Fall in love – Sophie Jomain

Titre : Fall in love
Auteur : Sophie Jomain
Éditeur : Auzou
Nombre de pages : 376
Quatrième de couverture : Un automne pour te rencontrer…
S’il y a bien quelque chose qu’on n’attend pas, c’est se lever un matin et trouver sous sa porte une lettre signée par un parfait inconnu.
Celui qui m’écrit semble bien décidé à attirer mon attention, à me lancer des défis plus
fous les uns que les autres, et surtout, à garder son identité secrète… Cela m’intrigue… pourquoi ne pas me laisser prendre au jeu ? Qui sait ? On pourrait bien se retrouver au bout du chemin et… plus si affinités.

J’ai acheté ce livre en 2 exemplaires, un pour moi, l’autre pour une copine, et ce, pour 2 raisons :
– ça nous permettait de nous faire une lecture commune,
– le principe d’ouvrir une enveloppe par jour pendant 31 jours, comme un roman de l’avent, me plaisait bien.

Phébée a été acceptée pour un stage dans la bibliothèque d’une fondation. Tous les matins, elle trouve une lettre qu’un inconnu lui glisse sous sa porte : cette correspondance l’intrigue, lui fait du bien et la pousse à relever des défis.

Après chaque courte lettre, on accompagne Phébée dans un bout de sa journée. Je ne m’attendais pas à ce format… je pensais que chaque enveloppe était une lettre dans son intégralité, ce qui était un peu débile : ça aurait été compliqué de développer une romance avec ce format… une fois la surprise passée et surtout la logique actée, c’est passé tout seul, même si j’ai eu du mal à me discipliner pour lire une enveloppe par jour… j’avoue que certains jours, j’ai oublié, jusqu’à ce que je décide de lire le matin pendant mon petit déjeuner. Ça m’a permis d’être à jour.

Les personnages sont sympathiques, ils ne sont pas très nombreux et y a que 3 gars autour de Phébée donc 3 potentiels inconnus :
– Matias qu’elle rencontre et qui la drague ouvertement
– Livio, son meilleur ami depuis qu’ils ont 7 ans
– son boss, que j’ai exclu d’office parce qu’il n’y a pas de relation plus froide.
Ça aurait pu être un personnage mystère (genre un stalker ?), mais ça n’aurait pas eu de sens narrativement parlant.
En moins de 5 jours, je savais qui était ce fameux inconnu. Donc niveau mystère, ce n’était pas ça. Heureusement, le récit ne tient pas qu’à ça.

L’histoire est agréable, les défis que relève Phébée sont chouettes et m’ont plongé dans une ambiance automnale très cosy, ce que j’ai particulièrement apprécié.
J’ai passé un agréable moment avec cette lecture que j’ai bien aimée.

En territoire ennemi – Carole Lobel

Titre : En territoire ennemi
Auteur : Carole Lobel
Éditeur : L’association
Nombre de pages : 224
Quatrième de couverture : Alors qu’elle est encore adolescente, Carole prend ses distances avec sa famille catholique et ses valeurs traditionnelles. Solitaire et repliée sur elle-même, elle entre à l’école des beaux-arts de Nantes où peu à peu, elle reprend confiance en elle. C’est alors qu’elle rencontre Stéphane. Stéphane est beau, plein d’assurance, et surtout, il s’intéresse à elle. Carole tombe sous le charme et s’investit dans cette relation. Mais rapidement, elle se retrouve isolée, coupée des autres et du monde, à mesure que Stéphane, embrigadé par des discours masculinistes trouvés sur internet, se transforme…Porté par un dessin minimaliste et expressif, En territoire ennemi expose avec justesse les mécanismes qui mènent progressivement à l’isolement pour Carole et à l’extrême droite pour Stéphane. Un récit poignant, brutal et courageux sur la domination masculine sous ses formes les plus insidieuses et radicales.

Je ne savais pas à quoi m’attendre avec cette BD. Je savais juste que le thème principal était la relation toxique dans laquelle l’heroïne, Carole, s’est fourvoyée.

On découvre son cheminement : ses vacances chez ses grands-parents où son papi lui racontait son vécu lors de la seconde guerre mondiale, ses relations avec sa mère fervente catholique pour qui l’avortement est un crime, etc.
Elle grandit, part à la fac des beaux-arts de Nantes où elle rencontre Stéphane. Ils vivent une histoire d’amour, avec déjà quelques dissonances surtout au niveau sexuel, et elle finit par s’installer avec lui. La situation se dégrade progressivement : Stéphane enchaîne les échecs et les réflexions désagréables style si Carole réussit, ce n’est pas parce qu’elle est douée, mais uniquement parce que c’est une femme. Il finit par ne plus rien foutre et vivre aux crochets de notre héroïne qui parvient à se faire embaucher dans un studio de jeux vidéo sur Paris.
Elle rentre cependant tous les week-end pour retrouver un Stéphane de plus en plus morose et désagréable, misogyne, complotiste, négationiste… il trouve un écho formidable à ses stupides réflexions sur internet. Quand il sent Carole s’éloigner, il finit par la piéger.

C’est une bande-dessinée dont le thème est particulièrement contemporain. Ces derniers mois, j’ai beaucoup vu défiler sur les réseaux sociaux des vidéos démontant les propos de personnes qui sont le portrait craché de Stéphane.
Au début, les dessins m’ont un peu rebutée. Ils ne sont pas beaux, pourtant, ils ont une force incroyable. Je me suis prise à ne plus pouvoir m’arrêter, à espérer que Carole s’en sorte, à attendre qu’elle se libère du boulet avec qui elle est enferrée…

L’histoire est loin d’être gaie… on ne tombe pas dans le pathos, mais c’est davantage une vérité froide et clinique de son vécu. Le constat glacial qu’étant lié à lui de par ses enfants, elle ne sera jamais débarrassé de lui et que son venin s’est transmis.

J’ai adoré cette lecture, la manière dont c’est raconté, tout en me sentant terriblement déprimée parce que finalement, ça fait écho à ce que vive beaucoup de femmes actuellement et franchement, ça me fait peur pour ma fille, mes nièces ou les enfants de mes ami(e)s.

Le Choeur des femmes – Aude Mermilliod

Titre : Le Choeur des femmes
Auteur : Aude Mermilliod
Éditeur : Le Lombard
Nombre de pages : 232
Quatrième de couverture : Je m’appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m’oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de « Médecine de La Femme », dirigée par un barbu mal dégrossi qui n’est même pas gynécologue, mais généraliste ! S’il s’imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il va m’enseigner mon métier ? J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient m’apprendre.

C’est une bande-dessinée adaptée du roman de Martin Winckler, mais je l’ignorais lorsque je l’ai empruntée à la médiathèque. J’avais entendu du bien de ce titre et j’étais curieuse d le découvrir.

Jean Atwood est interne en chirurgie gynécologique. Pour valider son année, elle doit faire 6 mois en médecine gynécologique et elle atterrit dans le service du docteur Franz Karma. Là, leur vision et leur pratique entrent en collision : Jean est formatée par son enseignement, quand Franz a divergé de cette façon froide et clinique de soigner ses patientes. Il les écoute, essaie de trouver des solutions qui conviennent à chaque personne, ce qui exaspère Jean qui ne se gêne pas pour le montrer.
Les deux personnages se prennent la tête et passent un deal : Jean doit s’impliquer pendant une semaine, écouter, prendre des notes, échanger avec les collègues, etc. Au bout de ce laps de temps, elle fera un choix : si elle a rempli le contrat honnêtement et veut arrêter, le doc s’engage à la laisser partir et à valider son stage.
Bien sûr, elle s’investit bien plus que prévu et beaucoup de cas font écho à ce que vivent les femmes.

On suit donc le cheminement de Jean aussi bien professionnel que personnel, mais on a aussi des intermèdes de 3 pages qui laissent la parole à la patiente, ce qui est super intéressant.
Honnêtement, la décision de Jean est aussi évidente que prévisible, on pourrait donc se dire que le récit peut perdre en intérêt, ce n’est pourtant pas le cas : jusqu’au bout, on a quelques surprises.

Les illustrations sont particulières – les bd que je lis sont plus traditionnelles que ce soit graphiquement pour la mise en pages avec le gaufrier classique. Néanmoins, l’esthétique est propre aux essais graphiques et aux récits du réel : une mise en page libérée qui permet d’aborder des sujets intimes.
Donc le style de l’illustratrice convenait parfaitement à ce récit. Les couleurs sont harmonieuses, et elles changent en fonction du moment de la journée et des émotions qui parcourent les personnages.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.

Les Charmes discrets de la vie conjugale – Douglas Kennedy

Titre : Les Charmes discrets de la vie conjugal
Auteur : Douglas Kennedy
Éditeur : POCKET
Nombre de pages : 600
Quatrième de couverture : Le destin d’une femme à travers les mutations de son temps, les mystères de l’union conjugale, l’électrique confrontation entre aspirations progressistes et valeurs conservatrices… Et l’exceptionnel talent de Douglas Kennedy. Pour ses intellectuels de parents, Hannah Buchan est une vraie déception. A vingt ans, au lieu de grimper sur les barricades et de se fondre dans l’ébullition sociale des années soixante-dix, elle n’a d’autre ambition que d’épouser son petit ami médecin et de fonder une famille. Installée dans une petite ville du Maine, Hannah goûte aux charmes très, très discrets de la vie conjugale. C’est alors que le hasard lui offre l’occasion de sortir du morne train-train de son quotidien : malgré elle, Hannah va se rendre complice d’un grave délit. Trente ans plus tard survient le 11 septembre, et avec lui le temps du doute, de la remise en question, de la suspicion. Le passé de Hannah va resurgir inopinément. Et du jour au lendemain son petit monde soigneusement protégé va s’écrouler…

Je pense que si je n’avais pas tiré au sort ce roman, il serait encore dans ma Pile à Lire, ce qui aurait été dommage. Je ne sais plus ce qui m’a poussé à me le faire offrir, mais ça a été une excellente initiative.

Hannah est narratrice. On la suit à deux époque de sa vie :
– De 1966 à 1974, on découvre ses relations avec ses parents, ses années à l’université, sa liaison avec Dan, étudiant en médecine qu’elle finit par épouser, avoir un enfant et le suivre dans de petites villes tranquilles pour sa carrière.
À partir de 2003, elle a déjà un certain âge, ses enfants sont grands et vivent leur vie. Tout est pour le mieux… ou presque jusqu’à ce que deux événements viennent briser sa quiétude.

Le récit est jonché de secrets divulgués. Il est rythmé et je n’ai pas vu le temps passer. Là où j’ai bloqué, c’est au début de la seconde partie. On a une ellipse de 30 ans, on découvre progressivement ce qu’on a loupé, mais c’est lent…
On est passé d’une fin de première partie qui nous met dans tous nos états à un début de seconde partie qui pose à nouveau les bases d’une vie tranquille. Ça m’a demandé une petite période d’adaptation, mais une fois que je suis entrée dans le sujet, j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher.

Le personnage d’Hannah est attachant, autant que celui de sa meilleure amie Margy. J’ai apprécié les relations qu’elle a avec son père. Par contre, la mère est horriblement toxique et j’ai serré les dents plus d’une fois quand elle malmène la narratrice.
Dan m’a laissée indifférente et je l’ai même trouvé mou et inintéressant.
Il y a d’autres personnages, mais je ne vais pas en parler. Tous sont bien dépeints et ça les rend d’autant plus réalistes.

Je pourrais en parler davantage, mais je pense avoir dit l’essentiel.
La plume de l’auteur est agréable. Il arrive à distiller suspens et angoisse après des passages de calme, ce qui a rendu le récit passionnant.
J’ai adoré cette lecture et j’ai du mal à couper avec l’histoire, l’ambiance et l’impression que ça m’a laissée. Ça va être compliqué de passer à une autre lecture.

Madelaine avant l’aube – Sandrine Collette


Titre
:
Madelaine avant l’aube
Auteur : Sandrine Collette
Éditeur : JC Lattès
Nombre de pages : 254
Quatrième de couverture : C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Ce livre m’a été offert par mon amie Barbara et j’avais hâte de le lire et de découvrir ce qui lui avait plu dans ce roman.
Et je comprends son engouement. Même si j’ai mis du temps à le lire, j’ai adoré, c’était vraiment prenant et à chaque nouvelle étape, j’avais envie de savoir comment les choses allaient tourné pour les personnages.

On découvre le hameau Les Montées et les habitants qui y vivent : la vieille Rose que ses fils ont abandonné et qui a recueilli Bran, les jumelles Aelis et Ambre qui sont chacune mariées. La première à Eugène avec qui elle a 3 fils et la seconde à Léon qui souffre de ne pas avoir d’enfants. Tout est bousculé du moment que Madelaine entre dans leur vie : une enfant seule et un brin sauvage.

La vie n’est pas facile pour les personnages et je n’ai eu aucun mal à compatir à leur sort.
Ils sont attachants : l’autrice les a bien dépeints. Pas que ce qu’ils vivent, mais aussi leurs ressentis, leurs espoirs, leurs déceptions…
En ce qui concerne Bran qui est pendant un temps le narrateur, j’ai un peu tiqué sur ses réactions, ses relations avec les habitants… c’était parfois malaisant… jusqu’à ce qu’on découvre son identité réelle – j’avoue que je me suis demandée si je n’avais pas loupé cette information plus tôt, mais je ne crois pas. Ça m’a fait revoir toutes les scènes en flashback de manière très différente.

C’était une lecture top. La plume de l’autrice est très belle : parfois poétique, d’autres crues. Je me suis surprise à relire certains passages pour le plaisir. Il faudra que je regarde si elle n’a pas écrit d’autres romans
En conclusion, j’ai adoré cette lecture.