Les aériens – Marie-Catherine Daniel

Titre: Les aériens
Auteur: Marie-Catherine Daniel
Illustrateur: Timothée Leman
Éditeur: Sarbacane
Nombre de pages: 240
Quatrième de couvertureDure rentrée de 5e, pour Alexandre : ses amis l’ont abandonné, et Théo et sa bande le harcèlent chaque jour.
Heureusement, il y a Sarah, la nouvelle au collège. Dès son arrivée, elle l’aide à échapper aux brutes qui le poursuivent avec leurs scooters !
C’est justement en se réfugiant chez elle qu’ils rencontrent un être étrange :
Courantd’Air, un Aérien. Un nuage de particules vivant…

Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Sarbacane pour  ce partenariat.
J’ai tout de suite accroché sur la couverture : le character design des personnages est original et les couleurs sont très douces. J’avoue que, lorsque j’ai choisi de postuler pour cette œuvre, je pensais tomber sur une BD. J’ai été surprise quand je l’ai reçu mais nullement déçue.

J’ai passé un excellent moment.
L’histoire commence sur une ellipse : Noël est passé et les cours ont repris mais depuis quelques temps, Alexandre est mis de côté par ses camarades. On ignore pourquoi et on ne l’apprend qu’au moment où il le raconte à Sarah, une nouvelle venue qui, ne sachant pas de quoi il retourne, s’assied à côté du jeune garçon et copine avec.
Résultat, en rentrant, les deux jeunes adolescents accompagnés du grand frère aphasique d’Alexandre se cache chez la demoiselle pour éviter la bande à Théo. J’essaie d’être aussi vague que possible pour ne pas spoiler mais c’est rude.
Chez Sarah, ils découvrent un aérien du nom de Courantd’Air qui est prisonnier du lave-linge de la jeune fille, ils le libèrent et ce dernier leur explique ce qui l’a entraîné dans cette situation.
Bon, il y aurait énormément de choses à rajouter mais je vais en rester là pour éviter d’en dévoiler trop.

Ce roman ne fait que 240 pages mais il foisonne de détails qui rendent les personnages travaillés attachants, et l’histoire aussi complète qu’intéressante. Nos héros se lancent dans une quête pour aider Courantd’Air notamment, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est loin d’être évident et simple.
Pourtant, rien n’est laissé au hasard et on sent que le récit est construit.
J’avoue que la fin est un peu prévisible mais le cheminement était bien plus important à mon sens que la conclusion.
De plus, tout au long du roman, on retrouve de très belles illustrations de Timothée Leman, elles sont aussi chouettes que la couverture, dommage qu’elles soient en noir et blanc, elles auraient mérité d’être en couleur.

J’ai adoré cette lecture, elle était fraîche, dépaysante, facile à lire… bref, super agréable.

Challenge Coupe des 4 maisons :
2ème année : Chicaneur – un livre publié il y a moins de 3 mois – 20 points

Max et Lili, tome 82 : Max et Lili fêtent Noël en famille – Dominique de Saint Mars & Serge Bloch

Titre: Max et Lili fêtent Noël en famille
Saga: Max et Lili, tome 82
Auteur: Dominique de Saint Mars
Illustrateur: AUTEUR
Éditeur: Serge Bloch
Nombre de pages: 43
Quatrième de couvertureLe Père Noël existe-t-il ? Max y croit dur comme fer, Lili n’en est pas sûre. En tout cas, pour avoir les cadeaux dont ils rêvent, ils deviennent des enfants modèles. Mais, découvrant qu’une dispute de famille les empêche de passer Noël avec leur cousin Victor, ils écrivent une nouvelle lettre au Père Noël.

J’ai lu très peu de Max et Lili, pourtant, mon grand aimait beaucoup la série et il avait quelques numéros mais pas des masses.
J’ai profité d’avoir pris celui-ci sous la main pour le lire… en plus, c’est la saison, il n’y avait donc aucune raison de se priver.

Ça se lit très très vite.
Comme dans d’autres numéros, l’auteur fait le tour des interrogations que les enfants se posent en période de Noël : le père Noël existe-t-il ? Heureusement, pas de réponse fixe à cette question qui divise en deux clans distincts les élèves d’une même classe autant que ceux de l’école, chacun peut donc y réfléchir et y répondre en son âme et conscience.
On fait également le tour de la vision qu’en ont des élèves d’autres religions : musulmans, juifs, athées, etc. Une seule réponse s’offre aux enfants : c’est un temps de partage, d’amour et de tolérance – une vision quand même très chrétienne de l’événement – personnellement, pour les amis d’autres confessions que j’avais, ce n’était pas ça… les temps ont peut-être changé en cette époque d’intolérance… mouais mais non, j’y crois pas.

Au milieu de tout cela, Max et Lili vivent la préparation à Noël : l’un croit encore dur comme fer au père Noël, l’autre affirme que non mais doute quand même grandement. Puis, lorsqu’ils apprennent que toute leur famille et notamment leur cousin Victor ne sera pas là en raison de querelles familiales d’adultes, ils décident de faire tout leur possible pour arranger les choses, quitte à ne pas recevoir les cadeaux dont ils rêvent – après tout, être entouré des gens qu’on aime est bien plus important.

Même si la leçon de vie est belle et m’a plu, je reste mitigée quant à cette lecture… c’en est presque trop facile du fait que chaque adulte y met du sien, alors que c’est loin d’être aussi simple lorsque les grands s’embrouillent, surtout vu la raison invoquée.
Ainsi va la vie… dans le monde de max et Lili du moins.

Un serment d’automne – Laure Allard d’Adesky

Titre: Un serment d’automne
Auteur: Laure Allard d’Adesky
Éditeur: Anyway
Format: Ebook
Nombre de pages: 31
Quatrième de couverture« Fais-moi le serment que quoi qu’il advienne, quels que soient les chemins que nous aurons pris, et même si nous venions à être séparés, chaque année nous nous retrouverons sous ce chêne à l’automne, lorsque ses premières feuilles tomberont. » voici le serment qui lie Artus et Elvire, deux lycéens qui s’aiment avec la fougue de l’adolescence. Mais un jour un drame les sépare. Des années plus tard, Elvire fera une rencontre qui bouleversera sa vie à jamais.

J’aime beaucoup l’auteure Laure Allard d’Adesky, elle a écrit un certains nombres de livres, de genres très variés que ce soit les livres pour enfants, des comédies romantiques ou des nouvelles et là, on la retrouve dans une catégorie tout autre : le fantastique ; c’est loin d’être le premier livre que je lis d’elle et ce sera loin d’être le dernier – je ne pouvais donc pas passer à côté de celui-ci.

J’adore la couverture, je la trouve magnifique et elle coïncide parfaitement avec le titre Un serment d’automne… mais, comme ce n’est qu’une nouvelle, on ne le trouve qu’en format ebook, dommage qu’il ne soit pas en version papier, j’aurais trop voulu l’avoir dans ma collection.
Le récit est découpé en quatre chapitres :
le premier en 2004 pourrait être considéré comme un prologue puisqu’on découvre les héros Artus et Elvire au lycée, cependant cela va plus loin, il a un rôle aussi important que le reste de l’histoire. Nos jeunes héros sont amoureux et se font le serment que quoiqu’il se passe, ils se retrouveraient chaque année sous leur arbre. Puis un drame arrive.
Les chapitres qui suivent se déroulent en 2014, 2015 et 2016 pour l’épilogue. Et je n’en dirai pas plus afin de vous laisser découvrir ce qu’il s’y passe.

Le gros point fort de cette nouvelle sont les personnages. Leur connivence les rend attachants. En peu de pages, l’auteure parvient à nous les dépeindre dans les moindres détails ou presque… enfin, suffisamment pour qu’on n’ait aucun mal à les imaginer et à comprendre leurs réactions.
L’histoire est cohérente et même les explications finales au sujet d’Artus se suffisent à elles-mêmes, ce qui n’était pas gagné vu la tournure que cela prend.
De plus, on retrouve également de-ci de-là des références à certains textes littéraires, allusions parfaitement placées et qui ont d’autant plus leur importance que l’héroïne du roman est en section littéraire puis devient écrivain. J’ai particulièrement apprécié ces citations et leur justesse.

J’ai adoré cette lecture : elle est rapide et fluide même si je l’ai trouvée un peu trop courte à mon goût, j’aurais aimé prolongé le plaisir.

L’éveil des chimères – Eric Amon

Titre: L’éveil des chimères
Auteur: Eric Amon
Éditeur: Léha
Nombre de pages: 448
Quatrième de couverture: Qui a dit que les monstres n’avaient pas d’âme ? Dans un monde dominé par les humains, où la magie est à peine plus qu’un soupir, les créatures mythiques de l’ancien temps (sphinx, minotaure, manticore, hydre, faune…) essaient tant bien que mal d’exister. Dans cet univers imaginaire et extraordinaire, quand elles ne sont pas simplement considérées comme de pures fictions, elles passent désormais aux yeux des hommes pour des monstres.
Le sont-elles toutes vraiment ?

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Léha pour leur confiance.
J’ai commencé cette lecture il y a un peu plus de dix jours, j’avais misé sur une petite semaine pour le lire – une petite cinquantaine de pages par jour, c’était largement faisable – malheureusement, je n’ai pas réussi : ma chronique aurait dû paraître il y a déjà deux jours, seulement, j’ai bloqué sur le récit et la façon dont il est développé.
J’ai fait plusieurs jours de gros forcing lecture néanmoins, je n’ai pas du tout accroché. Les cent cinquante et une premières pages sont laborieuses – sauf l’histoire du faune que j’ai adoré et j’aurais aimé que chaque aventure soit du même acabit mais cela n’a pas été le cas. Du coup, j’ai fini par abandonner à 48%, n’en pouvant plus.

Que j’ai continué à me forcer à lire dans ces conditions peut paraître aberrant, même pour un SP, mais il y a une raison toute simple, c’est que j’ai adoré le style d’écriture de l’auteur : il a des mots très justes, des phrases poétiques que j’ai pris plaisir à lire voire à relire pour certaines. J’avais envie que quelque chose se passe, que le développement des histoires me parle autant que les discours d’Eric Amon, mais ce ne fut pas le cas.

Dans les premières pages, chaque chapitre est en réalité une nouvelle sans lien apparent autre que le monde dans lequel elle prend vie : c’est le seul fil rouge, qui plus est est ténu, quelques références de-ci de-là à l’une ou l’autre ville.
Ainsi, on découvre des bribes d’histoire sur des créatures qui pour certains humains sont des monstres, pour d’autres d’anciens dieux mais qui, quoiqu’il arrive, font peur et sont persécutés pour une raison ou une autre :  leur différence, leur horrible apparence, les superstitions, etc.
Ainsi, j’ai suivi le Sphynx qui fuit, d’anciens rois de Lacustre qui vivent dans la cité de leur conquérant, la manticore qui découvre le cadavre d’une enfant, crime qu’on risque de lui imputer, le faune qui se cache derrière une apparence normale et tente de survivre dans sa solitude, la cité de Lescinq pour qui le chiffre cinq est sacré ou la confrérie qu’on retrouve de façon plus développée que dans le second texte – et légèrement avant, chronologiquement parlant… Je me suis arrêtée là.

Ce ne sont pourtant pas les raisons avancées précédemment qui m’ont bloquée, contrairement à la suite :
Au début, les histoires nous sont rapportées à la première personne ce que j’ai trouvé assez désagréable. Cela permet bien entendu de mettre un peu de mystère quant à l’apparence de la créature qui nous parle, mais personnellement, cela m’a juste énervée : j’ai trouvé cela inutile et si dans un premier temps, je jouais le jeu, je m’en suis rapidement lassée pour me rendre systématiquement à la fin du chapitre pour découvrir la sympathique illustration me révélant l’identité du protagoniste.
Et surtout, cela demandait à chaque fois de faire table rase de ce qu’on avait lu précédemment, de l’attachement qu’on avait fini par ressentir pour le protagoniste pour repartir à zéro – déjà que ça prenait la moitié de la nouvelle. Et à chaque nouveau récit, il fallait donner à nouveau le même investissement pour un résultat nul puisque la nouvelle s’arrêtait en pleine action – ce qui est aussi frustrant qu’épuisant.
Mais je crois que ce qui m’a achevée, c’est ce manque de fil rouge, ça donne la sensation d’un récit décousu. Certains pourront avancer que c’est original… je suis tentée de dire que l’originalité n’est pas gage de qualité. J’aurais préféré qu’à la fin du chapitre Notre secret, le héros devienne narrateur, tout était fait pour… mais non.

Bref, je n’attendais pas grand chose de cette lecture autre que de passer un bon moment… c’est raté. Ç’aura été une déception, dommage.

Kinderzimmer – Valentine Goby

Titre: Kinderzimmer
Auteur: Valentine Goby
Éditeur: Actes Sud
Format: Ebook
Nombre de pages: 224
Quatrième de couverture“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Ce livre m’avait été conseillé par une amie il y a un sacré bout de temps et jusqu’à présent, l’occasion de le lire ne s’était pas présentée.
Lorsque, le 11 novembre, le groupe de lecture Coupe des 4 maisons avait proposé un item éphémère dont le thème était la guerre, je n’ai pas hésité une seconde à le sortir de ma PàL. Et je suis ravie de m’être lancée dans cette lecture.

La teneur du roman en étant les camps de concentration lors de la seconde guerre mondiale, on ne peut pas dire que ce fut une aventure agréable : ce fut aussi éprouvant que révoltant.
On suit Mila, déportée politique, depuis son entrée dans le camp de travail de Ravensbrück et ce, jusqu’à la fin de la guerre, cela représente un peu moins d’une année mais ce n’en est pas moins effroyable et c’est un miracle qu’elle ait réussi à survivre quand tant d’autres succombent de la faim ou de la maladie, entre autre. A son arrivée, elle est enceinte, elle le cache de peur d’être envoyée à l’infirmerie pour ne jamais revenir comme bon nombre de détenues, parce que les prisonnières parlent entre elles et mettent le doigt sur des disparitions qui coïncident avec certains faits, ce qui, heureusement, dans le but de minimiser un tout petit peu les pertes.
Forcément, vu le temps que Mila passe dans le camp, elle finit par accoucher et nous découvrons un peu plus l’horreur de ces nourrissons qui survivent au mieux dans des conditions plus que déplorables.

C’est un roman peuplé de personnages attachants et de descriptions à fendre le cœur. C’est une lecture passionnante, difficile à arrêter tant elle est prenante, pourtant, parfois, l’ignominie dépeinte était tellement abjecte que j’ai ressenti le besoin de faire des pauses pour pouvoir respirer un peu.
J’ai adoré cette lecture : le style de l’auteure est fluide et addictif. Le thème est rude mais intéressant. L’ambiance est entêtante et rien que d’en parler, j’ai la sensation de me retrouver à nouveau auprès de Mila.

Challenge Coupe des 4 maisons :
Item éphémère : Poudre d’obscurité – un livre dans lequel la guerre est le thème principal, une guerre qui a réellement eu lieu (Item éphémère – du 11 au 18 novembre 2017 – 150 points