Pachinko – Min Jin Lee

Titre : Pachinko
Auteur : Min Jin Lee
Éditeur : Charleston
Nombre de pages : 617
Quatrième de couverture : Début des années 1920, dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par un riche étranger. Lorsqu’elle tombe enceinte et apprend que son amant est déjà marié au Japon, elle refuse la solution qu’il lui propose : devenir son épouse coréenne. Ce refus est le point de départ d’un exil qui s’étendra sur quatre générations. Pour éviter la ruine et le déshonneur à sa famille, Sunja épouse Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui propose une nouvelle vie au Japon. S’étendant sur huit décennies et quatre générations, découvrez le récit épique d’une famille rejetée par deux pays, aux prises avec l’histoire et secouée par des questions d’identité, d’amour, de mort et de survie.

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman, mais jusqu’à présent, je n’avais pas osé le commencer : le nombre de pages m’arrêtait. Je redoutais d’y passer 6 mois. J’ai donc profité de mes vacances pour lire et je suis ravie de l’avoir fait. On ne va pas se mentir, ce n’était pas très gai, mais c’était la seule période où j’étais suffisamment libre de me consacrer à une lecture si dense.

On suit une famille coréenne sur 4 générations. La période s’étend de 1910 à 1989. On commence à Yeongdo, un petit village de Corée.
– Hoonie a un bec de lièvre et un pied bot. Il n’envisage pas de se marier, pourtant, ses parents s’en sortant bien financièrement, une entremetteuse propose de lui trouver une épouse. C’est ainsi que Yangjin entre dans sa vie. Tous deux ont une fille Sunja.

– Lorsque Sunja atteint les 16 ans, elle tombe enceinte d’un homme de vingt ans son aîné, Koh Hansu qui est marié et vit au Japon. Il propose de s’occuper de Sunja en tant qu’épouse coréenne et du bébé, mais blessée, elle refuse.
Le pasteur Isak Baek épouse Sunja pour éviter le déshonneur à cette famille qui s’est bien occupée de lui lorsqu’il était malade, et tous deux partent à Osaka afin de rejoindre son frère et la communauté chrétienne coréenne de cette ville. Là-bas, ils vivent avec Yoseb, le frangin d’Isak, et son épouse Kyunghee. Tous s’entendent bien. Sunja donne naissance à son premier enfant Noa puis cinq ans plus tard à Mozasu. La vie n’est pas simple pour cette famille, surtout que la seconde guerre mondiale finie par éclater, rendant la misère encore plus misérable.

– Noa et Mozasu sont très différents : le premier est studieux et rêve de devenir japonais, le second n’aime pas l’école et s’attire des ennuis, heureusement, Goro-san le prend sous son aile et le fait travailler dans le domaine du pachinko.
– La dernière génération est Solomon, le fils de Mozasu, sur lequel tous les espoirs de cette famille reposent.

Ce n’est pas tant les événements qui traversent cette famille que le contexte qui rend le récit passionnant. Quant aux personnages, ils sont pour la majorité attachants. J’ai aimé les suivre, certains plus que d’autres : ils ont tous leur forces et leurs faiblesses, mais ça les rend terriblement humains. Je n’en ai détesté aucun, il n’y a pas de méchants, ils avaient tous leur raison d’être et d’agir ainsi et la principale est la survie.3
L’injustice qu’ils subissent est aussi intolérable que violente : ils sont traités comme des criminels (impossibilité d’avoir un métier ou un salaire décent, impossibilité de louer un appartement habitable, prise des empreintes)… tout ça parce qu’ils sont d’origine coréenne.
Je savais que c’était compliqué et qu’il existait des ghettos où les coréens étaient parqués, mais j’étais loin d’imaginer une telle ampleur.

Tout au long du récit, l’autrice marque une différence entre Japonais et Coréens : que ce soit au niveau ses vêtements, de la nourriture mais surtout dans leur attitude qu’elle décrit comme froide et professionnelle pour les japonais (raide comme la justice) contre la corruption des coréens qui ne peuvent gagner de l’argent que dans les milieux mafieux, notamment le jeu (comme le pachinko).
Mozasu accepte ce côté « mafieux », parce qu’il a bien compris que c’était sa seule porte de sortie de la misère. Il a toujours protégé ses proches, et on le voit avec Haruki et il continue de le faire. Jusqu’à la fin, je me suis demandé s’il était corrompu ou s’il avait réussi à conserver son intégrité dans un tel milieu.
Ça fait une grosse différence avec Noa, l’idéaliste qui n’a jamais accepté les règles qu’imposaient les Japonais : il rêvait de sortir de sa condition par des voies honnêtes, en étant le plus propre possible jusqu’à ce qu’il tombe aussi dans le domaine du pachinko. Et je ne peux pas en dire davantage.

La situation des coréens au Japon est tellement contemporaine de l’immigration en général et de ce que vivent les immigrés – en pire quand même au Japon pour plein de raisons, notamment le colonialisme. Quand je-ne-sais-plus-qui dit qu’il est retourné en Corée et qu’on lui a craché à la gueule qu’il n’était pas Coréen alors qu’au Japon, on lui met à l’écart et le discours est que c’est un étranger, un Coréen ! Alors même qu’il est né au Japon et que l’un de ses parents aussi…  C’est terrible cette situation de déracinés et tellement d’actualité.
Min Jin Lee montre à quel point le racisme systémique est destructeur : il ne détruit pas seulement les corps, il brise les esprits et pousse des hommes brillants comme Noa au pire, à la honte d’une identité qu’on leur refuse.

J’ai préféré les deux premiers livres avec Sunja et ses fils. Le 3ème m’a paru moins intéressant, pourtant, c’est loin d’être le cas et ce, pour une partie : le laïus de Kazu sur le prix à payer et les choix assumés ou subis. Un discours criant de vérité avec une conclusion dans les chapitres suivants qui fâche.

Je pense que je pourrais encore parler des heures de ce roman, mais je vais conclure en disant que c’est un coup de cœur pour cette lecture.

Pumpkin Autumn Challenge 2026 – la mélodie des mots


L’an dernier, j’ai participé au Pumpkin Auumn Challenge, comme les sept années précédentes. Je pensais ne pas l’avoir terminé, pourtant, j’ai réussi alors que j’étais en en alternance, en cours de préparation pour mon projet soutenance, donc ma liste était réaliste par rapport à mon temps libre.
Il sera composé de mangas et de quelques romans. Je vise toujours les 12 lectures.

Il se déroule du 1er septembre au 30 novembre 2026.
Comme les années précédentes, le but est de lire des livres en rapport avec les catégories (le nom ou les mots-clefs qui lui correspondent). On peut remporter des titres en fonction du nombre de lectures validées.
Comme l’an dernier, il y a 3 tableaux.

Sans plus attendre, voici les titres à remporter :
Je vous laisse découvrir les trois tableaux proposés cette année – les visuels sont aussi beau que l’an dernier.
Je vous présente ma Pile à Lire en vidéo :

Voici mon suivi du Pumpkin Autumn Challenge :

Automne profane :
– Bisclaveret mangera son nez (Loup-Garou, lune, métamorphose, fantastique, songe, secret, mystère, royaume, rejet, moral, traque, vengeance, enquête) :
– L’errance de la chevaleresse diaphane (Gothique, évanescence, ruine, architecture, château, donjon, gargouille, malédiction, héritage, fantôme, viscère, body horror) :
– Le courage en paroles n’aura pas raison de ce démon (dark fantasy, ténèbres, mort-vivant, nécromancie, chaudron, anti-héros, épouvante, combat, dragon, créature) :
– Siegfried et l’alchimie du sang (transmutation, or, trésor, corruption, élixir, immortalité, vampirisme, invincibilité, brume, âme, transidentité) :

Automne des troubadours :
– Aniron le Lai de Beren et Lùthien (Poésie, amour, courtois, héroïne, courage, elfe, loyauté, idéalisation, chèvrefeuille, historique) :
– Faites silence et prenez un siège, car avant longtemps, vous n’entendrez complainte aussi douce (Troubabour, musique, art, inspiration, médiéval, divertissement, joie, nostalgie, auberge, cosy fantasy) :
– Sous les ailes du cygne et du corbeau (Merveilleux, féerie, eau, légende, celte, Bretagne, guérisseuse, protectrice, don, voyance, prophétie, mort) :
– les manches vertes de Dullahan (Chevaleresque, quête initiatique, défi, voyage, épée, honneur, vertu, désir, tentation, manipulation, temps, classique) :

Automne ensorcelant :
– Rommelbootzennaat, la nuit des betteraves grimaçantes (Samhain, Halloween, automne, moisson, citrouille, festin, feu, foyer, réconfort, jeu, farce, déguisement) :
– Une cité pour les dames d’hier, d’aujourd’hui et de demain (féminisme, écrivaine, récit allégorique, manuscrit, enluminure, illustré, licorne, utopie, science-fiction) :
– Les fourberies de Goupil (Satire sociale, ruse, pouvoir, inégalité, comique, fable, conte, anthropomorphisme, animaux, nature) :
– De rose et de poussière (Sorcière, magie, croyance, inquisition, oppression, désillusion, paria, résistance, diversité) :

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L’Épouvanteur, tome 12 : Alice et l’épouvanteur – Joseph Delaney

Titre : Alice et l’épouvanteur
Saga : L’Épouvanteur, tome 12
Auteur : Joseph Delaney
Éditeur : Bayard
Nombre de pages : 326
Quatrième de couverture : « Destinée à être instruite dans l’art de la magie noire, j’ai passé deux ans sous la direction de la plus puissante des sorcières, Lizzie l’Osseuse. J’ai vécu pendant cette période des choses que je n’ai jamais racontées à mon ami Tom Ward. Des choses terrifiantes… »
Depuis plusieurs années, Alice combat aux côtés de l’Épouvanteur, John Gregory et de son apprenti, Thomas Ward.
Afin de détruire le Malin, ce dernier doit accomplir un dangereux rituel lors de la prochaine fête d’Halloween. Pour cela, il a besoin de trois objets sacrés : trois armes. Il en a déjà deux. La dernière, une lame surnommée « Douloureuse », est cachée dans le repaire du Malin.
C’est à Alice qu’il revient de la récupérer. La voici contrainte de retourner dans le monde de l’Obscur où ses ennemis l’attendent à chaque recoin. La jeune sorcière va découvrir qu’elle n’a jamais été aussi puissante… ni aussi proche de la mort.

J’ai lu ce douzième tome en lecture commune avec ma copine Séverine et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on l’a torché. Quatre petits jours ont suffit.

Alice se rend dans l’Obscur afin d’y récupérer Douloureuse, la 3ème dague nécessaire pour tuer le malin. Elle repasse par le royaume de Pan qui l’a précédemment aidée à sortir de cet endroit dédié au mal. Quand elle pénètre plus profondément dans les différents mondes de l’Obscur, après quelques péripéties, elle rencontre Thorne, l’élève décédée de Grimalkin qui va lui être d’un grand secours pour atteindre son but.

Ce que j’apprécie particulièrement dans les tomes de l’épouvanteur, c’est que l’auteur, Joseph Delaney, nous rappelle toujours et de manière fluide, les événements passés. Ce n’est jamais redondant, ni lourd et ça enrichit grandement le récit, surtout lorsqu’on met autant de temps que moi entre deux tomes. Et une fois de plus, ça m’a permis de l’y retrouver.

Mais ce n’est bien évidemment pas le seul point positif de ce roman :
Le récit est fluide et addictif.
On découvre enfin le passé d’Alice chez Lizzie l »Osseuse. Si mes souvenirs sont bons, jusqu’à présent, elle se refusait d’en parler. Il me semble qu’on avait quelques bribes, mais pas autant que là.
Et c’est compréhensible parce que ce qu’elle a vécu est dur. Je dois bien avouer que j’ai cependant trouvé le premier souvenir très long et il n’apportait pas grand chose : il aurait facilement pu être écourté de moitié. En revanche, le second est bien mieux : court, concis. Quelques détails certes sans utilité, mais qui ajoutait malgré tout du charme au récit.

Ce qui a ajouté au plaisir de lire est que j’adore le duo Thorne – Alice. Leur équipe fonctionne bien. Elles peuvent se reposer l’une sur l’autre. En d’autres circonstances, elles auraient pu être amies… enfin, elles le sont tout au long de leur périple avec l’Obscur, mais une fois séparées… l’amitié peut-elle résister à la mort ?

J’ai adoré ce douzième tome.
Ça m’a fait du bien de reprendre cette saga, même si je préfère nettement la lire en automne lorsqu’il fait froid et sombre. Avec cette chaleur, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire et je sais que seul les températures trop élevées en sont responsables.

Battle Game in 5 seconds, tome 05 – Kashiwa Miyako & Saizou Harawata

Titre : Battle Game in 5 seconds, tome 05
Scénario : Saizou Harawata
Illustrations : Kashiwa Miyako
Éditeur : Doki Doki
Nombre de pages : 240
Quatrième de couverture : Pour en finir une bonne fois pour toutes avec les infâmes rouges, Akira et ses camarades ont décidé de les affronter dans la « chasse au roi » , un jeu où tous les membres de l’équipe perdante sont voués à la mort. Les verts, dont Akira fait partie, se lancent dans cette lutte pour gagner des points, mais une intervention imprévue de l’ennemi les déstabilise… Dans cette guerre qui vient de commencer, c’est la vie de chacun qui est en jeu !

Je savais que ce serait une très bonne lecture, c’est la raison pour laquelle je me le suis gardé pour la fin.
Je ne vais pas avoir grand-chose à dire dessus. Un événement majeur prend toute la place : la quête guerrière de la chasse au roi.

L’équipe rouge et l’équipe verte s’affrontent et ça promet d’être meurtrier.
Akira et Yûri ont mis au point un plan : ils ont identifié les sites susceptibles d’accueillir l’épreuve et ont opté pour un plus précisément.
Donc tout le monde est prêt, mais c’est sans compter l’impulsivité d’Ôgami qui sert les plans machiavélique de son acolyte Kuroiwa – comme quoi il le connait assez bien pour compenser.
Tout l’intérêt de ce cinquième tome tient dans l’affrontement stratégique des 2 équipes : est-ce qu’elles ont correctement anticipé les réactions de leurs adversaires ? Est-ce qu’elles ont tenu compte des faiblesses de leur propre groupe ?

Ça s’est lu tout seul ! Je n’ai pas vu les pages défiler tant ça m’a happé. Chaque personnage avance ses pions et on découvre les conséquences. Pour certains, c’est terrible, d’autres ont de la chance.
Les dessins sont tout aussi sympathiques que les tomes précédents. Les scènes de combat passent bien, beaucoup de traits pour simuler la vitesse mais dans l’ensemble, ça passe bien.

J’ai adoré cette lecture et j’ai hâte de lire le suivant parce que bien sûr, on n’a pas la conclusion de cette chasse au roi.

Spy X Family, tome 01 – Tatsuya Endo

Titre : Spy X Family, tome 01
Auteur : Tatsuya Endo
Éditeur : Kurokawa
Nombre de pages : 207
Quatrième de couverture : Twilight, le plus grand espion du monde, doit pour sa nouvelle mission créer une famille de toutes pièces afin de pouvoir s’introduire dans la plus prestigieuse école de l’aristocratie. Totalement dépourvu d’expérience familiale, il va adopter une petite fille en ignorant qu’elle est télépathe, et s’associer à une jeune femme timide, sans se douter qu’elle est une redoutable tueuse à gages. Ce trio atypique va devoir composer pour passer inaperçu, tout en découvrant les vraies valeurs d’une famille unie et aimante.

J’avais entendu beaucoup de bien de cette série, mais je n’étais pas motivée pour commencer parce que le titre laisser supposer (à raison) que ça parlait d’une histoire de famille d’espions et je le suis pas fan des séries d’espionnage.
C’est là que je me rends compte que je suis bourrée de préjugés sur ce genre puisque ce premier tome est loin de ce que j’imaginais et ça fait énormément de bien de découvrir une histoire qui sort de l’ordinaire.

Twilight est un espion. Pour remplir sa mission, il doit se créer une famille et surtout d’avoir un enfant qui intégrera la célèbre école Eden, lui permettant ainsi de se rapprocher de sa cible.
Il se rend donc dans un orphelinat et repart avec Anya (vu comment ça se passe, on ne peut pas dire qu’il l’adopte). La gamine n’est pas super maligne, mais elle a un avantage considérable : elle est capable de lire dans les pensées, cependant elle cache son pouvoir. Donc elle sait qui est son nouveau père, mais ne le lui dit pas.
La petite finit par passer l’examen d’entrée de l’école, sauf qu’il y a un second examen oral et les deux parents doivent être présents… sauf qu’il n’y a pas de mère.
Donc Twilight se met en quête d’une épouse supposée et il rencontre Yor, une jeune femme de 27 ans qui a besoin d’un petit ami pour que son frère lui lâche la grappe sur ce sujet et ses collègues également : elle court notamment le risque d’être arrêtée pour espionnage parce qu’à son âge, ne pas être mariée, c’est louche. Elle doit d’autant se préserver qu’en fait, elle est une tueuse à gage.
Y a aucun spoiler, on connaît leur métier caché ainsi que le pouvoir d’Anya très très vite.

Donc vous imaginez un peu la famille ?
Pas mal d’incompréhension, de quiproquos – je ne les ai pas comptés, mais franchement, c’était très drôle !

Les personnages sont attachants : ils ont tous un passif compliqué, des peurs et des faiblesses qui les rendent parfaitement humains.
Twilight, nommé Mr Forger, est très intelligent, un peu trop parfait. Pourtant, on sent une cassure en lui et sa nouvelle famille, notamment Anya réveille ses fêlures.
Anya est attachante. Elle est comme un animal blessé avec une forte peur de l’abandon, donc elle fait tout pour rester avec Père. C’est dur pour elle, mais ses nouveaux parents sont chouettes avec elle, malgré quelques maladresses.
Yor est limite schizo, c’est pas possible autrement. Elle switche de la jeune fille gentille et timide à la tueuse impitoyable avec une facilité déroutante. Et j’aime beaucoup ça.

Les dessins sont très chouettes. Quelques inégalités, mais ça a fait le charme de ce manga.
En conclusion, j’ai adoré ce premier tome et je lirai les prochains avec beaucoup de plaisir.