Géant – Jo Hoestlandt

Géant - Jo HoelstlandtTitre: Géant
Auteur: Jo Hoestlandt
Illustration: Thomas Baas
Éditeur: Magnard Jeunesse
Nombre de pages: 112
Quatrième de couverture
: Cette histoire commence dans les marais, entre la terre et l’eau. Montés sur des échasses, Louis et Martin, son père, sont bergers. Tels les derniers géants, ils veillent sur leur troupeau.
Mais à la mort de Martin, Louis et sa mère s’installent en ville. Il faut gagner de l’argent, aller à l’école, se faire de nouveaux copains, apprendre la bagarre et comprendre les filles, en particulier : Sofia. Et cette fille-là, elle est spéciale et spécialement drôle. Elle vit avec son père et sa petite sœur Maria qui ne parle pas. Coup de chance, c’est la voisine de Louis !
A partir de 8 ans.

A la base, j’avais acheté ce petit roman lorsque j’étais sur Paris, pour mon fils parce qu’il l’avait emprunté au CDI et avait beaucoup aimé. Comme il ne lit pas des masses de bouquins ces derniers temps, j’avais envie de découvrir ce qui lui avait tant plu. J’ai donc profité du week-end à 1000 pour m’y essayer.

Au début, je ne savais pas trop si j’allais aimé ou pas, ça se lisait bien, mais cette histoire de petit garçon qui vit dans les marais, dont le papa meurt, qui part habiter en ville avec sa maman et dont les nouveaux voisins sont aussi une famille monoparentale… Bref, plein de petits détails super prévisibles, mais ce n’est pas le suspense qui fait la force de ce roman, c’est la façon dont l’auteur parle de la mort à travers cet enfant, sa tristesse, son changement brutal de vie, ses rêves brisés, son parcours jusqu’à se reconstruire ; mais il n’y a pas que Louis qui subit une telle situation, c’est également le cas de ses deux petites voisines Maria et Sofia (on n’est pas certain que leur mère soit morte, on le suppose) mais qui la vivent l’une comme l’autre de manière totalement différente… dans les trois cas, la souffrance reste la même.

Bref, les mots de l’auteur sonnent juste et j’ai adoré ça. Je trouve que la tirade de Sofia donne le ton :
– Et moi ? J’ai pas assez de peine, moi, peut-être ? Et on n’est pas dur avec moi ? Hein ? Toujours sur mon dos, tout le monde, tout le temps !
Sa voix se fêle :
– Moi aussi je l’ai perdu, ma mère… Moi aussi ma vie est assez difficile comme ça…
C’est un passage que je désirais pour une fois partager parce qu’il m’a parlé pour l’avoir vécu, il m’a émue… je l’ai trouvé très beau, il résume tout.
A l’intérieur, on trouve quelques dessins en noir et blanc, ils sont tout simples mais efficaces pour parler de ce sujet qui ne nécessite aucune fioriture.

Bref, une très bonne lecture, j’ai adoré et comprends qu’il ait plu à mon fils.

L’infirmerie après les cours, tome 7 – Setona Mizushiro

L'infirmerie après les cours 7Titre: L’infirmerie après les cours, tome 7
Auteur: Setona Mizushiro
Éditeur: Asuka
Nombre de pages: 192
Quatrième de couverture
: Malgré la fin de son histoire avec Mashiro, Kuréha s’efforce de se montrer enjouée.
Inquiet de la voir se comporter ainsi, So va peu à peu se rapprocher d’elle…
Quelle sera la réaction de Mashiro vis-à-vis de leur intimité croissante ?
Un récit d’adolescent fantastique et sombre !

Pour ce septième tome, j’aime beaucoup la couverture, je la trouve à la fois douce et si triste. Elle résume tout à fait la relation qu’il existe entre So et sa sœur. On en apprend d’ailleurs beaucoup plus sur la famille Mizuhashi, de ce côté-là, rien de bien surprenant surtout du côté des relations enfants-mère : une bonne partie de l’histoire est même courue pourtant, il est agréable d’avoir confirmation des suppositions faites dans les tomes précédents et de découvrir ce qu’il manquait.

J’aime toujours autant la relation d’amitié qui lie Kuréha à So, je la trouve chou d’autant plus que cela reste sain malgré le pauv’baiser échangé pour rendre Mashiro jaloux. L'infirmerie après les cours, tome 7 p105Cela pousse même la jeune fille à rentrer chez elle pour régler le passé qui la torture, elle prend sa vie en main et je la trouve nettement plus sympa comme ça, à ne pas attendre qu’on la sauve.
Quant à Mashiro, il ou elle, c’est un peu dur à dire dans ce volume, se retrouve seul(e), avec pour seul ami le capitaine de Kendô… Or, on se doute de plus en plus qu’il est louche. Mais c’est une très bonne chose pour notre héros, ça l’oblige à se poser des questions sur ses sentiments.
Dans les cours à l’infirmerie, on a également droit à un nouvel adversaire qui répand des rumeurs… Il est glauque ! Il m’a vraiment laissé un goût amer de malaise – et pour moi, ça, c’est un gros point fort dans cette série.

J’ai autant aimé ce septième tome que le précédent : c’est également un coup de cœur pour celui-ci et je n’ai qu’une envie : commencer le prochain sans plus attendre… Mais ça ne risque malheureusement pas d’être pour maintenant au vu de mon emploi du temps chargé. Bref, ça a été une excellente lecture.

Wolverine : Evolution – Jeph Loeb et Simone Bianchi

Wolverine evolutionTitre:  Wolverine : Evolution
Scénario: Jeph Loeb
Illustration: Simone Bianchi
Éditeur: Marvel
Collection: Dark
Nombre de pages: 144
Quatrième de couverture: Les ennemis jurés Woleverine et Dents de Sabre s’affrontent lors d’un combat plus acharné que jamais. Qui en sortira vainqueur ?
Cette ultime bataille sera aussi l’occasion pour eux de découvrir de nouveaux éléments de leur mystérieux passé grâce à l’intervention d’un troisième personnage…
Un récit d’une violence rare, écrit par Jeph Loeb et magistralement illustré par Simon Bianchi.

Ce comics m’a été offert par AnGee lors du SWAP Disney vs Marvel (encore un grand merci AnGee, ça m’a fait super plaisir). J’avais hâte de le lire et cherchais l’opportunité de découvrir cette aventure tout en redoutant cette lecture.
J’ai toujours adoré les confrontations entre Wolverine et Dents de Sabre, elles ne sont pas exceptionnelles mais, généralement, on est sûr de ne pas s’y ennuyer et encore moins lorsque de tierces personnes y sont mêlées.

Wolverine vol 3 #52Pour le coup, je redoutais grandement d’être larguée, ne lisant plus de comics depuis un long moment, le risque étant d’être totalement perdue dans la chronologie marvelienne plus que complexe habituellement. L’histoire est relativement bien faite, les détails et souvenirs importants sont expliqués sauf la raison pour laquelle Dents de Sabre est à nouveau hébergé par les X-Men – décidément, ça ne leur sert pas de leçon : la dernière fois a coûté cher à l’une d’entre elle, pas assez faut croire. Pour les flashbacks, ça n’a pas été une révélation en ce qui me concerne, j’en connaissais une bonne majorité : Arme X, Silver Fox, Dents-de Sabre vs Psylocke et j’en passe.
Par contre, en ce qui concerne les souvenirs des vies antérieures, c’est clairement du rajouté pour introduire un nouveau méchant. Personnellement, j’avais parié que cette troisième personne, c’était le Roi d’Ombre, la manière de faire, les rêves passés qui perturbent, ça ressemblait grandement à sa signature… ben non, zut !

Pour les illustrations, je suis partagée. Certaines sont réellement joliment travaillées surtout les décors, les détails sur les personnages mais certaines autres ont beau être bossée, elles sont plutôt ratées et là, je pense à certaines X-Women qui ont par moment une gueule et limite un corps de transsexuel (-_-) ; ce qui est dérangeant, c’est que ce n’est pas tout le temps le cas. Donc une certaine inégalité dans les dessins

Ça a été une bonne lecture, comme chaque comic, pas particulièrement rapide parce que je m’attache beaucoup à observer chaque planche, cherchant à ne pas louper LE détail, celui qui m’amusera, me plaira, rendra l’histoire inoubliable. Pour le coup, pas trouvé, tant pis.

L’Oeil du loup – Daniel Pennac

L'oeil du loup - Daniel PennacTitre:  L’Oeil du loup
Auteur: Daniel Pennac
Éditeur: POCKET Junior
Nombre de pages: 92
Quatrième de couverture: Chaque jour, au zoo, le vieux loup voit un petit garçon le fixer de ses deux yeux grands ouverts. Et ça, le loup ne le supporte pas : il est borgne et ne sait pas quel œil regarder. Mais l’enfant le comprend et ferme un œil. Le voyage peut commencer : dans l’œil du loup, l’enfant va découvrir le Grand Nord et, dans l’œil de l’enfant, le loup verra défiler la vie dans le désert africain.

Cela faisait longtemps que je voulais m’essayer à du Daniel Pennac, du coup, j’ai profité du challenge week-end à 1000 pages qui a pris fin hier soir pour le découvrir avec cette lecture.

Dans les premières pages, je ne savais pas trop quoi penser : le lecteur se situe du côté de loup et c’est plutôt déconcertant. Lorsque l’enfant découvre le passé de Loup Bleu à travers l’œil de l’animal, j’ai quand même mis quelques lignes à comprendre que c’était un souvenir, il faut dire que ce n’était pas très clair même après une seconde relecture du passage en question et ma fille, qui l’a commencé samedi, a ressenti la même chose, c’était brouillon et il a fallu que je lui explique pour qu’elle capte.
Mais une fois qu’on a saisi ce détail, c’est une lecture super agréable : ça se lit bien, les loups sont attachants – à part les 3 rouquins qui sont plus que secondaires : pas de noms et tout aussi présents que le décors, s’ils n’avaient pas été là, ça n’aurait pas fait grande différence. Puis vient l’histoire du gamin qui observe quotidiennement le loup, un voyage à travers les trois Afrique (jaune, brune et verte) et ce, jusqu’à l’Autre Monde. Un personnage tout aussi attachant qui a la capacité de parler aux animaux et de s’en faire des amis.

J’ai aimé chacun des deux voyages. C’est une lecture très belle, pleine de poésie. Les mots de l’auteur sonnent justes, il parle d’amitié, de loyauté, de la cupidité et de la cruauté des hommes mais également des bons sentiments qui peuvent l’animer.
Bref, j’ai vraiment adoré ce court roman, il aurait pu être plus long mais je l’ai trouvé parfait tel quel.

Babyfaces – Marie Desplechin

Babyfaces - Marie DesplechinTitre:  Babyfaces
Auteure: Marie Desplechin
Éditeur: L’école des Loisirs
Collection: Neuf
Nombre de pages: 138
Quatrième de couverture: À l’école, personne n’aime Nejma. Elle est nulle, méchante, moche et mal habillée. En plus, elle crache par terre. Mais on ne lui dit jamais rien, parce que tout le monde sait qu’il ne faut pas pousser à bout une personne qui n’a rien à perdre.
Aussi, le jour où Jonathan Suyckerbuck, grand amateur de catch, est retrouvé inconscient derrière la porte de la cantine, c’est Nejma qu’on accuse. Elle a beau se défendre, personne ne la croit. Elle fait une coupable idéale.
Mais Nejma n’est pas aussi seule qu’elle veut bien le croire. Au tour de son voisin et ami Rajanikanth, alias Raja, alias Freddy, de faire quelque chose pour Nejma, elle qui l’a toujours protégé.
Sans oublier Isidore, le vigile du supermarché dans lequel Nejma se réfugie après les cours. Isidore estime Nejma. Il la voit différemment. Il a même prononcé ces mots magiques : «Tu n’es pas grosse. Tu es puissante.»

On a emprunté ce livre à la bibliothèque suite aux recommandations d’une amie, Annie (que je remercie au passage pour ses bons conseils). Je recherchais des livres sur le rejet que vivent certains enfants en primaire et l’acceptation de leur propre différence – question qu’on imagine plutôt se poser avec les adolescents, mais non-, il y en aura d’ailleurs sûrement d’autres sur ce thème donc ne vous étonnez pas.

A travers le récit de Freddy (Rajanikanth de son véritable nom), on suit le parcours de Nejma, élève au CM2, enfant brute de décoffrage, un peu brusque dans sa façon d’être et qui ne se soucie pas ou peu de l’avis des autres. Enfin, c’est ce que tout le monde croit. La narrateur réussit à faire de cette gamine un personnage touchant, pas parce que tout l’accuse alors qu’elle est innocente -même si l’état gravissime dans lequel se trouve Jonathan ajoute à l’injustice de l’accusation-, mais parce qu’elle est travaillée à fond : elle est naturelle, transparente, on connaît tout d’elle, elle parle à chaque enfant solitaire ou abandonné qui est en nous – avec une maman seule qui travaille des heures durant pour subvenir à ses besoins et ceux de sa fille. Ses relations sont émouvantes que ce soit avec Freddy ou Isidore – j’ai apprécié ses échanges avec le vigile mais ma méfiance de maman m’a fait tiquer -> parler avec un inconnu, argh, bof bof.

Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour le lire, il était génial. La façon d’écrire de l’auteur était très naturelle, on avait vraiment l’impression d’entendre un gosse de 11 ans parler… avec une franchise désopilante mais rafraîchissante, entrecoupée par les dialogues plus adultes des parents du narrateur.
On a adoré cette lecture, on a beaucoup ri, on a eu peur pour les personnages, on a ressenti un pincement au cœur dû aux conséquences de l’adoption d’Angel. Bref, on a vibré avec chaque protagoniste et ce, jusqu’à la fin.