu que je trouve antipathique prend comme apprenti Temüge, le plus jeune des frères de Gengis et je n’aime pas du tout le chemin qu’emprunte le benjamin.
Subotei m’a bien plu, il est jeune et loyal envers le kahn.
certains personnages jin : Chakatei la seconde épouse de Gengis qui me laisse dubitative. Ho Sa, Lian ou Wen Chao passent bien. Le général Zhu Zong m’a fait grincer des dents.
Kachium et Khasar ont une place primordiale dans ce second tome, je ne me souviens plus si c’était autant dans le précédent. J’ai aimé les retrouver au fil des pages. Arslan qui m’a tellement plu dans le premier n’est quasiment pas là, dommage.

L’histoire est rythmée : le récit se partage équitablement entre intrigues et combats. C’était passionnant et il m’est arrivé par moment de ne pas pouvoir interrompre ma lecture pour savoir la suite, et ce, malgré l’heure tardive.
La plume de l’auteur est fluide et entraînante, autant que dans le premier. Je lirai le trois dès que l’occasion s’en présentera parce que j’ai adoré ce second tome et j’ai très envie de découvrir ce que me réserve le prochain.

ABC 2022 – Lettre I
17/26

Mille Femmes blanches, tome 1 – Jim Fergus

Titre : Mille Femmes blanches, tome 1
Auteur : Jim Fergus
Éditeur : POCKET
Nombre de pages : 495
Quatrième de couverture : En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des “Mille femmes” viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d’Amérique… Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l’une d’entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d’adoption…

Ça fait plusieurs années que je désirais lire ce roman. J’avais prévu de la faire en lecture commune avec Nymou rossignol livresque, mais la vie en a voulu autrement.
Il ne m’a fallu que quatre petits jours pour terminer ce livre, ce fut une lecture passionnante.

Will Dodd mène des recherches sur son arrière-arrière grand-mère, May Dodd. Puis nous découvrons le journal de May.
La jeune femme vient d’une famille riche, elle a le tort de s’éprendre du contremaître de son père. Elle finit par vivre avec son amant sans être mariés et le couple a deux enfants. Malheureusement, cela ne plaît pas à la famille Dodd qui fomente l’enlèvement de May et l’enferme dans un asile de fou.
Elle y reste une longue année et vit un véritable enfer, jusqu’au jour où elle voit une porte de sortie : le programme FBI, un pacte de paix avec les Cheyennes, un échange où l’État s’est engagé à donner mille femmes blanches à marier contre mille chevaux.
May s’engage et part vers l’ouest avec d’autres femmes.

Un premier point positif : le contexte historique qui mène à la trame de ce roman est placé dès le début. Donc on en connaît tous les tenants et les aboutissants.
On suit des personnages hautes en couleur. Les femmes qui accompagnent May dans cette aventure sont toutes de rangs et de mondes différents. Leur but varie également. J’ai aimé la majorité d’entre elles, elles sont attachantes parce que la narratrice les décrit merveilleusement bien.
C’est également l’occasion de vivre aux côtés des Indiens et de découvrir leurs rituels, leur manière de pensée, leur ouverture d’esprit et la différence entre leur culture et celle des blancs. Pendant des années, je me suis intéressée à ce peuple et j’ai apprécié ce voyage dans l’ouest.

Je n’ai pas vu le temps passer, ni les pages défiler. Et dès les premières pages, j’étais sûre d’adorer cette lecture et je ne me suis pas trompée. La plume de l’auteur est belle, je me suis perdue dans les descriptions que May nous fait de sa vie et des contrées sauvages qu’elle traverse.
Bref, c’était une lecture géniale, il faudra que je me procure la suite.

ABC 2022 – Lettre F
15/26

La pérégrination vers l’Occident : De Pékin à Paris, le voyage de deux moines nestoriens au temps de Marco Polo – Pierre Klein

Titre : La pérégrination vers l’Occident : De Pékin à Paris, le voyage de deux moines nestoriens au temps de Marco Polo
Auteur : Pierre Klein
Éditeur : Olizane
Nombre de pages : 348
Quatrième de couverture : 1275. L’Empire mongol domine l’Asie de la Chine à la Syrie. Deux moines ouïghours chrétiens nestoriens vivant près de Pékin, Çauma et son disciple Marcos, décident de se rendre en pèlerinage à Jérusalem. A la même époque, Marco Polo effectue le trajet en sens inverse.
La guerre entre les Mongols et les Mamelouks musulmans d’Egypte immobilise les deux pèlerins en Mésopotamie.
Par une suite de surprenants concours de circonstances, Marcos va devenir le catholicos des nestoriens, c’est-à-dire le pape de la vaste Eglise d’Orient.
Çauma, quant à lui, deviendra l’ambassadeur des Mongols auprès des souverains européens pour tenter de sceller contre les Mamelouks une alliance qui aurait pu changer la face du monde ! Il est le premier homme connu à parcourir l’Asie et l’Europe du Pacifique à l’Atlantique.
La biographie des deux moines a été rédigée au début du XIVe siècle. Tout en respectant fidèlement la trame historique, Pierre Klein donne vie aux deux pèlerins en replaçant leur pérégrination au cœur des grands enjeux de l’époque, dont beaucoup demeurent d’actualité.

Je remercie la Masse Critique Babelio ainsi que les éditions Olizane pour ce partenariat.
Le résumé me plaisait bien et m’intriguait : comment deux moines affiliés à l’Eglise nestorienne ont pu devenir pour l’un pape de l’église d’Orient et l’autre ambassadeur Mongols, et ce, suite à un simple pèlerinage ?

Je m’attendais à ce que le récit tourne davantage autour de Rabban Çauma et Rabban Marcos, mais ils ne sont qu’un vague prétexte pour introduire des pans entiers d’histoire. Ils passent d’une ville à une autre, sans qu’on sache ce qu’ils y vivent, par contre, on apprend ce qu’il s’est passé 300 ans auparavant : les guerres, les invasions, les complots politiques, etc.
Ça aurait pu me plaire si ça avait été plus romancé.
La manière dont les événements sont amenées est froide, clinique comme dans un livre d’histoire. Je n’ai pas l’impression d’avoir suivi le périple des deux moines d’ailleurs leur aventure ne m’a pas laissé un souvenir impérissable : je l’ai trouvée ennuyeuse et j’ai eu la sensation qu’il ne se passait rien.
De plus, les rares fois où je me suis laissée emporter par le récit, surtout au début parce qu’après, échaudée, j’ai eu plus de mal à plonger dedans, on avait droit à une citation (souvent issue de la Bible, mais pas que…) qui me coupait dans mon élan. Ça a rendu ma lecture laborieuse.
J’ai pris beaucoup de temps pour lire ce livre, mais je n’ai rien retenu de cette histoire : ça m’a rafraîchi la mémoire sur l’épopée de Gengis Khan, mais j’ai fait un blocage sur tout le reste.

Il y a quand même quelques points positifs : des cartes au début qui nous permettent de nous orienter, un contexte historique complet, un glossaire des termes, une chronologie de la vie des personnages en parallèle des événements historiques d’Europe, du Moyen-Orient et de l’Orient.
Pour un féru d’histoire, je pense que cette lecture peut plaire, ce n’est malheureusement pas mon cas, je n’ai pas accroché. C’est une déception pour cette lecture.