Père Fouettard Corporation, tome 1 – Hikaru Nakamura

Titre : Père Fouettard Corporation, tome 1
Auteur : Hikaru Nakamura
Éditeur : Kurokawa
Nombre de pages : 192
Quatrième de couverture : Au Japon, c’est la crise. Pas facile d’avoir un boulot quand on n’a pas de diplôme. Miharu Hino, 22 ans et abonné aux CDD pourris, en sait quelque chose.
Et le Père Fouettard, vous connaissez ? Celui qui se balade à Noël avec un fouet et un grand sac pour y plonger les vauriens. Miharu s’apprête à faire sa connaissance.
Bien loin d’être un affreux moutard, notre héros se retrouve malgré lui au fond du sac du père Fouettard, en route pour le pôle Nord ! Il y découvre le véritable visage de Noël, plus proche d’une multinationale peu scrupuleuse que d’un atelier coquet. La petite entreprise du Père Fouettard ne connaît pas la crise.

En début de mois j’ai vu le numéro 5 de cette série et ça m’a interpellé… ça avait forcément un rapport avec Noël, donc l’idée m’est venue de m’y essayer. J’ai donc acheté le premier, en plus la couverture est trop belle.
Avec un titre pareil, je m’attendais à ce que ce soit une histoire de baston comme c’est très à la mode en ce moment, mais non, du tout.

Miharu a 22 ans. Il ne trouve pas de CDI et pour survivre, il travaille dans un konbini (supérette ouverte 24h sur 24). Son collègue est un gros connard qui abuse de sa gentillesse, il récupère les invendus alors que c’est interdit. Miharu le couvre et la seule fois où il fait une incartade, il est découvert par le père Fouettard qui le catalogue comme « enfant méchant » donc il kidnappe notre héros qui est contraint de travailler pour son organisation.

Quand j’ai commencé cette lecture, la première chose que je me suis dit c’est que les dessins n’étaient quand même pas terrible ! Le héros a une tête de con et son collègue encore pire. Quant aux autres personnages, le style graphique est assez classique. Ce qui contraste fortement avec Knecht (le père Fouettard qui est sur la couverture) : alors OK, il n’a pas de visage, malgré ça, il a la classe que ce soit ses postures ou ses vêtements ! Je suis fan du perso, non seulement il a la classe, mais en plus il est rusé cet enfoiré.
Par la suite, soit les dessins s’améliorent, soit je m’y suis fait, je n’ai pas assez de recul pour savoir.

Le gros point fort de ce manga, c’est l’univers… il est déjanté, il suffit de penser au père Bonnet et à ses bonnet-lutins. Je n’en dis pas plus, c’est un personnage aussi fou que glauque.
En ce qui concerne l’atmosphère, c’est typique de Noël avec ses décors, l’usine du père Fouettard au Pôle Nord, etc. J’ai trouvé que c’était parfait en cette période de fête : pas trop joyeux, loin d’être neuneu, un brin sombre sans être excessif. Un juste milieu. Une histoire comme je les aime.

C’est un coup de cœur pour cette lecture et il me faudra absolument la suite !

Kaguya-sama : Love is war, tome 01 – Aka Akasaka

Titre : Kaguya-sama : Love is war, tome 01
Auteur : Aka Akasaka
Éditeur : PIKA
Nombre de pages : 209
Quatrième de couverture : Au sein du Bureau des élèves de la prestigieuse académie Shûchiin, Kaguya Shinomiya, la vice-présidente, et Miyuki Shirogane, le président, sont l’élite de l’élite. Tout le temps qu’ils partagent ensemble laisse à penser qu’ils se plaisent et pourtant… six mois plus tard, rien ne s’est passé entre eux ! L’obstacle : leur fierté qui ne leur permet pas d’être le premier à déclarer sa flamme.
La bataille pour faire avouer l’autre commence maintenant !

Ça fait quelques temps que ce manga fait de l’œil à ma fille. Du coup, je lui ai proposé samedi de le lui prendre et je l’ai lu la première.
Je ne m’attendais pas à ça.
L’auteur part du principe que l’amour est une guerre, qu’il y a donc un vainqueur et un vaincu, un dominé et un dominant… comme disait mon poète de père : dans la vie, y a les baisés et les baiseurs… voilà, on est en plein dedans !

Shirogane, le président du bureau des élèves, et Shinomiya, sa vice-présidente, se plaisent bien, mais aucun ne veut faire le premier pas parce qu’ils partent du principe que ce serait un aveu de faiblesse, le risque d’être soumis à l’autre,… bref ils ont une vision plutôt malsaine de l’amour.
Du coup, ils mènent une guerre psychologique et passent tout leur temps à comploter… pendant dix pages, chacun se triture la nouille pour anticiper les réactions et les plans de l’autre, mais ça n’aboutit à rien.

J’ai trouvé ça très chiant. Je m’attendais à des stratagèmes plus subtiles. Bref, au niveau de l’histoire, ce n’est pas top.
Les personnages sont plutôt antipathiques, heureusement que la secrétaire, Fujiwara, est par moment présente : elle sauve ses collègues du BDE de leur bêtise. Ils ont beau être d’excellents élèves, ils sont nuls dans les relations humaines… ce qui aurait pu être drôle s’ils avaient été niais, mais là ce sont juste d’odieux comploteurs.

Pour les dessins, ça dépend des planches. C’est assez inégale : parfois certaines vignettes semblent bâclées (peut-être pour mieux coller à l’atmosphère un peu glauque qui imprègne le passage), d’autres fois, ils sont très beaux et j’ai pris plaisir à m’attarder sur le visage des personnages : leurs yeux, la forme de leur bouche, le mouvement de leur corps, etc.

Je n’ai rien d’autre à ajouter, je conclurai donc en disant que cette lecture m’a laissée indifférente.

La déchéance d’un homme, tome 2 – Junji Ito & Osamu Dazai

Titre : La déchéance d’un homme, tome 2
Auteur : Junji Ito & Osamu Dazai
Éditeur : Delcourt/Tonkam
Nombre de pages : 208
Quatrième de couverture : Yôzô Ôba souffre énormément du regard que les autres portent sur lui et ne comprend pas le bonheur de son entourage. La solution qu’il finit par trouver pour s’en guérir : se transformer en bouffon. C’est ainsi que s’écoulent ses jours, à se vouer à ce rôle de clown empli de souffrance. « Extérieurement, le sourire ne me quittait pas intérieurement, en revanche, c’était le désespoir. »

Je n’étais pas très motivée pour lire ce second tome. Ce n’est pas que le premier n’était pas top, mais il m’avait un peu déçue parce que je m’attendais à mieux. Heureusement, celui-ci rattrape largement.

On retrouve Yôzô encore plus alcoolique que dans le premier. Il traîne toujours avec le même genre de personnages néfastes, surtout le bon-à-rien Horiki qui l’incite à boire et qui lui emprunte des sous sans jamais les lui rendre.
Sa situation va changer et grandement s’améliorer lorsqu’il rencontre la douce, pure et innocente Yoshiko qu’il va épouser. Sa relation conjugale est saine, il va se sortir de sa déchéance, mais c’est pour mieux y replonger : plus violemment, plus profondément… et le pire est qu’il va entraîner sa femme avec lui dans sa chute. La pauvre !

Je n’étais pas certaine d’apprécier le personnage de Yoshiko, mais finalement si. Elle est gentille et Yôkô avait bien besoin de quelqu’un comme elle à ses côtés. Malheureusement, il est faible et si ses espoirs n’avaient pas été déçus, il aurait pu être heureux dans cette vie, mais son échec va le mettre plus bas que terre, lui rappeler qu’il n’est qu’un misérable et le remettre sur la route de Horiki.

J’ai préféré ce second tome au premier. Cette fois, ce ne sont pas les femmes autour de lui qui deviennent folles ou hystériques à son contact : c’est probablement cette hystérie qui m’a déplu, ça avait un côté très/trop stéréotypé.
Dans ce second tome, leur comportement est normal, sans exagération. Par contre, c’est notre héros qui glisse doucement dans la folie ; j’ai trouvé ça plus cohérent et bien plus intéressant.
Les dessins sont toujours aussi beaux et dérangeants, mais cette fois, on y retrouve davantage le style « étrangeté » à la Junji Itô, ça m’avait manqué dans le premier.

J’ai adoré cette lecture et j’ai hâte de découvrir le troisième et dernier volume.

Tomie, intégrale – Junji Ito

Titre : Tomie, intégrale
Auteur : Junji Ito
Éditeur : Mangetsu
Nombre de pages : 752
Quatrième de couverture : Des élèves massacrent une jeune fille sans raison, un couple de personnes agées sans histoire se comporte étrangement, un médecin est obsédé par une patiente, une jeune fille subit une greffe et devient peu à peu l’exacte réplique de la donneuse… Tous ces phénomènes étranges ont la même explication : Tomié ! Tomié, la beauté suprême incarnée dans un démon ! Aussi belle que froide. Tour à tour enjôleuse et capricieuse. Une fois pris dans ses filets, plus rien ne vous séparera… pas même sa mort !

Ça fait des années que je voulais lire Tomié. Quand il est sorti en 2004 aux éditions Tonkam, je m’étais procuré le premier, mais pas les suivants pour des raisons personnelles… du coup, je n’ai pas voulu lire le seul tome que je possédais. Ça aurait été trop frustrant.
Donc quand il est paru il y a quelques mois en intégrale, je n’ai pas hésité une seule seconde et je ne peux que m’en féliciter 😉

La question qui se pose tout le long du manga est : qui est Tomié ? Enfin plus exactement qu’est-elle ?
On ne rencontre pas la véritable Tomié : dans le premier chapitre, on assiste à sa cérémonie d’enterrement. C’était une adolescente qui a sauvagement été assassinée.
Dès le lendemain, elle réapparaît en cours. Elle est belle et exerce une fascination malsaine sur les hommes, et parfois sur les femmes aussi. L’histoire se termine toujours de la même façon pour elle et ceux qu’elle fréquente : elle rend folle ceux qu’elle captive au point qu’ils finissent par la tuer de façon violente. Elle est souvent démembrée et chaque partie de son corps se régénère, créant de nouvelles Tomié.

Au début, on suit les personnages qu’elle rencontre : le prof qui se fait passer pour son père sur plusieurs chapitres, puis des membres de la famille de ceux qui se sont épris de Tomié, des rivales qui ne tombent pas sous le charme de cette créature diabolique.
Et plus on avance dans le manga, plus les chapitres deviennent des récits indépendants. Tomié devient le seul fil rouge et se suffit à elle-même.

Bon, il faut aborder le sujet des dessins, on sent que c’est vieux. Le premier chapitre m’a fait un choc, Tomié n’est ni belle ni fascinante… elle poursuit les hommes de ses assiduités et on a plus l’impression qu’ils la butent pour se débarrasser de son harcèlement que parce qu’ils veulent la posséder. C’est assez maladroit, mais ça s’explique parfaitement : c’est le premier manga de Junji Ito, il prend ses marques et s’essaie au manga.
Rapidement ça s’améliore que ce soit en ce qui concerne les dessins ou du récit. Tomié devient fascinante au fil des pages : à la fois belle et horrifiante. Même moi, je me suis laissé prendre par son charme.

Par contre, j’ai été incapable de lire ce manga en une fois. C’est tellement sombre, glauque et parfois dégueulasse, que je me suis obligée à interrompre ma lecture : je mourrais d’envie de découvrir le prochain chapitre, mais ça instillait un malaise trop important, au bord de la nausée. C’était parfait !

Je pense avoir dit l’essentiel. C’est un coup de cœur pour cette lecture que j’ai autant aimée que Spirale.

Sensor – Junji Ito

Titre : Sensor
Auteur : Junji Ito
Éditeur : Mangetsu
Nombre de pages : 240
Quatrième de couverture : La belle Kyôko Byakuya se promène seule au pied du mont Sengoku, parmi des tourbillons de mystérieux filaments volcaniques aux reflets d’or. Au détour d’un chemin, elle tombe nez à nez avec un homme aux propos décousus qui semble l’attendre pour l’inviter dans son village. Ses habitants y vouent un étrange culte au dieu Amagami et son missionnaire persécuté sous l’ère Edo. Cette nuit-là, lorsque Kyoko lève les yeux vers le ciel avec les autres villageois, une nuée de fibres d’or envahit le firmament.
Ce n’est que le premier incident d’une série terrifiante qui s’apprête à bouleverser la réalité telle qu’on la connaît ! Le monde tombera-t-il sous le joug de la mystérieuse Kyôko ?

Pour moi, Junji Ito est le maître incontestable de l’horreur manga japonais depuis des années, depuis que j’ai découvert sa saga Spirale qui avait été un énorme coup de cœur (et ça a fait le même effet à ma fille ^_^).
Donc quand j’ai vu Sensor, je ne pouvais pas passer à côté, même si la couverture m’a un peu fait tiquer : jolie, mais un peu trop lumineuse.

Une femme, Kyoko Byakuya, arrive dans le village de Kiyokami, non loin d’un volcan déversant des filaments dorés qui auraient la propriété de rendre télépathe ou clairvoyant, un truc comme ça. Malheureusement, une éruption volcanique a lieu, détruisant tout sur son passage, sauf Byakuya qui est miraculeusement protégée par un cocon doré, et ce, pendant 62 ans. On la retrouve, elle est sauvée… ou presque.
Les faits intéressent le reporter Wataru Tsuchiyado qui se rend sur les lieux du village détruit pour mener l’enquête. Il n’y trouve pas de réponse, néanmoins, les ennuis commencent avec la secte des indigo shadow.

Comme le laissait penser la couverture, ce manga est moins sombre que Spirale : c’est un peu le combat de la lumière contre les ténèbres… donc on a les deux pendants.
Je suis assez mitigée quant à cette lecture.
Ce qui m’a dérangée, c’est le thème du mysticisme qui est prégnant, et pas le bon mysticisme : la secte, les illuminés du cosmos, le missionnaire trop proche du messie à mon goût.
Donc ça c’est le point noir de cette histoire.

Par contre, j’ai adoré les moments sombres : le nuage qui envahit la tente, les transformations quand les gars pensent trop fort à Byakuya, les insectes de Bisha-Ga-Ura, ou les miroirs… c’était dégoûtant et dérangeant à souhait.
Ce sont des épisodes qui m’ont autant stressé qu’angoissé… le seul souci, c’est que ce sont des passages courts, peu nombreux et surtout ça coupe brusquement : les émotions que cela provoque n’ont pas le temps de redescendre qu’on passe à autre chose, c’est la douche froide. Un peu désagréable.

En ce qui concerne les personnages, j’ai bien aimé le journaliste Tsuchiyado, il est sympathique.
Byakuya m’a le plus souvent laissée indifférente, mais parfois, son côté mystère et son attitude froide m’ont exaspérée.
Pour les autres, ça ne vaut pas le coup d’en parler.

Bref, il y a du bon et du mauvais, donc je conclurai en disant que c’était une bonne lecture, sans plus.