L’Ombre du chardon, tome 1 : Azami – Aki Shimazaki

Titre : Azami
Saga : L’Ombre du chardon, tome 1
Auteur : Aki Shimazaki
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 120
Quatrième de couverture : Mitsuo Kawano est étonné quand il croise par hasard un ancien copain d’école devenu président d’une importante compagnie. Il est encore plus surpris lorsque celui-ci l’invite dans un club très sélect où travaille une autre ancienne camarade de classe, la belle et mystérieuse Mitsuko, devenue entraîneuse. Mitsuo est un homme satisfait, un père de famille attentionné, et il a un bon métier. Certes, son mariage est désormais sexless, mais il se contente de soulager ses besoins dans les salons érotiques. Revoir Mitsuko, son premier amour, le poussera à revisiter ses années de jeunesse et ses rêves d’alors.
Avec ce premier roman d’un nouveau cycle, Aki Shimazaki place sans pitié ses personnages au carrefour de leur vie, là où des choix importants s’imposent, là aussi où se multiplient les inconnus et les possibles.

Je ne sais pas trop ce que je vais dire sur ce roman, non pas qu’il n’est pas bien, au contraire, mais il est court. Le récit est efficace :
Mitsuo est rédacteur dans une revue. Il est marié et a deux enfants, mais son couple ne va pas fort : sa femme et lui s’entendent super bien et s’aiment, mais ils n’ont plus de relation sexuelle depuis plusieurs années.

On découvre leur vie : la manière dont le couple en est arrivé là, le rythme de travail de Mitsuo, le changement de profession de sa femme Atsuko…
Les personnages sont bien dépeints et je n’ai eu aucun mal à croire en leur existence.
Lorsque Gorô réapparaît, c’est le passé de Mitsuo qui ressurgit : il repense à son premier amour, Mitsuko. Et par un heureux hasard, il la retrouve : elle travaille en tant qu’entraîneuse dans un bar et serveuse dans un café.

J’ai bien aimé les personnages :
Mitsuo est humain : il a des défauts et les avoue au lecteur, ça le rend relativement sympathique.
Atsuko me laissait indifférente au début, mais à mesure que j’en ai appris plus sur l’historique de son couple, je l’ai trouvée attachante.
– dans un premier temps, je ne savais pas trop quoi penser de Gorô, quelque chose me dérangeait avec lui, mon instinct me disait de me méfier.
Mitsuko n’est pas assez présente pour que je me fasse une idée précise d’elle. Je crois que je l’aime bien.

C’est un coup de cœur pour ce roman qui m’a été offert par une collègue. Il faudra impérativement que je me prenne la suite.

Coupe des 4 maisons :
Ratatinage (1ère année) – un livre de poche10 points

Les témoins de la mariée – Didier van Cauwelaert

Titre : Les témoins de la mariée
Auteur : Didier van Cauwelaert
Éditeur : Albin Michel
Format : E-book
Nombre de pages : 260
Quatrième de couverture : « Nous étions ses meilleurs amis : il nous avait demandé d’être ses témoins. Trois jours avant le mariage, il est mort dans un accident de voiture.
Ce matin, à l’aéroport, nous attendons sa fiancée. Elle arrive de Shanghai, elle n’est au courant de rien et nous, tout ce que nous savons d’elle, c’est son prénom et le numéro de son vol.
Qui aurait pu se douter qu’un tel drame redonnerait un sens à notre vie, et nous ferait enfin découvrir le bonheur ? A nos risques et périls… Elle nous bouleverse, nous fascine, nous rend fous, mais cette Chinoise de vingt ans est-elle la femme idéale ou bien la pire des tueuses ? »

Ce fut une lecture rapide, en 3 jours, c’était torché, sachant que je n’ai pas eu de temps à consacrer à la lecture puisque nous étions toujours en vacances aux États-Unis quand j’ai lu ce court roman.

Je ne m’attendais pas à une telle trame :
Marc, grand séducteur et riche de surcroît, annonce à ses quatre amis qu’il va se ranger et épouser une Chinoise, Yun-Xiang, dont aucun n’a jamais entendu parlé. Elle arrive 2 jours après (il me semble) et deux des quatre potes doivent servir de témoins à la mariée.
Entre temps, Marc meurt dans un accident de voiture et ses amis décident d’accueillir Yun à l’aéroport et de lui cacher le décès de son fiancé.
Ils sont loin d’imaginer ce qui les attend : la fiancée est totalement différente de ce qu’ils pensaient, elle les connaît par cœur et va leur permettre de tout remettre en question et d’avancer.

Du début jusqu’à quasiment la fin, je me suis dit qu’il y avait un couac dans le genre que Marc était encore vivant, qu’il avait tout mis en scène et que Yun n’était pas celle qu’elle semblait être parce qu’elle a bon nombre de coups d’avance sur les témoins et elle est d’une perspicacité effrayante. Ce n’était pas totalement ça, mais mon instinct ne m’a pas trompée, il y avait un truc qui déconnait.

Quatre personnages, quatre narrateurs différents. La plume de l’auteur change à chaque récit, c’est bien joué tout en étant déroutant :

– la narration de Hermann est plutôt classique, parfait pour introduire chaque protagoniste ainsi que leur passé.
Lui, je l’apprécie. Il manque de confiance en lui, mais ne se cache pas derrière les autres. Il assume ses faiblesses et se montre franc envers lui-même, envers ses amis et envers le lecteur.

Marlène est cinglante, ses propos sont crus. Elle est davantage dans l’analyse des comportements de ses amis comme de la situation.
Au début, je n’étais pas sûre de l’apprécier et finalement, je l’aime beaucoup. Elle est probablement ma préférée et j’adore la complicité qui se crée avec Yun, même si elle est teintée de tristesse.

– les chapitres qui mettent en scène Jean-Claude ne sont pas trop différents des autres, mais je n’aime pas du tout le personnage, et ce, depuis le début.
Il est désagréable. Je déteste la façon dont il parle de sa fille, alors O.K., c’est une connasse, mais ce n’est pas étonnant vu son père. J’ai détesté les relations qu’il entretient avec les femmes que ce soit Judith, Yun ou Marlène.

– Lucas clôture le récit en beauté. Il est le seul qui se méfie de Yun et son analyse de la situation m’a donné les réponses que j’attendais. Si je n’accrochais pas avec lui dans les trois premières parties (il était trop extrémiste et intolérant dans ses propos contre la Chine), mais finalement, il est encore plus perspicace que Marlène et ça m’a plu.

J’ai adoré cette lecture et je suis ravie de l’avoir lu.

ABC 2022 – Lettre V
18/26

Momoko une enfance japonaise – Kotimi

Titre : Momoko une enfance japonaise
Auteur : Kotimi
Éditeur : Rue du Monde
Nombre de pages : 162
Quatrième de couverture : Huit histoires relatant l’enfance de l’auteure à Tokyo. Élevée dans une famille modeste avec sa sœur handicapée, elle évoque les jeux dans la rue, le marchand de poissons rouges, l’agitation du marché et la cérémonie du thé chez sa grand-mère.

Une amie m’a prêté cet album qu’elle avait emprunté pour son fils.
L’autrice nous raconte sa propre histoire et a choisi 8 histoires issues de son passé et qui l’ont marquée.

Mon inoubliable entrée en CP : Momoko doit faire sa rentrée au CP, malheureusement, des boutons de varicelle apparaissent et elle est contrainte de rester chez elle, mais elle nous partage ce qu’elle sait de ce premier jour de rentrée.
C’est l’occasion de découvrir la tradition des rentrées scolaires : la cérémonie, le premier jour d’école et surtout le matériel que les enfants reçoivent (brassard, chapeau, protection pour le cartable tout de couleur jaune, et la boîte de mathématiques qui a titillée ma curiosité).

Le dimanche où j’ai découvert papa : le papa de Momoko travaille beaucoup et ne la voit quasiment pas. Le dimanche, il va jouer au golf et ce jour-là, il emmène sa fille.
Je m’attendais à ce que le papa joue sur un green, comme on le voit souvent dans les séries américaines et pas du tout. C’était surprenant et chouette de découvrir ainsi ce sport.

La journée de monsieur Poissons Rouges : une tranche de vie de Momoko. Petit-déjeuner, visite d’un chat errant, cache-cache entre enfants et enfin la rencontre avec le vendeur de poissons rouges.
Une petite histoire sympathique qui nous plonge dans l’ambiance toute nippone avec le repas typique, le décor du terrain de jeu des enfants, et les fameux poissons rouges qu’on retrouve souvent dans les mangas lors de festivals d’été.

Minako, ma petite sœur : on découvre la vie avec Minako, cadette d’un an de Momoko, et qui souffre d’un retard.
Un sujet loin d’être évident à traiter pour des enfants, mais l’autrice a su en parler de manière simple.

La visite des parents à l’école : le titre du chapitre en dit long. La maman de Momoko vient avec Minako et cela ne se passe malheureusement pas bien.
C’est sympa de découvrir l’envers du décor : les parents doivent venir, tout est préparé à l’avance et répété en amont. Un chapitre qui rend aussi le personnage de Momoko plus attachant.

La cérémonie du thé chez ma grand-mère : une cérémonie très ritualisée au Japon, un peu long pour la petite Momoko.
Pour avoir déjà assisté à une cérémonie du thé, je sais que le rituel est strict, mais intéressant. On découvre les gestes que doit faire celui qui reçoit le thé, mais pas comment il est préparé… c’est dommage.

C’est l’heure du repas : ça se passe à l’école. On connaît tous les repas bento, mais dans cette histoire, il n’y en a pas. Le repas se prend dans les classes, les tables sont bougées. Et ce sont des élèves qui se déplacent avec les chariots de nourriture et qui servent.
Je savais que les élèves participaient au ménage, j’ignorais qu’il en allait de même pour le service cantine.

Ce jour de marché que je n’oublierai jamais : pendant que leur mère file faire des courses au milieu des étals du marché, Momoko et Minako doivent l’attendre devant l’échoppe du vendeur de taïyakis. Tandis que Momoko observe la fabrication des gâteaux poissons, sa sœur cadette se fait la malle.
Une petite histoire sympathique qui me rappelle des souvenirs personnels.

On termine cet album avec trois petites surprises, mignon mais sans plus.
J’ai trouvé cette lecture intéressante du point de vue du récit : un décor dépaysant, mais des histoires universelles d’enfants – chacun pourra s’y retrouver.
Le seul bémol en ce qui me concerne, ce sont les dessins. Un enfant de six ans aurait pu les faire – remarquez, c’est peut-être l’effet recherché afin que les enfants se reconnaissent dans ce style de dessin, ça rend peut-être les histoires plus authentiques pour eux, mais j’ai eu du mal.
J’ai bien aimé et j’ai passé un bon moment.

La Fille dans l’écran – Lou Lubie & Manon Desveaux

Titre : La Fille dans l’écran
Autrices : Lou Lubie & Manon Desveaux
Éditeur : Marabout (Marabulles)
Nombre de pages : 192
Quatrième de couverture : Deux filles que tout opposent, prennent contact sur internet pour ensuite faire connaissance dans la « vraie vie ». Elles seront submergées par des sentiments troublants. Coline, 22 ans vit en France et souffre de troubles anxieux qui l’ont isolée du monde. Hébergée à la campagne chez ses grands-parents, elle rêve de devenir illustratrice. Ses recherches d’inspiration la conduisent à contacter Marley, une photographe installée à Montréal. De son côté, Marley, 28 ans vit au Québec a abandonné sa passion pour la photo pour se laisser porter par sa vie montréalaise trépidante. Elle a un job alimentaire, un amoureux québécois et un quotidien rythmé par des sorties. Les messages de Coline vont réveiller en elle un réel besoin d’authenticité. Coline et Marley vont tisser un lien capable de surmonter la distance et le décalage horaire et qui se révèlera de plus en plus dense jusqu’à la rencontre en France…

Une copine de Cassandre lui a prêté cette bande-dessinée et elle a tellement aimé, qu’elle m’a proposé de le lire à mon tour. C’était l’occasion de partager une lecture avec ma puce, donc je n’ai pas hésité une seule seconde.

On suit simultanément deux personnages :
Coline souffre de phobie sociale et vit à Périgueux chez ses grand-parents. Elle fait des recherches pour illustrer le livre pour enfants qu’elle écrit. Elle tombe sur un site qui l’inspire, celui de Marley, et elle lui écrit afin de demander si elle peut utiliser ses photographies.
Marlene vit au Canada avec son petit copain, Vincent. Elle travaille en tant que serveuse et lorsque Coline la contacte, elle reprend doucement la photographie, une passion qui l’a menée jusqu’à Montréal.
Les deux jeunes filles se lient d’amitié.

Le premier point qui m’a sauté aux yeux dès les premières pages, c’est le contraste saisissant entre les pages paires qui retrace l’histoire de Coline, en noir et blanc, et les impaires qui nous content la vie de Marlene, tout en couleurs.
Une timeline originale. C’était à la fois bizarre et intéressant. En tout cas, ça m’a bien plu et bien davantage lorsque les deux héroïnes se rencontrent et que les couleurs se mêlent au noir et blanc. C’était un choix audacieux des deux artistes, mais réussi.

J’ai autant aimé Coline que Marlene. Elles sont aussi sympathiques qu’attachantes.
Quant aux personnages secondaires, j’ai détesté Vincent que j’ai trouvé égoïste et toxique pour sa compagne. La maman de Coline m’a fait grincer des dents, mais j’ai apprécié son père et surtout ses grand-parents. Pour les parents de Marlene, on n’en sait pas assez sur la relation avec leur fille pour se faire un avis. Et il reste sa meilleure amie, Victoire, dont on ignore tout sauf qu’elle est enceinte et c’est pas plus mal quand on voit sa réaction finale.

J’ai adoré cette bande-dessinée, j’ai passé un agréable moment, c’était dépaysant et la relation à distance qui se dessine entre les deux héroïnes devient forte au fil des pages, elle est touchante.
J’ai surtout apprécié le message final : de ne pas écouter les avis frileux de son entourage si suivre leur conseil nous rend malheureux, de croire en ses aspirations et de poursuivre ses rêves.
Je pense que c’est ainsi que ma fille l’a pris et c’est probablement pour cette raison qu’elle a adoré cette histoire, ça lui a parlé.
EDIT : je lui ai demandé et en réalité, c’est surtout l’originalité du côté graphique qui lui a plu.

Samuel & Lyra – Justine Patérour

Titre : Samuel & Lyra
Auteur : Justine Patérour
Éditeur : Rebelle
Nombre de pages : 278
Quatrième de couverture : Entre Lyra et Samuel, l’amour est inconditionnel et profond. Un jour, le jeune homme se retrouve à l’hôpital, entre la vie et la mort. Tout s’écroule alors autour de Lyra, qui ne comprend pas ce qui a bien pu se produire. Pensant connaître Samuel par cœur, elle se rendra compte qu’il lui cachait quelque chose d’important. Était-ce pour la protéger ou parce qu’il avait trop honte de son passé ?
À défaut de le sauver, et pour ne pas sombrer Lyra mènera son enquête et tombera dans une histoire vieille de plusieurs mois.
Samuel se réveillera-t-il ? Lyra parviendra-t-elle à retrouver l’homme qu’elle aime ?

Cela fait plus de 3 ans que je veux lire ce roman, mais j’en repoussais chaque fois la lecture, pour deux raisons :
– la première est que je suis Justine Patérour sur les réseaux sociaux depuis très longtemps et c’est toujours stressant dans ces cas-là de lire et chroniquer le roman de quelqu’un avec qui on a un lien, surtout la première fois – je n’avais pas pu lui apporter mon entier soutien lors de la publication de sa saga la prophétie d’Alysiane pour des raisons financières, donc quand j’ai vu qu’elle était au salon du livre de Paris, j’ai sauté sur l’occasion pour acheter et me faire dédicacer Samuel & Lyra
– la seconde est que ce roman est classé dans la catégorie romance, que j’en lis peu parce que j’ai toujours un peu de mal à accrocher avec ce genre littéraire.
Heureusement pour moi, l’histoire de Samuel & Lyra ne traite pas que de romance et plusieurs intrigues se mêlent à la trame principale et c’est ce qui fait la force de cette lecture.

Les chapitres sont découpés en deux parties : l’après accident puis l’avant.
– Dans la première, Samuel est hospitalisé, dans le coma après s’être fait tirer dessus. Qui a fait ça ? Balle perdue ou acte volontaire ? Au début Lyra est effondrée, surtout qu’elle a subi six mois auparavant la perte de son père adoré – la pauvre, ça fait beaucoup – , ses amis l’aident à remonter la pente et elle tente d’élucider ce crime en enquêtant sur le passé de Samuel.
– dans la seconde, l’autrice nous retrace la rencontre de ses deux héros, ce qui les a amenés à se lier d’amitié puis à tomber amoureux, et ce, jusqu’à ce fameux jour où Lyra apprend la nouvelle de l’accident qui a plongé Samuel dans le coma.

Personnellement, j’ai une nette préférence pour l’après, c’est bien amené, les coupures se font au bon endroit ce qui m’a donné envie de poursuivre ma lecture – les pauses obligatoires (pour différentes raisons) en étaient frustrantes.
La relation qu’ont noué Samuel et Lyra est touchante, mais un peu trop romance à mon goût.
Les passages qui m’ont le plus touchée sont ceux où l’autrice nous parle avec justesse du deuil que ce soient les sentiments ressentis à l’annonce de ce drame où ceux éprouvés les jours et les mois qui suivent. Ça m’a émue.

J’ai mis un petit moment pour le lire, non pas qu’il n’était pas bien, mais j’ai eu très peu de temps à consacrer à cette lecture, au point que les quatre premiers jours, je n’ai pas pu lire plus d’un chapitre, difficile de plonger dans l’histoire dans ces conditions. Mais vendredi et dimanche, je me suis bloqué quelques heures où j’ai enfin pu m’imprégner de l’histoire, des personnages ainsi que de l’ambiance et ça s’est lu tout seul.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai aimé cette lecture.

Coupe des 4 maisons :
Pierre de lune (potion de longue décoction – du 24 avril au 1er mai 2022) – un livre avec des ornements sur les pages indiquant les numéros/titres des chapitres ??? points

ABC 2022 – Lettre P