Lettres à Mina – Thuân

Titre : Lettres à Mina
Auteur : Thuân
Éditeur : Riveneuve
Nombre de pages : 268
Quatrième de couverture : Paris, automne 2017. Une romancière d’origine vietnamienne profite de l’absence de son mari et de son fils pour écrire à Mina, une amie afghane avec qui elle avait partagé un logement étudiant en Russie soviétique et qu’elle a ensuite perdue de vue. C’est dans cette mansarde de Pigalle où elle a vécu lors de son arrivée à Paris qu’elle compose non pas une mais trente lettres. Celles-ci ne seront probablement jamais envoyées à Mina. Et un livre va naître. On y croise d’étranges personnages, Madame Chiên et Monsieur Chat, une drôle d’enquête, un amour perdu, la Russie de la Perestroïka, le Vietnam socialiste, Kaboul en guerre, Paris et la crise des migrants… Le texte glisse avec humour entre le passé et le présent, la politique et la littérature, le réel et l’illusion. Un ouvrage majeur de Thuan où l’autrice y met à la fois toute la force suggestive de son écriture ainsi que quelques références troublantes de son autobiographie.

Je tiens avant tout à remercier Babelio ainsi que les éditions Riveneuve pour la confiance qu’ils m’ont accordée.
C’est une lecture qui m’a laissée perplexe, une sensation renforcée par l’étrangeté du récit.

Ce roman est composé d’une trentaine de lettre que l’autrice envoie à Mina, une amie afghane avec qui elle a partagé un logement et dont elle n’a pas de nouvelles depuis quelque chose comme vingt ans. Ce qui la pousse à écrire ces courriers ? On ne sait pas trop et ça a hanté une partie de ma lecture… peut-être est-ce l’actualité afghane qui parvient jusqu’à la narratrice à travers les journaux… les lettres sont d’ailleurs séparées par des articles qui ont dû lui inspirer cette correspondance. Parfois, on a également des missives qu’une de ses amies, Pema qui habite à Saigon, envoie à son amant… on ne sait pas trop ce qu’elles viennent faire là, mais elles y sont – j’y ai vu l’occasion pour l’autrice de parler au lecteur de la situation du Vietnam, son pays natal, notamment d’après-guerre quand personne n’osait plus prononcer le nom de Saigon.

Les récits sont rythmés, ce qui est très agréable à lire, mais également traitre : je me suis souvent laissée porter par la cadence des mots sans enregistrer ce que je lisais. Du coup, j’étais quitte pour recommencer.
Mes passages préférés sont ceux qui évoquent des pays lointains : la vie commune que la narratrice a passé aux côtés de Mina en Russie (bien trop courts et trop succincts à mon goût), le quotidien au Vietnam, les brèves rencontres avec Vihn, son enquête sur madame Chiên, etc.

J’ai également adoré les histoires qu’elle invente sur les gens qu’elle a côtoyé et qui sont devenus ses personnages : les voyages de Roger Balasko au Vietnam, sa rencontre avec madame Chiên, la désertion de monsieur Chat (même si celle-ci était un peu longue par moment),…
C’était dépaysant et donnait une sensation tellement authentique que j’y ai pris beaucoup de plaisir.
Dans la première moitié du roman, ce ne sont quelques parties. La plupart du temps, l’autrice raconte son quotidien ou ses souvenirs en France, les comparaisons qu’elle fait avec ce qu’elle a connu ailleurs, j’ai trouvé ça sympathique, mais pas de quoi me passionner donc le début m’a semblé long et j’ai eu du mal à rentrer dans le récit.
Par la suite, l’imagination de la narratrice prend le pas sur la réalité et la seconde moitié du roman a davantage suscité ma curiosité ce qui m’a motivé à avancer dans ma lecture.

Bref, le début m’a laissé sur ma faim, la suite a davantage répondu à mes attentes.
J’ai aimé cette lecture.

Into the wild – Jon Krakauer

Titre : Into the wild
Auteur : Jon Krakauer
Éditeur : 10/18
Nombre de pages : 288
Quatrième de couvertureIl avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992, le cadavre d’un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un américain bien tranquille à l’avenir sans surprise. Mais, dès l’obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l’aventure. Après avoir fait don de ses économies à une œuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d’emprunt avec sa vieille voiture, qu’il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet: s’installer au cœur de l’Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s’improvise pas trappeur, ni homme des bois… Ce parcours dramatique d’un jeune homme qui a voulu vivre jusqu’au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l’auteur du best-seller tragédie à l’Everest. Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d’emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine.

La seule raison qui m’a poussée à lire ce livre est l’item éphémère “Forêt de Poudlard”. J’avais conservé cette lecture dans ma PàL pour le pumpkin autumn challenge, mais comme il me fallait du nature writing, je l’ai sorti.
Il y avait une chance sur deux que cette histoire me plaise tout dépendait du choix de l’auteur quant au récit : il aurait pu le romancer, il avait bien assez d’informations pour cela, mais il a préféré l’écrire comme un article… Un très long article. Je déteste ce style journalistique, ça m’ennuie.

Jon Krakeuer nous retrace son enquête de façon anachronique : le corps de Chris McCandless est retrouvé dans les territoires sauvages de l’Alaska. Comment a-t-il péri ? Qu’est-ce qui l’a poussé à aller dans une région reculée avec si peu de matériel ? Comment y a-t-il survécu plus d’une centaine de jour ?
C’est ce qu’on apprend au fil des pages. L’auteur a choisi de nous partager des passages du journal de Chris, des récits faits par les gens qu’il a rencontrés à travers le pays et qu’il a marqués, des textes qu’il a surlignés au cours de son voyage, etc.

Les chapitres se suivent de manière désordonnée, ce qui est assez désagréable au début et m’a obligée à retenir les dates pour m’y retrouver dans la chronologie. De plus, dans certains passages, Chris est comparé à d’autres “explorateurs” qui ont connu eux aussi de semblables drames ; intégré au récit ça aurait pu être intéressant, mais là, ça n’était une succession d’exemples et c’était too much pour moi.
C’est vraiment dommage, parce qu’il y aurait eu moyen de romancer l’histoire, de la rendre palpitante, mais finalement, ça n’est qu’un long reportage ayant bien peu d’intérêt (pour moi du moins). Seuls les trois derniers chapitres ont retenu mon attention parce qu’on a le fin mot de l’histoire sur ce qu’il lui est vraisemblablement arrivé.

En conclusion, c’est une lecture qui m’a laissée indifférente et je suis soulagée de l’avoir terminée.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Forêt de Poudlard (Item éphémère du 21/03 au 04/04) – Un livre de nature writing (où la nature tient une place importante) ou dont le thème principale est l’écologie80 points

Fille de sang – Arounwandi

Titre: Fille de sang
Auteur: Arounwandi
Éditeur: GOPE
Nombre de pages: 226
Quatrième de couvertureUne jeune provinciale d’à peine vingt ans paie le prix d’une enfance et d’une adolescence misérables. Pour se venger des sévices, privations et humiliations qu’elle a subis ; pour implorer des bribes de tendresse de la part de parents qui rejettent son amour – son père militaire qui la répudie ou, au mieux, la brutalise ; sa mère, qui change d’homme comme de sarong et se défoule sur elle de ses frustrations – ; par esprit d’autodestruction et en se calquant sur la cruauté ordinaire du monde rural qui l’entoure envers les animaux domestiques : de dope en perf, de fil en aiguille, cette provinciale joue avec son sang. Un récit peuplé de types humains criants de vérité ; un texte dérangeant, au style musclé, au verbe dru, qui donne de la Thaïlande de tous les jours une image authentique à mille lieues des clichés touristiques.

Je tenais à remercier Babelio ainsi que les éditions GOPE qui ont placé leur confiance en moi.
Le résumé m’avait intriguée mais je redoutais quand même cette lecture parce que le dernier livre asiatique que j’avais lu avait été une épreuve plutôt désagréable… heureusement, cette fois, c’était bien plus intéressant.
Malgré le nombre de pages raisonnables (226 très exactement), j’ai terminé ce roman avec un peu de retard et je m’en excuse. Il ne m’a pas fallu des semaines pour le lire, cinq malheureux jours, cependant le sujet traité était suffisamment délicat et douloureux pour que je ne réussisse pas à avancer aussi vite que prévu.
C’est d’autant plus horrible que c’est autobiographique.

L’auteure nous raconte son enfance qui, n’ayons pas peur des mots, était plutôt glauque. Elle alterne entre des épisodes de sa vie lorsqu’elle était petite et celle plus grande – on ne peut pas dire que dans un cas comme dans l’autre ce soit très gai.
Sa mère la bringuebale comme un fardeau : quand elle ne veut pas s’en occuper, elle la dépose chez son soi-disant père qui est, à coup sûr, celui de la fille aînée mais peu de chance qu’il le soir de la cadette. Chaque fois qu’elle est là-bas, sa vie s’améliore un peu (tout est relatif) jusqu’à ce que sa mère vienne la chercher après son mariage avec un joueur invétéré. Cela ne s’empire pas mais quand elle est une fois de plus abandonnée chez son soit-disant géniteur, ce dernier se venge sur la gamine en l’obligeant à s’occuper de la nourriture de ses oiseaux.
Arrivée à l’adolescence, les ravages de la maltraitance font leur œuvre et elle se retrouve, entre autre, à l’hôpital pour un long moment.
Le petit bémol pour moi est la fin, ce n’en est pas vraiment une ; rien ne change – je pensais qu’on finirait par apprendre comment elle en était venue à écrire son histoire mais non, dommage.

Les épisodes racontés alternent donc entre son enfance et son séjour à l’hôpital. Si les passages de sa jeunesse m’ont accrochée, j’ai eu plus de difficultés avec ceux à l’hôpital qui m’ont ennuyée et freiné ma lecture – heureusement, ils ne sont pas très nombreux et les pages qui suivent se lisaient toutes seules.
J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, il est fluide, musclé comme le précise le résumé sans pour autant être agressif.
Dans l’ensemble, j’ai relativement aimé : j’ai adoré certains passages tout en étant horrifiée qu’une enfant ait pu vivre cela, quant aux autres tranches de vie, j’ai aimé… tout simplement.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Chasse aux dragons : Boutefeu chinois – un livre d’un auteur originaire d’Extrême-Orient – 40 points