Le clan de l’Ours des Cavernes – Jean M. Auel

Le clan de l'ours - Jean M. AuelTitre: Le clan de l’Ours des Cavernes
Saga: Les enfants de la terre, tome 1
Auteur: Jean M. Auel
Éditeur: E-Book
Nombre de pages: 544
Quatrième de couverture: Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s’achève et la Terre commence à se réchauffer.
Lentement, durant des millénaires, l’homme s’est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu’il est aujourd’hui. Il connaît l’outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s’abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d’harmonie.
En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d’un lion pour se réfugier auprès d’un clan étranger. On l’adopte. Très vite, les gestes et les paroles d’Ayla suscitent l’étonnement et l’inquiétude.

 Ça fait un moment qu’une bonne amie me l’avait conseillé, je me suis enfin décidée à le lire et quelle lecture ! Bon sang, j’en suis encore toute retournée !
J’ai eu beaucoup de mal à lâcher mon livre pour vaquer à mes obligations tellement j’ai été prise dans le récit. J’ai malgré tout mis du temps à le lire principalement parce que c’est un roman très dense et qu’ayant adoré dès le début, j’ai pris le temps d’en savourer chaque ligne.
Enfin, dense est peut-être un peu péjoratif, je devrais plutôt dire qu’il est très riche : est développé aussi bien la vie clanique que la vie spirituelle totémique intrinsèquement liées l’une à l’autre avec toutes les traditions qui régissaient le Peuple du Clan comme se fait appeler cette race d’homme : si on sait immédiatement qu’Ayla fait partie des homo sapiens sapiens, on ignore davantage celle du Clan. A la description, j’aurai dit que c’était des homo erectus (jambes arquées, pas très grands, front bombé, sourcils proéminents, yeux rentrés, etc…) mais le fait qu’ils co-existent avec les sapiens me laissait perplexe. D’après quelques recherches faites, il était davantage fait référence aux hommes de Néandertal ce qui me semblerait plus logique  mais en même temps, comparé à Ayla, ils sont plutôt petits : à quelque chose comme 12 ans, elle est aussi grande que les hommes, si ce n’est plus… Je sais qu’il y a une différence de taille entre les deux « espèces » mais pas aussi importante…. Enfin,bref, ce n’est pas le sujet.

Certains pourraient trouver ce livre un peu long, il y a en effet un certain nombre de descriptions surtout au niveau des rites mog-ur ou des préparations des potions des guérisseuses mais j’ai trouvé ça tellement intéressant et dépaysant que j’en aurai redemandé parfois. Ça se lit très très bien.
Au cours du récit, on a droit à plusieurs visions : déjà, je ne m’attendais pas à découvrir un peuple aussi réfléchis et ordonné -quand on s’imagine les hommes des cavernes, on les voit plutôt brutaux, répondant davantage à l’instinct qu’à une quelconque réflexion. Mais finalement non, et c’est une agréable surprise.
On a majoritairement la vision de l’héroïne Ayla, enfant des Autres, adoptée par le Clan de Brun, une façon de pensée qui est plus réfléchie, moins instinctive que celle de son clan notamment du fait qu’elle ne peut se référer à une mémoire ancestrale qu’elle n’a pas contrairement à son entourage, une attitude différente des femmes qu’elle côtoie, une soumission qu’elle a du mal à subir et la supériorité des hommes à laquelle sa nature profonde se heurte, souvent, une incompréhension d’un côté comme de l’autre. Un personnage que j’ai adoré, qui m’a touchée, avec qui j’ai souffert, avec qui j’ai beaucoup ri aussi (notamment lorsqu’elle pleure parce qu’elle a déçu Creb et redoute qu’il ne l’aime plus alors que sa famille d’adoption ne comprend pas ses larmes et pense qu’elle a une maladie des yeux pour ne citer que ce moment, mais il y en a quelques autres…)
On a la vision d’Iza (quelques autres femmes également mais principalement elle) qui s’interroge sur sa fille adoptive, ses origines, sa place dans la tribu, ses réactions, qui l’initie aux secrets des femmes et des guérisseuses, une plongée en douceur dans le monde des esprits. C’est un personnage calme et posé que j’ai bien apprécié parce qu’elle permettait de désamorcer la tension ressentie à la lecture de certains passages, même si elle venait après, elle avait un côté rationalisant.
Creb alias Mog-ur, grand sorcier. Avec lui, l’immersion dans le monde des esprits est bien plus profonde sans être violente pour autant ; tout comme le personnage a deux totems, il a deux rôles, celui de « shaman » mais aussi celui qui accueille dans son foyer sa sœur enceinte dont le compagnon est mort et qui éduque l’étrangère laide qu’est Ayla qui contrairement à ses compagnons ne le craint pas, ose regarder sa difformité et l’aime très vite. Pendant tout le roman, il prend son rôle de mog-ur très au sérieux et trouve bon nombre de réponses mais on ne peut s’empêcher de se demander si l’affection qu’il éprouve pour la fillette des Autres ne lui voile pas la face… Et on a la réponse dans les derniers chapitres, ce qui est appréciable.
Brun, chef sage et réfléchi du clan. Au début, je n’étais pas sûre de l’aimer, on le sentait hésitant, pas certain de ses décisions. Et puis finalement, on le découvre, il se bat comme il peut entre les esprits, les événements qui perturbent le clan, les réactions des uns et des autres… C’est très dur, il est soumis à une lourde discipline, on suit son évolution et surtout il apprend à se montrer juste.
Broud, le fils de la compagne de Brun et son successeur. Lui, on l’aurait aimé comme son père, malheureusement, il en est très loin et il s’en éloigne à chaque page un peu plus : personnage détestable égoïste, égocentrique, arrogant, on sait très vite qu’il fera la perte du clan…

C’est un gros coup de cœur pour cette lecture qui se termine trop tôt à mon goût. Du coup, je redoute un peu de lire la suite, peur que ce soit moins bien -rappelons qu’il y a 6 volumes.
Je suis encore à fond dans l’histoire, j’ai du mal à me sortir de ce monde de caverne et quand j’y pense, j’ai un sourire de satisfaction.

Challenge ABC2015Je passe à 11/26

Challenge LEAF Le Manège de PsylookJe passe à 02/50

Le mot qui arrêta la guerre – Audrey Alwett & Ein Lee

Le mot qui arrêta la guerreTitre: Le mot qui arrêta la guerre
Auteur: Audrey Alwett
Illustratrice: Ein Lee
Éditeur: nobi nobi !
Nombre de pages: 56
Quatrième de couverture: Au petit matin, quand le soleil étend ses rayons, que les grues s’envolent vers le ciel et que les carpes se réveillent, le lac Yamagata est le plus bel endroit de la Terre. C’est là que Seï y trace ses plus jolies calligraphies, c’est là que son frère Shigeru y fait ses plus vivants origamis. Mais voilà que le daimyô déclare la guerre à son voisin. Tout homme âgé d’au moins seize ans sera contraint de se battre sous sa bannière. Shigeru devra partir et peut-être mourir. Le jeune Seï va alors tout tenter pour convaincre le daimyô de renoncer à cette guerre. En trois jours, il peindra trois calligraphies. Trois mots pour arrêter la guerre, trois mots pour sauver son frère.

L’opportunité de découvrir cet album m’a été offerte grâce à la dernière Masse Critique Babelio que je remercie énormément pour cette chance ainsi que les éditions nobi nobi !
Vous l’aurez compris, j’ai été enchantée par cette lecture. Je l’ai choisi pour deux raisons : la couverture que j’ai trouvée sublime et le titre qui m’a interpelée. Le résumé est sympa, mais petit point noir pour moi, d’un premier abord, il révèle un peu trop de l’histoire.

Commençons par le premier point, les illustrations : j’espérais que l’intérieur soit semblable à l’extérieur… Je n’ai pas été déçue, bien au contraire, les planches sont splendides, on y retrouve un souci des détails, une harmonie dans les couleurs qui prouvent une grande maitrise de l’illustratrice Ein Lee… tout ça contribue à créer une atmosphère douce, emplie de mélancolie. A tel point que même une image aussi simple que les mains de Sei et de Shigeru qui se referment sur un origami est sublimée.
On note une différence de teintes lorsque les « méchants » de l’histoire interviennent mais malgré le choix des couleurs (noires et rouges principalement), ça ne rend pas l’atmosphère vraiment plus sombres ni plus menaçante, même si la seconde intervention l’est davantage, ce ne l’est pas suffisamment à mon goût.

Le mot qui arrêta la guerre p 9Pour le récit, j’ai bien aimé le style de l’auteure, même s’il y a quelques inégalités : parfois, le texte est très poétique, d’autres pas, quelques fois, les phrases riment mais pas toujours. Ça m’a un peu dérangée mais ça a amusé les enfants – parce que oui, je leur ai lu cet album et ils sont restés scotchés tellement ça leur a plu. C’est un conte intéressant, le petit bémol pour moi est que le récit fait très européen malgré l’époque et le contexte dans lequel il se situe donc le dépaysement n’était pas total.
Revenons-en maintenant à la seconde raison qui a motivé mon choix pour cet album : le titre Le mot qui arrêta la guerre. Je me suis demandée quel pouvait être ce mot. Ma curiosité n’a fait qu’augmenter au fil des pages, si les deux premiers mots qui m’ont laissée perplexe n’ont pas réussi à arrêter le daimyô, quel pouvait être le troisième, j’étais sceptique. Lorsque je l’ai découvert, je suis restée pétrifiée… je ne m’attendais pas à ce que ce soit ça ! Il sonnait tellement juste. Cette fin m’a ravie.

Je l’ai lu hier soir aux enfants, ils m’en ont parlé à plusieurs reprises aujourd’hui. L’histoire les a vraiment marqués, autant que les derniers mots de l’auteure en fin d’album.
J’ai adoré cette lecture qui a tenu toutes ses promesses.

Rose morte, tome 1 : la floraison – Céline Landressie

Rose morte 1 - La floraison - Celine LandressieTitre: La floraison
Saga: Rose morte, tome 1
Auteur: Céline Landressie
Éditeur: L’Homme Sans Nom
Nombre de pages: 480
Quatrième de couverture: France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

J’ai obtenu ce livre en participant au concours RPG organisé par les éditions l’Homme Sans Nom en décembre 2013 (je me suis d’ailleurs éclatée en y jouant) ;  je l’ai reçu dans les jours suivants, dédicacé ce qui fait toujours très plaisir.
Ça faisait un moment que j’avais très envie de le lire, je le voyais tourner depuis quelques mois et puis, j’ai eu un gros coup de foudre pour la couverture, elle est magnifique, raison de plus pour m’acharner et l’avoir.
Avec toutes les bonnes critiques que je voyais défiler sur le net, mon envie de le lire s’est considérablement accrue et encore davantage lorsque j’ai appris que l’auteure avait fait un gros travail de recherche pour placer son histoire dans un contexte historique. Et puis, au détour d’une chronique, j’ai appris qu’on y trouvait des créatures de la nuit… Argh ! C’est ce qui m’a derechef refroidie… redoutant que cela prenne toute la place dans ce monde.

J’ai vraiment beaucoup aimé le style de l’auteure. Je trouve que son récit est fluide, ça se lit vite et bien. On sent le gros travail de recherche mais je n’ai malheureusement pas accroché à l’histoire.
Dédicace Rose Morte 1J’ai adoré le premier chapitre, on baigne immédiatement dans le contexte historique, je m’attendais à ce que tout le roman soit ainsi… mais ça n’a pas été le cas… j’ai trouvé que ça faisait très/trop huis-clos sans l’être pour autant, on baigne dans le tout petit monde de Rose et les vagues 5 personnes qu’elle connaît mais pas dans l’univers contemporain de l’époque. Alors il y a bien quelques références mais elles ne sont pas assez présentes à mon goût ; du coup, l’atmosphère n’était pas ce que j’en attendais.
On finit par être plongé dans l’univers des « Lucifuges » -il me plaît bien ce nom-là- mais ça prend du temps avant d’y arriver, plus de la moitié du bouquin… J’ai bien aimé les références aux 5 maisons, les capacités des créatures nocturnes, etc… ça m’a fait penser au jeu de rôle Vampire la Mascarade et je me suis sentie bien mieux à partir de ce moment ; seulement, ça reste une introduction, pas assez poussé à mon goût -et ma curiosité me titille quant au second tome.

Passons aux personnages :
Je n’accroche pas au personnage de Rose. Au début, elle a son petit caractère, est insolente à souhait, elle promet. Et plus le temps passe, plus je la trouve insipide, ses réactions manquent de cohérence entre le début et la suite où elle fait davantage potiche, une groupie à la solde du comte de Janlys.
Artus… affable à souhait, un côté mystérieux, ennuyeux, etc… Il m’a saoulé, je ne l’aime pas.
Adelphe : sûrement mon personnage préféré. Je pense que c’est principalement pour lui que j’ai continué ma lecture alors qu’elle prenait plus de temps que prévu. Il est gentil, honnête, franc, effacé, la doublure de son frère. A voir ce qu’il deviendra par la suite.
Charlotte, mon gros soucis du détail fait qu’elle ne passe pas. En gros pour l’histoire, Eileen ou Rose a 28 ans, on nous spécifie que Charlotte de Carville, sa meilleure amie a grandi avec elle, donc à 2 peut-être 3 ans près, elles ont le même âge. Rose a déjà fait capoté 2 alliances, sa copine qui fait tout comme elle a dû en faire autant -c’est pas clairement dit, mais c’est comme ça que je l’ai interprété. Si pour la fille du comte de Greer, seule héritière du noble anglais, le fait qu’à 28 ans sa famille tente encore de la marier passe encore, même si comme spécifié, ça devient plus que difficile, pour la fille du baron de Carville, c’en est juste incohérent : elle est le troisième enfant, la seconde fille… franchement, même si fin XVIe siècle, les nobles étaient moins prompts à envoyer leurs secondes filles au couvent, vu son âge avancé, elle a quand même coiffé Ste Catherine donc est considéré comme une vieille fille, quelles sont les chances que son père tente encore de la marier et payer une dot élevée pour la caser plutôt que de la cloîtrer ? Ça ne tient pas la route.

Quant à la fin… malheureusement, dès le chapitre de la vitre brisée je connaissais le gros méchant de l’histoire…
J’ignore si je lirai la suite… probablement autre chose de cette auteure mais pas forcément le tome 2 de Rose Morte. Je ne sais pas.

Bref, une lecture mitigée, facile et agréable à lire mais l’histoire m’a laissée indifférente…

Challenge ABC2015Je passe à 10/26

Le top du chat – Philippe Geluck

Le top du chatTitre: Le top du chat
Auteur: Philippe Geluck
Éditeur: Casterman
Nombre de pages: 48
Quatrième de couverture: «On a mis pas mal de temps pour inventer la roue. Et beaucoup moins pour inventer la roue de secours.»
«Si les lentilles vous font péter, portez des lunettes.»
Deux sentences du Chat parmi des dizaines d’autres saillies, blagues, aphorismes et autres calembours. Pas de précipitation, il y en aura pour tout le monde ! Le Top du Chat est un best of des gags du Chat que Philippe Geluck avait initialement composé pour le quotidien belge Le Soir (le journal où est né le Chat), dans un petit format comparable à la récente édition des « mini-Chats » proposés par Casterman. En voici une nouvelle édition, dans un format cartonné classique conforme aux autres volumes de la collection.
Une manière particulièrement agréable de redécouvrir quelques-uns des meilleurs traits d’humour du félin le plus célèbre de la bande dessinée francophone.

Je pense que ma chronique sera relativement courte, je n’ai pas grand chose à dire sur cet album.
Je connaissais le personnage du Chat sans en avoir jamais lu de bande-dessinée. ce soir, je me suis lancé dans cette découverte parce que j’avais envie d’une lecture cool, drôle et pas prise de tête ; pour ce dernier, c’est un peu loupé, j’avoue… ce  n’est pas que c’était compliqué à lire, c’est juste que ça demandait un peu de concentration, ce que je n’avais pas ce soir, résultat, j’ai pu relire 2 fois certains des strips.

Pour l’histoire, pas grand chose à en dire, de petites scènes tournant en dérision certains sujets d’actualité ou de la vie quotidienne. C’était drôle, j’ai le plus souvent souri et quelques fois ri. Certaines références pourront peut-être poser problème à un jeune public parce qu’elles sont obsolètes (dixit Mammouth – à moins d’avoir connu l’existence du supermarché, ça laissera les plus jeunes dubitatifs), ou provoqueront un flottement (mince, j’ai pas compris… oui, ça m’est arrivé à deux reprises et j’ai eu beau lire et relire dix fois l’illustration, ben… rien – il doit me manquer une référence, là ! )

le top du chat p3Pour les dessins… là encore, pas grand chose à dire, le chat et ses congénères sont assez basiques et se ressemblent tous, les couleurs sont simples, les noirs et blancs sont… noirs et blancs. Certaines planches contiennent pourtant des personnages aux visages et corps étonnamment réalistes ce qui contraste agréablement avec le character design du héros.

Bref, c’était une lecture détente sympathique, sans plus.

Killing Time – Toussaint & Evenhuis

Killing time - Kd Toussaint & EvenhuisTitre: Killing Time
Auteur: Kid Toussaint
Illustrateur: Chris Evenhuis
Éditeur: Ankama
Collection: Hostile Holster
Nombre de pages: 80
Quatrième de couverture: La journaliste Isabelle Bauffays reçoit l’autorisation d’interviewer le tueur en série Gyorgi Owens, surnommé «le faucheur», dans le pénitencier où il est incarcéré. Ses questions concerneront tour à tour les crimes et la vie personnelle du tueur, qui le confronteront à la vision fantasmée de son «œuvre».
Entre traumatismes et perception distordue de la réalité, Gyorgi Owens nous montre comment l’empathie pour son prochain l’a mené à l’anéantissement de vies humaines.

Je n’étais pas certaine, au début de ma lecture, d’aimer cette bande-dessinée, n’étant pas une grande fan de polar – alors pourquoi l’avoir acheté et avoir eu envie de le lire ? Tout simplement parce que connaissant Kid Toussaint et le sachant excellent scénariste, je désirais lire d’autre BD qu’A l’ombre du convoi.
Les dessins ont sûrement grandement facilité l’entrée en matière dans ce monde si sombre : le character design des personnages fait très comics, ce que j’ai adoré ; les couleurs sont très sombres mais cela s’allie parfaitement au scénario. Au fil des pages, j’ai pu apprécier toute l’ampleur de l’histoire.
Killing Time - 1er meurtre d'OwensLe personnage principal, Gyorgi Owens, est incarcéré en tant que tueur en série, interrogé par une journaliste, Isabelle Bauffays, sur les motivations de ses crimes ; progressivement, on se rend compte qu’il n’est pas ce qu’il semble… il raconte ses « suicides assistés », orienté par les questions d’Isabelle.
Lorsque j’ai obtenu le fin mot de l’histoire, ça m’a glacé le sang.

Les enquêtes sur le tueur des hôpitaux et sur « Tea Time » McNeil sont intéressantes  et on sent bien qu’elles doivent être liées sans pour autant faire immédiatement le lien. Étonnamment, ce n’est pas cette partie-là qui rythme le recit, ce sont davantage les interludes entre les deux vieux malades, anciens amis – j’ai compris très vite que le chauve était le second « suicide assisté » de Gyorgi, par contre, j’ai mis plus de temps à capter qui était le second… Ils ont un côté tellement humain, ils en sont attachants…
Killing time p9Quant à la fin, elle m’a laissée sur le cul, pourtant, c’est le genre de conclusion que je flaire à des km d’habitude. Pas là. Je dis dire que pour le coup, c’est un coup de maître.

Pour moi, ça a été un coup de cœur,  je ne peux que le conseiller ^_^