Rien n’est trop beau – Rona Jaffe

Titre : Rien n’est trop beau
Auteur : Rona Jaffe
Éditeur : Le livre de poche
Nombre de pages : 669
Quatrième de couverture : New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras …
Lorsqu’il fut publié en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l’engouement de millions de lectrices américaines. Elles s’identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d’horizons différents employées dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes.
Il y a la brillante Caroline, dont l’ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnes, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson.
Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.

J’ai découvert ce roman grâce à une chronique du Livroscope qui m’avait furieusement donné envie de le lire.
Bon, il est resté longtemps dans ma PàL, mais je l’ai enfin sorti à l’occasion du Pumpkin Autumn Challenge, les écailles de Mélusine. Le personnage, Caroline, se métamorphose et évolue au fil des pages que ce soit dans son rapport aux autres ou dans son travail.

Dans l’avant-propos, l’auteur nous explique la façon dont elle est venue à écrire ce roman et j’ai trouvé ça super intéressant. Son but : mettre en garde les jeunes femmes qui débarquent à New York. C’était bien essayé, mais loupé de ce qu’elle nous révèle.
Son héroïne, Caroline, vit dans la banlieue de New York après avoir été abandonnée par son fiancé pour une autre. Elle trouve un travail chez une grosse maison d’édition où elle y rencontre celles qui deviendront ses amies, alors que d’autres sont loin d’être amicales. On trouve tous les caractères et toutes les situations, ce qui permet au lectrice de se retrouver.
L’éventail est large : miss Farrow la patronne ambitieuse qui a grimpé les échelons en escaladant le Kilimandjaro de son boss et qui se méfie de ses subalternes, Mary Agnes la gentille secrétaire un peu commère, April l’éternelle rêveuse qui a abandonné l’espoir de devenir célèbre pour celui de se marier quitte à se laisser piéger par un connard, Barbara divorcée et mère d’une petite petite fille, Gregg qui réalise son rêve de devenir actrice mais à quel prix ?

J’ai bien aimé cette lecture, mais ça m’a pris beaucoup de temps pour la terminer et j’ai eu l’impression que ça n’en finissait pas. Je pense que c’est dû aux séries que je regarde en parallèle : j’ai commencé Madmen qui se passe également dans les années 50, mais j’ai lâché le morceau parce que la manière dont les hommes se comportent et dont les femmes étaient traitées m’a énervée. Et puis j’ai commencé Madame Maisel, femme fabuleuse qui se déroule également dans les années 50, mais cette série, je l’adore – j’écrirai d’ailleurs une chronique dessus dès que la saison 3 est finie.
Du coup, je ne me souvenais plus si tel événement s’était produit dans le roman ou la série. Une sensation probablement due au fait que je ne prenais pas le temps de me poser assez longtemps pour avancer.

Mais à part ça, qu’est-ce j’en ai vraiment pensé plus en détail ? La plume de l’auteur est plaisante. Ses personnages sont attachantes, aucune ne m’a ennuyée ou horripilé, pas même la pénible miss Farrow. Et bon nombre d’intrigues m’ont tenue en haleine.
Donc comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé cette lecture, c’était exactement ce que j’en attendais.

Automne des Enchanteresses
Les écailles de Mélusine (Féminisme, Transformation, Métamorphose)

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers – Benjamin Alire Saenz

Titre : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers
Auteur : Benjamin Alire Saenz
Éditeur : PKJ
Nombre de pages : 416
Format : E-Book
Quatrième de couverture : Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais… C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Cela fait très longtemps que j’ai ce livre dans ma PàL. Au cours de ces dernières années, je l’ai souvent sorti pour des challenges, mais soit je ne finissais pas les défis lecture alors que je l’avais placé parmi les derniers, soit je changeais de roman. Bref, j’y allais à reculons sans trop savoir pourquoi… je crois que, malgré les avis positifs que j’ai lus, le titre me rebutait : il avait des airs de Le monde de Sophie que je n’avais pas aimé. Finalement, rien à voir.
Mais cette fois, pour le Pumpkin Autumn Challenge, je l’ai choisi et j’ai commencé par lui afin de m’en débarrasser… maintenant que je l’ai terminé, je ne peux m’empêcher de me demander quelle folie m’a poussée à repousser cette passionnante découverte ! Malgré des journées épuisantes, il ne m’a fallu que deux petits jours pour le terminer et je suis triste de laisser derrière moi ses personnages si attachants.

Ari est un ado de 15 ans qui vit chez ses parents. Ses sœurs aînées ont quitté le domicile familial pour vivre leur vie et son grand frère, dont on ne parle pas, est en prison. Notre héros n’a pas d’ami, mais cet été, les choses changent : à la piscine, il fait la connaissance de Dante. Les deux jeunes gens vont alors se lier d’amitié.

OK, raconté comme ça, ça ne casse pas trois pattes à un canard… n’empêche que j’ai adoré la plume de l’auteur. La relation naissante qu’il raconte se fait naturellement, tout en douceur. J’ai trouvé les protagonistes touchants. Les dialogues qu’ils échangent ne sont pas passionnants, mais ils sonnent tellement vrais que je me suis laissé porter.
Et puis j’ai autant aimé Ari et Dante que leur parents respectifs. Le lien qui les unit est fort, on sent l’amour qu’ils se portent les uns les autres et leurs échanges m’ont souvent fait sourire. J’avoue qu’à un moment, après l’accident, Ari m’a un peu saoulée, ça n’a cependant pas ralenti ma lecture.

C’est une belle découverte, un coup de cœur pour ce roman.

Automne des Enchanteresses
Les rêves d’Aurore (LGBTQI+, Militantisme)

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens – Becky Albertalli

Titre : Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens
Auteur : Becky Albertalli
Éditeur : Hachette
Nombre de pages : 315
Quatrième de couvertureSimon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :
1/ Ils fréquentent le même lycée.
2/ Blue est irrésistible.
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)
Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…

J’ai vu passé ce roman il y a quelques temps dans des chroniques de blogueuses que je suis. Je n’étais pas décidée à le lire. Mais dernièrement, j’avais besoin d’un personnage LGBTQIA+ pour un item éphémère du challenge Coupe des 4 maisons donc j’ai reconsidéré ma position et l’ai commencé.

Il cadre parfaitement puisque Simon, le héros du livre, est gay. C’est un secret qu’il essaie de conserver, mais dès le début, ça foire. Il correspond de manière anonyme, par e-mail avec Blue, un autre ado de son lycée qui est également homo, et après lui avoir répondu sur l’ordinateur de la bibliothèque, il oublie de se déconnecter. C’est Martin qui tombe sur leurs échanges et fait chanter Simon.

La première moitié du roman m’a laissée indifférente : je me suis ennuyée dans les chapitres où Simon raconte sa vie d’écolier. Par contre, j’ai beaucoup aimé la correspondance entre les deux lycéens : la complicité qui se développe au fil des courriels m’a vraiment plu, ça sonnait juste et sincère.
Étonnamment, dès la seconde moitié du roman, ça devient bien plus intéressant… au point que je l’ai lu en 2 jours contre le double de temps pour le début.

Les personnages sont sympathiques et attachants, même le vilain Martin a un côté amical par moment. Et ce que j’ai surtout apprécié, c’est que l’impression qu’on avait au début d’eux évolue : je n’aimais pas trop Abby et ma préférence allait à Léah, mais au fil des pages, ça s’est inversé. Le récit est bien fait : les protagonistes secondaires sont bien dépeints, au point de les rendre aimable.

Finalement, j’ai bien aimé ce roman, pourtant, c’était mal parti et j’avoue que je redoutais les clichés homosexuels. Heureusement, ç’a été évité.
J’ai pu sans mal m’identifier à Simon et vibrer avec lui. Ce fut une chouette découverte.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Albus Dumbledore (Item éphémère du 13 au 27 juin) : Livre avec un personnage LGBTQIA+60 points

L’échappée belle – Anna Gavalda

Titre : L’échappée belle
Auteur : Anna Gavalda
Éditeur : La Dilettante
Format : E-book
Nombre de pages : 164
Quatrième de couverture : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adultes.

Mince, j’ai complètement zappé d’écrire ma chronique sur ce petit roman que j’ai pourtant terminé il y a deux jours.
Je n’avais aucune attente quand je l’ai commencé et j’ai passé un très bon moment en le lisant… De là à y voir une corrélation entre espoir et résultat…

Garance est cherchée par son frère aîné Simon et sa belle-sœur Carine avec qui ce n’est pas le grand amour. Tous trois se rendent au mariage d’une cousine, il me semble que c’est une cousine (je sors d’une grosse migraine et je n’ai pas les idées très claires). Au passage, ils récupèrent leur sœur, Lola, fraîchement divorcée. Une fois arrivés sur les lieux de la noce, les trois membres de la fratrie n’ont pas le courage d’assister à la cérémonie, d’autant qu’il manque leur frère, Vincent. Ce dernier n’a pu quitter son château pour l’occasion. Ils décident donc de partir le retrouver.

Les relations humaines sont complexes, on le sait et ce roman ne fait que nous le rappeler davantage. Si les liens qui unissent Garance et ses frères et sœurs sont forts, il est cependant difficile de composer avec les gens extérieurs : ainsi, les rapports entre les deux sœurs de Simon et sa femme, Carine qui n’est pas du monde qu’eux, sont tendues. Le divorce de Lola ne se passe pas bien. La famille retrouvée lors du mariage est d’une froideur à la limite de l’indifférence. Tout est fait pour les faire fuir.

Anna Gavalda a des mots très justes face aux situations dans lesquelles elle place ses héros et j’ai adoré ça. Je me suis retrouvée dans pas mal de réflexions que se fait Garance, ce qui m’a beaucoup touchée et m’a également fait rire.
Je me suis attachée à chacun des membres de cette fratrie soudée malgré la vie qui les a séparés et je suis presque déçue que ce fut si court, si rapide à lire.

Je crois que j’ai fait le tour : j’ai beaucoup aimé, ce fut une lecture plaisante et divertissante.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Pétunia (Item éphémère du 21/03 au 04/04) – Un livre dont l’un des personnages principaux porte un nom de fleur (prénom composé et traduction autorisés)80 points

Les anges meurent de nos blessures – Yasmina Khadra

Titre : Les anges meurent de nos blessures
Auteur : Yasmina Khadra
Éditeur : Julliard
Nombre de pages : 403
Quatrième de couvertureIl se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable où il était né, dans l’Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l’argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d’une femme. De Nora à Louise, d’Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie.
Mais dans un monde où la cupidité et le prestige règnent en maitres absolus, l’amour se met parfois en grand danger.
A travers une splendide évocation de l’Algérie de l’entre-deux-guerres, Yasmina Khadra met en scène, plus qu’une éducation sentimentale, le parcours obstiné – de l’ascension à la chute – d’un jeune prodige adulé par les foules, fidèle à ses principes, et qui ne souhaitait rien de plus, au fond, que maitriser son destin.

Ça fait longtemps que je voulais découvrir la plume de Yasmina Khadra et je me suis enfin décidée à me lancer. Le contexte de l’entre deux guerres en Algérie m’intéressait également. Bref, toutes les conditions étaient réunies pour découvrir l’histoire de Turambo.
Je vais essayer de résumer au mieux la vie de ce jeune Algérien qui vit un temps dans un bidonville, mais j’ai mis tellement de temps à le lire que le début commence à remonter et puis, ça ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.

Donc Turambo vit avec sa mère, son oncle, sa tante malade et sa nièce. On découvre dans un premier temps l’histoire de cette famille, comment ils en sont arrivés là, ce qu’ils ont vécu, les petits boulots qu’ils cumulent pour survivre et le héros, du haut de ses douze ou treize ans, se retrouve confronter aux mêmes difficultés que les plus grands et que les amis qu’il s’est fait dans ce semblant de village. Suite à une épidémie, ils finissent par partir et rejoignent Oran. Pour s’en sortir, Turambo passe de petits jobs en petits jobs jusqu’à ce qu’il se lance dans la boxe.
Dès le moment où Turambo se lance dans ce sport de combat, mon désir de poursuivre m’a lecture s’en est trouvé renforcé. C’est un thème qui ne me passionne pas particulièrement, mais qui suscite malgré tout mon intérêt pour une raison toute personnelle : mon père était fan de boxe, il l’avait pratiqué plus jeune et regardait souvent les matchs à la télé. Donc je connais la passion que ce sport déchaîne… or, dans cette lecture, je n’ai malheureusement pas retrouvé cette flamme qui rendait si loquace mon paternel. Une madeleine de Proust ratée pour moi.
Vu la façon dont Turambo intègre l’écurie de DeStefano, c’était couru que le récit manquerait d’ardeur… c’est bien dommage.

J’ai trouvé cette lecture laborieuse. J’ai chaque fois eu beaucoup de mal à la reprendre, préférant même faire mon ménage plutôt que de prendre vingt minutes à lire- et quand on connaît ma passion pour les corvées ménagères, on comprend aisément à quel point cette lecture a dû être pénible pour moi.
L’histoire en elle-même n’est pas à blâmer, ni même la plume de l’auteur, il a des mots très justes quant à ce que vivent les personnages… Mais c’est plat. Je n’ai pas vibré avec eux, il y a bien quelques scènes qui m’ont vaguement stressée, malheureusement le dénouement était tellement prévisible que ça m’a refroidie vitesse grand V.

Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher aux personnages que j’ai trouvé fades. Si j’ai apprécié Gino au début, par la suite il devient aussi insipide que les autres. Celle qui m’a peut-être le plus touchée, c’est Aida, mais elle n’est au final pas si présente.
J’avoue que c’est une déception. Je m’attendais à une lecture forte émotionnellement parlant, mais c’était juste terne.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Eruptif (Chasse aux animaux fantastiques) – Un livre qui se passe en Afrique40 points