Holly Ann, tome 2 : Qui arrêtera la pluie ? – Kid Toussaint & Servain

Holly Ann 2 qui arretera la pluieTitre: Qui arrêtera la pluie ?
Saga: Holly Ann, tome 2
Auteur: Kid Toussaint
Illustrateur: Servain
Éditeur: Casterman
Nombre de pages: 48
Quatrième de couverture: Ne croyez pas tout ce que l’on vous raconte au sujet de la Nouvelle-Orléans.
La plupart du temps, il ne s’agit que de fadaises pour attirer les touristes…
Parfois, ce sont plutôt des mensonges destinés à cacher une vérité plu atroce.
Depuis la mort du dernier Natchez, considéré comme le Maître des saisons, toute la Nouvelle-Orléans se demande qui arrêtera la pluie.
Holly Ann, elle, se demande uniquement qui a tué l’Indien.

J’attendais avec beaucoup d’impatience ce second tome et ça valait le coup d’attendre, il est absolument génial.
Je l’ai préféré au premier principalement parce qu’on en apprend bien plus sur les personnages : le passé commun entre Saphira et Holly Ann, les relations qui ont lié l’héroïne à l’inspecteur Loyola, l’histoire familiale du flic, etc.
On suit les anciens personnages, ceux qui gravitent autour de Holly et on en découvre de nouveaux, notamment Diane que j’ai beaucoup aimé : je l’ai trouvé fascinante et le character design est très joli, j’aurai pu passer des heures à la regarder, à passer les contours de son charmant visage typé amérindien.

Par rapport au premier, l’ambiance est différente – bravo au scénariste qui a réussi, dès ce second tome, à se renouveler.
Si dans le volume précédent l’histoire tournait autour du vaudou, une religion souvent pratiquée dans le bayou et célèbre à travers le monde.
Dans celui-ci, on aborde un thème bien moins connu : les derniers indiens issus de la tribu natchez.

Holly Ann tome 2 - p6Si j’ai aimé l’histoire de ce second tome, j’y ai aussi préféré les illustrations. Le style en est toujours le même, pourtant, je les ai trouvées plus travaillées et nettement plus beaux, allez savoir pourquoi !
Les couleurs changent également surtout dans les décors : il m’a semblé que la dominance en était le bleu qui rappelle la pluie et cadre parfaitement à l’atmosphère.

C’est un coup de cœur pour ce second tome ! Je me demande ce que nous réservera le prochain volume…

Anticontes de fées – Grégoire Solotareff & Nadja

Anticontes de féesTitre: Anticontes de fées
Auteur: Grégoire Solotareff
Illustratrice: Nadja
Éditeur: L’école des loisirs
Nombre de pages: 123
Quatrième de couverture
: Dans certains Bois Dormants vivent des princesses Belles, destinées à se piquer le doigt avec un fuseau, et leurs sœurs, les Laides, destinées à être laides, mais aussi à vivre leur vie de manière heureuse et sage. Barbe-Bleue a, lui aussi, un frère caché, Barbe-Rose, toujours joyeux mais totalement inconnu. Jusqu’au jour où Rosalynde, septième femme de Barbe-Bleue, entre dans le cabinet secret de son époux assassin. Par amour, mais un peu trop tard, Barbe-Rose va agir. Comme le Petit Chaperon Vert. Le loup rôde, alors il essaie de sauver le Petit Chaperon Rouge, même si ce dernier est insensé et moqueur.
Contient : Le Petit Chaperon Vert, Barbe-Rose et La Laide au Bois Dormant

Ce recueil de trois contes revisités a été offert à ma puce lors de son anniversaire par une de ses petites copines. On l’a lu dès qu’on en a eu l’occasion ; ça ne nous a pris qu’une petite heure, et encore, c’est parce qu’on s’est arrêté sur les images.

Comme indiqué, plus haut, ce sont des contes revisités :
Le petit chaperon vert est une petite fille que sa maman habille en vert pour passer inaperçue dans la forêt et c’est une idée d’autant plus brillante lorsqu’elle doit porter à sa mère-grand malade un panier de victuailles et croise le grand méchant loup. Elle déteste le petit chaperon rouge qui ment constamment.
Barbe Rose est le frère de Barbe Bleue, il est tout le contraire de son frangin et veut absolument entrer dans le cabinet secret. Comme dans le conte, la nouvelle femme du tyran reçoit un exemplaire de toutes les clés du château et peut se rendre où elle veut, mais ne doit pas ouvrir la fameuse chambre secrète qui abrite le corps des anciennes épouses. J’ai particulièrement aimé le passage avec Anne Masseuranne, il m’a grandement fait rire (private joke quand tu nous tiens !)
La Laide au Bois Dormant : et si la Belle au Bois Dormant avait eu une jumelle laide et cachée de tous ? Une histoire drôle mais également émouvante.

Anticontes de fées p9Si ces courts contes m’ont beaucoup plu, j’ai eu plus de mal avec les illustrations : je ne suis pas une grande fan des volatiles et dans ce recueil, il y en a réellement beaucoup. Pourtant, je m’y suis faite : les dessins se marient bien avec le burlesque des situations.

On a beaucoup aimé cette lecture, ça se lit vite et bien. C’était amusant, dépaysant de par la vision différente des contes traditionnels que nous en dépeint l’auteur. Certains passages sonnent justes et j’ai apprécié ça, notamment la morale de l’histoire du Petit Chaperon Rouge. On a passé un très bon moment.

La Petite marchande de rêves – Maxence Fermine

La petite marchande de rêvesTitre: La Petite marchande de rêves
Saga: Malo au Royaume des Ombres
Auteur: Maxence Fermine
Éditeur: Michel Lafon
Nombre de pages: 176
Quatrième de couverture
: Le jour de ses onze ans, Malo tombe dans la Seine. Aspiré dans un toboggan, quand il ouvre les yeux, il découvre un monde en noir et blanc, éclairé par une lune de diamants. Il vient de pénétrer au Royaume des Ombres, un lieu magique où les habitants sont aussi étranges que fascinants: Arthur, l’arbre qui ne cesse d’éternuer; Mercator, le chat si bavard vieux de deux cent treize ans; Lili, la petite marchande de rêves au regard d’or qui capture les songes… Sans compter les spectres inquiétants et un dangereux alchimiste qui lui jette un terrible sort.
Pour briser le maléfice, Malo a un énorme défi à relever.
Et une nuit…

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque afin de pouvoir le lire avec ma fille parce que j’en avais entendu beaucoup de bien et j’avais envie de découvrir cette saga.

Le début nous a très vite captivées. L’histoire promettait d’être intéressante et surtout originale comme le laisse supposer le résumé.
On a adoré jusqu’à ce que la fête de Malo se termine et que le jeune garçon doivent quitter la taverne de Mercator. Puis, un léger coup de mou notamment lorsque le héros découvre la petite boutique des rêves : à ce moment-là, même ma fille a voulu arrêter notre lecture. Je pense que ce qui l’a surtout perturbée, ce sont les différents dessins qui cheminent l’histoire : ils ont été fait par différentes personnes donc n’ont pas forcément le même design ; l’explication en est simple, ce sont certaines des participations au concours d’illustration organisé pour ce livre – personnellement, j’ai trouvé le principe sympathique même si je comprends que ça puisse perturber les plus jeunes.
On est donc passé à une autre lecture, il n’en a pas fallu plus pour que ma puce, intriguée par les 45 premiers % lus, émette le désir de continuer la petite marchande de rêves. On a donc repris notre lecture, et elle a grandement accroché par la suite, il suffit de lire son petit avis en bas de chronique.

De mon côté, je suis plus mitigée. J’ai adoré le début, un peu moins la suite. Je n’ai pas accroché aux autres personnages : Dom Perlet est assez insignifiant – il aurait dû faire peur, au moins un minimum un peu comme les trois brigands mais non, le clown blanc ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, Septimus est amusant – j’ai adoré sa manière étrange de parler, Otto Portret m’a laissée indifférente même si son nom associé à sa profession m’a fait sourire, le clochard céleste m’a émue – il est plein de sagesse et ses paroles ont un côté poétique ce qui m’a plu.
D’ailleurs, il faut bien avouer que beaucoup de passage sont imagés, lyriques, j’ai trouvé le Royaume des Ombres très beau.
Seulement, c’est assez inégale : parfois, on était baigné dans une atmosphère effrayante ou poétique d’autres fois, c’en est carrément absent du récit et c’est dommage.
J’ai bien aimé cette lecture.

Avis de ma puce de 9 ans : c’était vraiment trop bien ! C’était drôle, le mec qui parlait bizarrement, Septimus. J’ai hâte de lire la suite.

La cabane à 13 étages, tome 1 – Andy Griffiths & Terry Denton

La cabane à 13 étages tome 1Titre: La cabane à 13 étages, tome 1
Auteur: Andy Griffiths
Illustrateur: Terry Denton
Éditeur: Bayard Jeunesse
Nombre de pages: 245
Quatrième de couverture
: Andy et Terry vivent dans une cabane à treize étages, dans les arbres, avec bowling, bassin de requins mangeurs d’hommes, lits qui se font tout seuls, lianes pour se déplacer de pièce en pièce, fontaine à limonade et machine à chamallows entre autres. Ils passent leur temps à s’amuser alors qu’ils sont censés écrire un livre.

Un grand merci à Babelio ainsi qu’à Bayard Jeunesse qui m’ont permis de découvrir ce livre jeunesse complètement loufoque.

Il est dans la grande lignée des Journal d’un dégonflé et autres bouquins dans le genre : pas mal d’illustrations rigolotes, pas des masses de textes mais en adéquation avec les dessins. Pour ce roman-ci, ça part dans tous les sens, au début, on se demande vraiment s’il va y avoir un fil rouge ou non puis on finit par se dire que ce sont les aventures comiques des deux héros, l’obsession pour Terry de faire éclore ses singes des mers et celle d’Andy, bien plus sérieux, de terminer leur livre dans les temps, livre promis à l’éditeur depuis un bail.
Faire le tour des personnages sera rapide : on a Terry, dessinateur un peu dingue qui ne pense qu’à s’amuser plutôt qu’à travailler, toutes les excuses sont bonnes pour ne pas plancher sur leur prochain livre ainsi qu’Andy, l’auteur bien plus sérieux qui a le sens des priorités et passe son temps à tenter de brider son acolyte… dur dur.
Voilà pour les protagonistes, les autres personnages ne sont que de passage.

La cabane à 13 étages tome 1 - p26L’histoire est davantage une succession de petits récits amusants autant que burlesques, du grand n’importe quoi comme disait ma fille en éclatant de rire, car, nous avons découvert avec beaucoup de plaisir la cabane à 13 étages ensemble. Certaines anecdotes sont courtes, surtout au début, d’autres plus longues et grand bien leur prit de se dérouler sur plus de pages.
Les dessins en noir et blanc sont simples mais efficaces, ils ajoutent leur touche de grotesque à l’histoire.

Bref, on a passé un excellent moment avec cette lecture, j’ai adoré lire les aventures d’Andy et Terry avec ma fille, adoré voir son sourire se dessiner sur son visage à chaque frasque de nos compères, adoré entendre son rire lorsqu’on finissait un passage tordant (la série « Ouaf le chien qui fait ouaf » est sûrement celle qui nous a le plus fait délirer).
Une lecture rapide et amusante.

Aucun homme ni dieu – William Giraldi

Aucun homme ni dieuTitre: Aucun homme ni dieu
Auteur: William Giraldi
Éditeur: J’ai Lu
Nombre de pages: 320
Quatrième de couverture
: Le premier enfant disparut alors qu’il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit – nul cri, d’homme ou de loup, pour témoin.
Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pliée dans la poche de sa veste, il se sent épié. Dans la cabane des Slone, il écoute l’histoire de Medora : les loups descendus des collines, la disparition de son fils unique, la rage et l’impuissance. Aux premières lueurs de l’aube, Core s’enfonce dans la toundra glacée à la poursuite de la meute. La quête peut alors commencer.
Aucun homme ni dieu nous entraîne aux confins de l’Alaska, dans cette immensité blanche où chaque corps qui tombe, chaque cri, semble absorbé par la splendeur silencieuse de la nature. Un roman envoûtant, poétique, inoubliable.

Je tiens avant tout à remercier pour ce partenariat Babelio et sa masse critique, ainsi que les éditons J’ai Lu.
Lorsque j’ai découvert le résumé de ce roman, j’étais assez curieuse de voir ce qu’un tel récit pouvait donner. Serait-il vraiment envoûtant, poétique et inoubliable ?

Je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire. Le style d’écriture de l’auteur m’a grandement surprise : il parvient à décrire merveilleusement les décors glacés d’Alaska sans aucune longueur, il y mêle admirablement des mythes issus du village Keelut, j’ignore totalement s’il s’est inspiré de légendes yupiks (indigènes vivants sur les côtes sud-ouest de l’Alaska) existantes ou s’il les a inventés, en tout cas, le résultat en est magnifique. Je me suis laissée emportée avec plaisir dans ces contrées gelées.
Sans compter que l’auteur a réussi à me surprendre sur pratiquement tous les points. Tout en étant cohérents, les retournements de situation m’ont étonnée ce qui est plutôt rare. Un excellent point !

Par contre, pour les personnages, j’ai eu bien plus de mal.
On commence par suivre Russell Core qui répond à l’appel de Medora Slone, puis mène son enquête à travers les plaines glacées en pourchassant les loups responsables de la mort de l’enfant.
Des moments entrecoupés par la vie de Vernon Slone, papa du petit disparu, au front : j’ai détesté ces parties-là, non pas en raison des horreurs décrites, mais à cause de l’homme en lui-même… il est une coquille vide, sans aucune émotion, alors ce n’est pas que c’est désagréable, c’est juste inintéressant. J’ai nettement préféré le passage avec le vagabond, ça m’a vraiment prise aux tripes.
Par contre, j’ai beaucoup aimé Russell, il a tout compris des hommes comme des loups (des animaux que j’adore, c’était donc un plaisir de lire ce qu’il en savait, de démonter les mythes de tueur cruel… non, juste des meutes affamées qui survivent comme elles peuvent dans un monde qui les accule), le souci, c’est qu’on ne le voit pas assez. C’est dommage !

En conclusion, j’ai relativement bien aimé cette lecture, elle était intense, noire, parfois glauque.