Le grand méchant renard – Benjamin Renner

Le grand méchant renardTitre: Le grand méchant renard
Auteur: Benjamin Renner
Éditeur: Delcourt
Collection: Shampooing
Nombre de pages: 189
Résumé
: Un renard chétif tente de se faire une place de prédateur face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle. Il a trouvé une stratégie : il compte voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les manger.

J’avais très envie d’une lecture légère et drôle, j’ai donc emprunté cette petite BD à mon fils qui me l’a fortement conseillée : il la trouve très drôle et l’a lue et relue.
C’est loin d’être une bande-dessinée traditionnelle : déjà, les dessins ne sont pas encadrés par une vignette et les textes ne sont pas délimités par des bulles. Ça ajoute un certain cachet la narration et m’a grandement donné envie de m’y essayer.

J’ai beaucoup aimé le character design des personnages et surtout du renard, il tire des têtes trop drôles – un peu comme sur la couverture, en fait :p
L’apparence du loup et des poussins est assez basique mais cela fait malgré tout son effet. Quant au cochon, au lapin et au chien de garde, je les ai appréciés à leur juste valeur : le porcin et le lagomorphe font une bonne équipe et se complètent à merveille, le canidé ne sert vraiment à rien à part à déléguer ses missions impossibles et à nous faire rire avec son crâne en forme de casque – je me suis d’ailleurs souvent arrêté sur ses apparitions afin de voir s’il avait un heaume sur la tête ou non.

Le grand mechant renard p65L’histoire est assez banale dans le genre : un renard qui tente par tous les moyens de voler une poule afin de la manger et la partager avec le loup, cet acolyte qui fait peur à tous mais préfère ne pas se mouiller et envoyer le renard en mission quasi-suicide à sa place… il faut dire que le chien le laisse entrer sans souci dans le poulailler et que, hormis la volaille, personne ne trouve rien à redire à sa présence.
Jusqu’au jour où ils ont la brillante idée de voler les œufs plutôt que les gallinacés, ils mettent leur plan à exécution et c’est lorsqu’ils décident de les laisser éclore pour les engraisser que les choses se compliquent. Car il est plus que prévisible que monsieur loup va se la couler douce pendant que maître renard va faire tout le boulot et tout aussi prévisible que ce dernier va finir par s’attacher à ces trois petits monstres de poussins.
Habituellement, je n’aime pas lorsque mes lectures sont courues d’avance, mais là, c’était tellement amusant que ça m’était égal ! J’ai adoré cette BD, j’ai beaucoup ri et c’est ce qui compte.

Petit bonus à la fin, la maison d’édition Delcourt a mis en ligne un Turbo Media du Grand Mechant Renard, l’occasion de poursuivre l’aventure si on a déjà lu le livre ; sinon, ça permet de découvrir l’univers.

Jusqu’à la Fin des Temps – Céline Guillaume

Jusqu'à la fin des temps - Celine GuillaumeTitre: Jusqu’à la Fin des Temps
Auteur: Céline Guillaume
Éditeur: Underground
Nombre de pages: 216
Quatrième de couverture
: Au milieu des bois, lors d’une nuit sans lune, elle m’apparut pour la première fois. Mythe ou réalité, annonciatrice d’infortune ou de réussite, je l’ignorais… Seule une antique pièce syrienne abandonnée sur mon siège témoignait de ma rencontre avec la Dame Blanche, messagère de l’au-delà qui allait me guider vers ma destinée tracée depuis la nuit des temps.
Huit siècles après le début de cette histoire dans l’Histoire, je tenais dans mes mains notre devenir.

Ce mois-ci, j’ai à nouveau pu participer à l’événement Un mois, une maison, un achat : Les éditions Underground. Ma binômette Alicia du blog Psycho Boook et moi avons profité d’avoir choisi la même roman pour le lire en LC. 

Ce qui m’a attirée d’un premier abord, c’est la couverture. Je l’ai trouvé toute simple mais très jolie : elle est cartonnée et le titre comme le nom de l’auteure sont en lettres d’or.
Mais ce ne fut pas la seule raison : j’avais lu et plus qu’adoré le ballet des âmes de Céline Guillaume puisque c’était un coup de cœur ; de plus, le résumé m’a beaucoup plu, principalement la présence de la Dame Blanche. Je m’attendais à ce que l’histoire tourne autour de ce mythe, finalement, ce n’est qu’un très vague prétexte au prologue, un personnage qui était loin d’être nécessaire, Angèle suffisait largement comme « prophétesse ».

Au final, c’est davantage une histoire d’amour et de réincarnation, ce qui ne me pose pas plus de soucis que ça.
Ce qui m’a vraiment ralenti dans ma lecture, c’est l’univers : j’aime particulièrement ce qui touche au médiéval et la plume de l’auteure me plaît énormément, seulement, ce coup-ci, c’est du médiéval oriental et j’ai beaucoup de mal avec tout ce qui touche à l’ambiance mise en place, mon cerveau déconnecte automatiquement quand on parle de tissu en damas, de sultan et autres allusions du genre. Du coup, à plusieurs reprises, j’ai été obligée de relire certains passages et me concentrer plus que de coutume. Bref, ça a parfois été laborieux.
La seule partie que j’ai vraiment aimé, c’était la seconde : les souvenirs de la vie passée de l’héroïne, Cassandra, parce qu’on se situe autant du côté des croisés que de celui des hommes de Saladin. Et la prise de Damas par les occidentaux a été pour le moins rude à découvrir, la fin plus que le début.
La troisième partie était également intéressante, même si j’ai trouvé le côté mission humanitaire relativement succinct. A la fin, il se passe un événement douloureux pour l’héroïne qui est bien traité, un peu vague dans les faits mais relativement réaliste ; assez bien résumé du côté des sentiments éprouvés, principalement l’incompréhension et la tristesse, par contre, il manquait la culpabilité « si on n’avait pas fait ça, ça ne serait pas arrivé » – l’auteure a peut-être préféré ne pas alourdir le récit avec cette émotion, n’empêche que ça manque.

En résumé, il y a eu du bien et du moins bien. Pour moi c’est une déception, probablement parce que j’en attendais trop.

Vous pourrez découvrir l’avis de Psycho Boook ici

Takane & Hana, tome 1 – Yuki Shiwasu

Takane & Hana 1Titre: Takane & Hana, tome 1
Auteur: Yuki Shiwasu
Éditeur: Kazé
Collection: Shôjo
Nombre de pages:
190
Quatrième de couverture
: Hana, lycéenne de 16 ans, est contrainte de prendre la place de sa sœur lors d’une rencontre arrangée ! Présentée à l’héritier du grand groupe Takaba, le très séduisant Takane Saibara, la jeune fille déchante vite face à son arrogance.
N’y tenant plus, elle lui jette ses quatre vérités à la figure, croyant se débarrasser ainsi de lui. Pourtant, dès le lendemain, Takane lui propose un nouveau rendez-vous, à croire qu’il en redemande ! Elle a un sacré caractère… et il aime ça !

J’ai découvert ce Shôjo grâce à la Masse Critique Babelio, donc un grand merci à eux pour ce partenariat ainsi qu’aux éditions Kazé.
J’avais grand besoin d’une lecture légère et je n’ai pas été déçue, bien au contrainte, il a dépassé toutes mes espérances : j’ai beaucoup ri. Alors, d’accord, c’est un shôjo, on a droit à quelques stéréotypes du genre mais ça reste excellent.

Les personnages passent bien :
Takane m’a un peu exaspérée avec ses airs supérieurs, même si on comprend assez rapidement que c’est une façade qui s’effrite progressivement au contact de l’héroïne – mais le mépris reste dans le terme de populace, mot utilisé trop souvent à mon goût surtout dans les petits strips imaginaires de l’adolescente.
Quant à Hana, elle a un sacré caractère, n’hésite pas à tenir tête à l’héritier du groupe industriel Takaba et lui répond du tac au tac donc on n’a pas le temps de s’ennuyer.
On se doute rapidement que leur relation va évoluer, qu’ils vont se rapprocher et que leur rendez-vous arrangé deviendra une romance d’un genre un peu particulière, ils sont un peu sadomaso quand même, à constamment se chercher et se charrier.
Le seul bémol en ce qui me concerne, c’est le comportement de Takane : Hana est plus jeune de dix ans, du coup, avec elle, il est autoritaire voire tyrannique – heureusement qu’elle a du caractère, autrement, elle se serait faite bouffer – et il est même une ou deux fois violent – on ne sait pas trop s’il lui fout une claque sur le pont, mais pas de doute au restaurant panoramique et même si c’est minimisé par les grimaces amusantes de Hana, le geste est là et ça me chipote, ça m’a donné envie de lui rendre la pareille ou de secouer Hana pour qu’elle en fasse autant.

Takane & Hana tome 1 p43Les illustrations sont jolies dans un style très shôjo, j’aime beaucoup la manière dont l’auteure dessine les yeux de ses personnages, féminins principalement, elle parvient à les rendre très expressifs et le moins qu’on puisse dire, c’est que les héros de ce manga passent par tout un cheptel d’émotions.

Malgré mon petit bémol, j’ai passé un excellent moment et ai adoré cette lecture. Comme dit en introduction, j’ai beaucoup ri et j’ai très envie de découvrir le prochain tome.

Une guitare pour deux – Mary Amato

Une Guitare pour deuxTitre: Une guitare pour deux
Auteur:
Mary Amato
Éditeur: Nathan
Nombre de pages:
288
Format: e-book
Quatrième de couverture:
La mère de Tripp lui a confisqué sa guitare tant qu’il ne sera pas plus sociable et meilleur élève. Lyla, quant à elle excellente élève et musicienne hors pair, a besoin de s’entraîner pour ses concerts de violoncelle. Les deux adolescents entament alors le partage de la salle de répétition du lycée et une correspondance, d’abord acide puis plus complice. Bientôt le guitariste rebelle et la violoncelliste sage que tout oppose se retrouvent autour de leur passion commune : la musique…

J’ai lu ce livre suite au défi lancé par ma binômette, Psycho-Boook lors du challenge Les mascottes se défient #2. Je devais choisir un livre dont le thème était la musique ou dont la couverture contenait un instrument de musique. J’ai décidé de tenir compte des deux. Le choix de son défi est évident: hier, c’était la fête de la musique, on était donc totalement dans le thème de juin.

C’est un roman jeunesse qui se lit très rapidement même si j’ai eu un peu de mal à me plonger dedans principalement en raison du conflit mère-fils qui oppose Tripp et sa maman. J’ai trouvé l’adolescent très énervant à ne pas remplir sa part du contrat, c’est-à-dire faire ses devoirs d’école pendant les grandes vacances, mais en même temps, sa mère aurait dû réagir plus tôt… donc j’étais prise entre les deux et ça m’a un peu énervée. En même temps, c’était le meilleur moyen pour lancer l’histoire.
J’ai bien aimé le personnage de Lyla, elle est l’élève modèle par excellence répondant aux désirs de son père, ses professeurs ou ses amies, pourtant, elle souffre de cette situation ; je n’ai eu aucun mal à m’attacher à elle et à compatir à son sort. Par contre, Annie m’a prodigieusement énervée à ne pas la laisser respirer.

J’ai adoré les rapports que les deux protagonistes entretiennent, leur petite correspondance m’a donnée plus d’une fois le sourire. Et ça a été tout aussi agréable de les suivre par la suite lorsqu’ils se rapprochent réellement.
Par contre, j’ai trouvé les paroles des chansons un peu nazes, même si, disons-le, le cheminement et le travail de coopération pour y arriver étaient intéressants. J’aurais aimé en entendre la musique, je ne me suis décidée à chercher sur le net s’il n’existait pas un site qu’à la fin – ce qui est totalement nul de ma part – et n’ai pas pu regarder correctement – sur mon téléphone, c’était pas terrible.
Si ça vous intéresse, vous pouvez y faire un tour, voici le lien : The Thrum Society (oui, c’est le nom du groupe de Tripp et Lyla).

Un dernier mot sur la fin : c’était un peu prévisible que les choses tourneraient mal avant de finir bien, même si, pas totalement prévisible puisque je pensais davantage que Lyla aurait un souci de santé genre problème cardiaque.
J’ai bien aimé cette lecture, ce n’était pas prise de tête, ça s’est bien lu. Bref, j’ai passé un bon moment.

Contes de ma terre – Catherine Lamic

Contes de ma terreTitre:  Contes de ma terre
Auteur:
Catherine Lamic
Éditeur: Tertium
Nombre de pages:
75
Quatrième de couverture:
Contes fantastiques et merveilleux racontent l’histoire d’une terre, où la beauté sauvage du causse, voisine avec la vallée de la Dordogne entaillée par les eaux de la rivière. Cette terre, c’est celle des paysans du Quercy qui l’habitent, qui la font prospérer en travaillant son maigre sol et en élevant des animaux. C’est celle mystérieuse, du Drac, des feux follets et autres malins.

J’ai pu découvrir ce recueil de conte grâce à la Masse Critique Babelio : je remercie donc grandement Babelio ainsi que les éditons Tertium pour leur confiance.

Ce qui m’a attirée, c’est bien sûr le résumé : il m’a convaincue qu’avec ce recueil, je retrouverais une partie de ma jeunesse, et que je voyagerai aux côtés de personnages fabuleux. Cette lecture a été bien au delà de mes espérances. Ça s’est lu bien trop vite à mon goût, c’était frais et surtout dépaysant, sentiment renforcé par les dessins de type bucolique de Marie Bazin.
Ce qui m’a frappée d’un premier abord, c’est la mise en page : la police est relativement grosse, le texte est aéré grâce à des interlignes amples,…

Il contient 14 contes, relativement courts (le plus long fait 7 pages, le plus petit 3). Beaucoup se passent principalement dans la région de Quercy située dans le Massif Central. Les autres semblent être dans le même coin.
Les larmes d’une pierre : L’âme d’un mercenaire est enfermée dans une pierre depuis la guerre de Cent ans, jusqu’à ce qu’une petite fille vienne le réveiller.
J’ai beaucoup aimé ce petit conte, une bonne entrée en la matière, un récit complet qui n’omet pas le passé de l’esprit tout en permettant au lecteur de suivre le cheminement de la fillette.
Frou-Frou, la reine des truffes : Frou-Frou, de peur de finir dans l’assiette des fermiers affamés, fuit sa porcherie jusqu’à ce que la faim la pousse à chercher de la nourriture.
Un petit conte fort sympathique, un personnage attachant de par ses réactions tellement humaines.
Des oies pour richesse : Colline, une jeune paysanne, rencontre une vieille dame qui l’avertit d’un danger et la met à l’épreuve.
J’ai eu peur pour l’héroïne, a-t-elle fait le bon choix en suivant les conseils de la vieille ? J’en ai douté jusqu’au bout.
Le Sang-Dragon : Lorsqu’une dragonne prend sous son aile et élève un enfant humain…
Étant fan des dragons, je ne pouvais qu’adorer ce conte au point de le relire, c’est sûrement mon préféré.
La promesse d’un collier : On suit Lisane, jeune fille vaniteuse ; elle ramasse dans la rivière un collier mais il faut toujours se méfier des apparences et bien davantage des promesses.
Ça m’a fait sourire, surtout la conclusion. J’ai aimé l’ambiance de ce conte.
Mouchette et le déserteur : Jérémie, déserteur en fin de guerre, se cache dans une porcherie jusqu’à ce que le fermier le trouve.
Un conte sympathique qui n’a rien de fantastique et pourrait très bien être tiré d’une histoire vraie, j’ai beaucoup aimé.
Piot le dindon : l’histoire d’un dindon beau mais bête comme ses pieds.
Je n’ai pas trop aimé principalement dû au personnage principal qui est en effet très sot… Par contre, la chute m’a plu.
A la racine du Bonheur : Hilda, une sorcière mise à l’écart en raison de son apparence et surtout de son nez disproportionné, part à la recherche d’un ingrédient qui lui permettrait de modifier ce dérageant appendice. Jusqu’où sa recherche la mènera-t-elle ?
J’ai adoré ce conte, il sonne juste, le personnage d’Hilda est sympathique, attachante en très peu de pages. Quant à la fin, elle est juste géniale.
Le soleil dans la maison : Un fermier trouve un bébé non loin de son champ mais il n’ose l’amener chez lui, sa femme étant acariâtre.
Une histoire simple, une fin un peu prévisible mais ça n’en rend pas moins le récit intéressant.
Le bal des animaux : Différents animaux sont invités à un bal chez un seigneur peu aimé. Ils demandent tous leur chemin à un âne qui les met en garde mais ils n’en ont cure. Quand aucun ne revient, le baudet décide d’aller voir de quoi il retourne.
Un conte divertissant qui m’a fait sourire de par les réponses que les animaux donnent à l’âne après son avertissement.
Poivre et Caramel : Deux chiens chassent les poules. Lorsque sa maîtresse adopte un poussin, les choses se corsent.
Je n’ai pas accroché, c’est sûrement celle que j’aime le moins.

Contes de ma terre p56
Les couleurs d’Agneline : Un agneau s’interroge sur le blanc de sa toison, il décide d’aller rejoindre un arc-en-ciel afin de le traverser et colorer ainsi sa laine ; il s’éloigne imprudemment du troupeau.
Un texte plutôt poétique, une belle histoire que j’ai bien aimée.
La jeune fille et le lutin : Lorsqu’un lutin tombe amoureux d’une humaine, il abandonne son immortalité pour la rejoindre, seulement tout a un prix.
J’ai adoré ce conte, par contre, la fin est dure, c’est sûrement ce qui m’a tellement plu au final.
Le pont des âmes disparues : Un berger est chargé par un riche paysans de retrouver sa fille, enlevé par le Roi des Geais, heureusement, il reçoit une aide attendue.
Un très beau conte, dans la lignée des contes classiques, qui clôt magnifiquement ce recueil. J’ai adoré.

Vous l’aurez compris, c’était une lecture passionnante : le style de l’auteur est très agréable, il faudra que je tente d’autres titres, les histoires sont variées et sympathiques.