Immobile – Valérie Sigward

Immobile - Valérie SigwardTitre: Immobile
Auteur: Valérie Sigward
Éditeur: POCKET
Nombre de pages: 89
Quatrième de couverture:
C’était les vacances, le soleil. Il faisait chaud. Il y avait le lac. Anna a plongé. Quand sa tête a heurté le rocher, elle a tout de suite compris. Elle n’était pas morte, son esprit fonctionnait, mais quelque chose s’était cassé. Quelque chose qui reliait son cerveau à son corps. Tétraplégique ont dit les médecins à l’hôpital. Ça veut dire immobile. Ça veut dire que tout va changer. Pour elle, mais aussi pour ses proches. Tiraillés par l’incrédulité, l’angoisse, le chagrin, la culpabilité, eux aussi vont devoir réapprendre à vivre. Et accompagner Anna dans le monde de glace et de silence qui est désormais le sien…

Il ne m’a pas fallu plus d’une journée pour lire ce livre en raison du peu de pages qui le compose.
Il est écrit à la première personne: c’est la sœur de la copine d’Anna qui raconte l’avant et l’après accident, sachant que c’est ce dernier point qui a la part la plus importante du récit. J’ai trouvé que le résumé extrapolait drôlement l’histoire: l’accompagnement d’Anna dans ce monde de glace et de silence est pour le moins traité de très loin. On a, d’un côté, l’histoire de ceux qui attendent que les choses s’améliorent, qui errent dans les couloirs de l’hôpital espérant un changement, côtoyant ou croisant d’autres patients et leur famille et de l’autre; la vision d’Anna qui s’intercale entre chaque chapitre le temps d’une ou deux pages maximum.

L’histoire en elle-même est loin d’être originale, un après-fait divers vue du côté des proches, pourtant, un sujet traité avec beaucoup de justesse à mon sens. Une seule chose m’a posé problème: la narration. Je suis de la vieille école, j’aime les ponctuations et les sauts à la ligne. Là, le récit et les conversations se suivent sans points, sans tirets, seulement séparés par des virgules. Ça rend les phrases relativement longues, ça donne la sensation de ne pas avoir le temps de respirer, d’être pris au piège par la rapidité de pensée des protagonistes, par la panique qu’un tel accident peut provoquer chez ceux qui attendent et se sentent coupables. Ça oblige le lecteur à rester attentif à sa lecture, sinon, on est quitte pour reprendre le paragraphe pour mieux comprendre le déroulé des conversations.
J’ai relativement bien apprécié cette lecture, autant par sa rapidité que par la pertinence du récit. De plus, le thème est de saison, un point positif de plus.

Le Cercle de Critiques Littéraires des Lecteurs EconomesLecture du mois de juillet avec Le Cercle de Critiques Littéraire des Lecteurs Économes, voici d’autres avis qui y ont participé:

 

 

La captive de l’hiver – Serge Brussolo

La captive de l'hiver - Serge BrussoloTitre: La captive de l’hiver
Saga: Marion, tome 1
Auteur: Serge Brussolo
Éditeur: Le livre de Poche
Nombre de pages: 315
Quatrième de couverture: Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l’ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d’une abbaye de la côte normande? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d’acier ?
C’est un univers gouverné par d’étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d’elle. Car certains détestent cette « sorcière » venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit. Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu’elle a commis l’erreur de mettre au jour?

Voici ma seconde lecture dans le cadre du thème du mois de juillet: cette fois-ci, c’est l’hiver qui est à l’honneur avec ce passionnant roman de Serge Brussolo.
Avant de commencer réellement à donner mon avis, il est bon de préciser que c’est un second volume. le premier porte le nom de Les Pèlerins des Ténèbres. Je ne l’ai su qu’après avoir acheté ce tome et après avoir annoncé cette lecture. Ce n’est absolument pas pénalisant de ne pas avoir lu ce premier volume, mais plusieurs fois au cours de la Captive de l’hiver, il est fait allusion à des événements antérieurs et lorsqu’on aime autant que moi s’attacher aux petits détails, c’en est quand même un peu frustrant. Il m’a donc fallut faire l’impasse sur ce fait relativement sans importance pour continuer ma lecture, avec quand même une petite hésitation.

C’est le premier livre que je lis de cet auteur, même si j’en entends beaucoup parlé. Son style est fluide, l’histoire intéressante et bourrée de petits détails plaisants, avec une touche d’humour (j’ai rarement lu une déclaration d’amour aussi belle que dans ce livre; si j’avais été un orc, j’en aurais été touchée). Les personnages principaux sont attachants, les secondaires aussi jusqu’à une certaine mesure ; une fois cette mesure passée, ils le sont nettement moins.
Certains événements sont prévisibles, mais pour la majorité pas du tout et j’ai grandement apprécié ça. Je me suis laissée portée par le récit, me prenant à réfléchir à telle intrigue et à chercher les coupables, etc.
Donc oui, j’ai beaucoup apprécié ce livre et d’autant plus que ce passant dans le froid et la neige, ça n’a rendu la grosse chaleur qui nous accable depuis des jours et des jours que plus supportable : j’ai été parfois tellement prise dans le récit que, sans avoir froid, je n’avais pas non plus particulièrement chaud… sans compter les rêveries de fraicheur, les envies de neige que cela a provoqué en moi 😀

Bref, pour moi, ça a été un très bon moment de lecture, un dépaysement total.

Neige de Printemps – Yukio Mishima

Neige de printemps - Yukio MishimaTitre: Neige de Printemps
Saga: La mer de la fertilité 1
Auteur: Yukio Mishima
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 450
Quatrième de couverture: Deux jeunes amants vivent leurs amours surannées au temps où le Japon tente d’assimiler les modes de l’Occident, alors que la Belle Époque jette ses derniers feux.
Kiyoaki Matsugae est issu de l’aristocratie née des récentes transformations politiques de l’ère Meiji, et Satoko Ayakura appartient à une antique famille de la noblesse de Cour. Prisonniers des méandres de leur propres personnage, ils vont éprouver une passion intense et vouée à l’échec, connaissant ainsi le drame du déshonneur.

J’ai choisi ce livre parce que je trouvais qu’il correspondait bien au thème du mois de juillet (sur le blog Arestis Momenta – blog fermé) : Les Saisons et le passage du temps. Déjà, le titre contient le mot printemps. Ensuite, en me basant sur le résumé, je pensais que nous aurions droit au passage d’une époque à une autre : la fin de l’ère Meiji, l’ouverture du Japon au monde extérieur, oubliant que cette ouverture s’était faite progressivement pendant les 44 années qu’a duré cette ère. Bref, on arrive dans un Japon où les coutumes et modes occidentales sont déjà implantées, certes pas aussi bien qu’actuellement, mais suffisamment pour que le contraste entre tradition et nouveauté soit inexistant. Dommage.
Pourtant, après avoir terminé ce livre, je peux affirmer qu’il entre parfaitement dans le thème : le passage du temps permettant aux protagonistes d’évoluer et de grandir dans un monde relativement nouveau.

Malgré cela, je n’ai pas aimé. Le style descriptif de l’auteur est magnifiquement poétique, j’ai adoré lire ses descriptions, j’ai aimé suivre certains personnages. Mais ce qui m’a gâché tout le plaisir, c’est le personnage principal : Kiyoaki Matsuragae. Je l’ai exécré ! Il n’est rien d’autre qu’un sale gosse (il a quand même 18 ans au début de l’histoire), égoïste, égocentrique, il se vexe pour un rien, il a un complexe d’infériorité -surtout en rapport avec son âge- qui le pousse à tout prendre mal, même les phrases les plus neutres; et enfin, je l’ai trouvé limite malsain dans sa façon d’être avec Satoko. Et même s’il évolue énormément tout du long, on conserve l’impression que tout ce qu’il fait, c’est uniquement pour son propre bien, sans se soucier ni des autres, ni des conséquences.

Ça a donc été 450 pages relativement difficile à lire. Vers la moitié du livre, on a droit à quelques pauses qui nous permettent de découvrir d’autres personnages, ce sont ces moments-là qui m’ont permis de bien avancer, sinon, je crois que j’y serai encore.
Le point positif, c’est qu’il y a une vraie fin à ce livre, malgré le fait qu’il fasse parti d’une quadrilogie, donc on peut s’arrêter là lorsqu’on a fini. le second tome reprend l’histoire d’un des personnages secondaires: Honda Shigekuni que j’ai relativement bien apprécié d’ailleurs, mais même en sachant cela, je ne suis pas certaine de lire la suite du nom de Chevaux Échappés

Bref, j’ai été très déçue par cette œuvre. Une lecture fastidieuse et même si j’ai trouvé certains personnages intéressants, ça n’a pas suffit à me faire apprécier ce livre.

La Juliette Oubliée – Kaori Yuki

Comte Cain 1 - La Juliette Oubliée - Kaori YukiTitre: La Juliette Oubliée
Saga: Comte Cain 1
Auteur: Kaori Yuki
Éditeur: Tonkam
Nombre de pages: 190
Résumé
Héritier de la famille Hargreaves, né de l’union contre-nature entre Alexis Hargreaves et sa soeur, Cain est un enfant maudit, rejeté par sa famille depuis toujours… Il ne trouve le réconfort qu’auprès de Riff, son fidèle majordome et de sa passion : collectionner les poisons. Déjà affublé d’une terrible réputation à cause de ce sinistre passe-temps, la multiplication des incidents dans son entourage le force peu à peu à regarder la vérité en face : quelqu’un semble lui en vouloir !

Ce n’est pas le premier manga que je lis de Kaori Yuki. Le premier fut Angel Sanctuary que j’avais beaucoup aimé mais l’histoire tournant en rond au bout d’un moment j’avais arrêté ma lecture.
Je redoutais grandement la reprise d’une autre saga de cette auteure mais j’avais besoin d’une pause dans ma lecture. Je me suis donc lancée dans le premier volet de Comte Cain: La Juliette oubliée.

Comte Cain 1 - MadelineJ’ai relativement bien apprécié: c’est très bien dessiné, les histoires sont relativement sombres et intéressantes. Le premier chapitre, la Juliette oubliée, m’a donné un peu de mal: j’ai trouvé qu’il était difficile de se mettre dans l’ambiance, l’histoire est aussi un peu trop facile et certains dialogues semblent, par moment, décousus. Mais par la suite, ça va beaucoup mieux.
J’ai trouvé dommage que les chapitres 3 et 4, Les jeunes garçons qui ont arrêté le temps et Double, n’aient pas de rapports avec le personnage éponyme du manga, Comte Cain; résultat, ça nous coupe drôlement de l’histoire au moment où on entre bien dedans. Ces deux petites histoires étaient vraiment sympas, mais, à mon sens, n’avaient pas leur place dans ce volume… à moins que par la suite, on les retrouve; mais pour le moment, je ne saurai dire.
Il n’y a qu’un seul vrai bémol, mais c’est un détail que j’ai déjà remarqué avec cette mangaka: c’est que les personnages finissent invariablement par se ressembler. Ils ont tous la même tête, ou presque; on finit par se perdre et devoir se baser sur des détails pour reconnaitre tel ou tel personnage… C’est une petite perte de temps énervant à la longue.
Mais malgré cela, je lirai la suite avec un certain plaisir.

Je passe à 09/20.

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La fontaine intarissable – Claude Suissa

La fontaine intarissable - Claude SuissaTitre: La fontaine intarissable
Auteur: Claude Suissa
Éditeur: Les Éditions Persée
Nombre de pages: 324
Quatrième de couverture: Christine a toujours eu la passion des chiffres et du raisonnement. Quand elle a découvert la littérature au lycée grâce à un brillant et charismatique prof de lettres, elle a décidé de faire mentir l’adage : pas de choix entre lettres et maths, elle fera cohabiter les deux.
Devenue prof de maths, épouse et mère, tout va bien pour Christine… jusqu’au jour où un brutal événement va bouleverser son existence. Elle a trente ans et surviennent les questionnements. À quarante, c’est avéré, sa jeunesse a foutu le camp, et c’est sur sa féminité qu’elle s’interroge : une lutte sans merci s’engage entre son corps et son esprit, un tiraillement entre les désirs de la chair et les engagements moraux et spirituels décidés ou imposés. Quelle réponse Christine donnera-t-elle à ce choix cornélien ? Plus que la réponse, c’est le cheminement qui intrigue…

Je tenais en priorité à remercier la team Livraddict et  les Éditions Persée pour ce partenariat, une chance qui m’a été offerte de découvrir ce livre.

Ce qui m’a en priorité attiré dans le choix de ce livre, c’est le résumé. Je trouvais le sujet intéressant, d’autant plus que l’auteur est un homme. Je m’attendais à une réflexion sur les années qui passent, le corps qui s’étiole, tous les questionnements que cela peut engendrer, les désirs que cela ravive, notamment l’envie de plaire, etc.. Mais très vite, dès le premier chapitre, en fait, on apprend ce qu’est ce brutal événement qui a bouleversé sa vie et dès ce moment, la lecture de ce roman change totalement!
Ce que le résumé ne dit pas non plus et qui m’a étonné, mais ravi, est que l’histoire est morcelée entre deux personnages: Christine et Richard qu’on suit alternativement à chaque chapitre. J’ai eu une nette préférence pour les parties où l’on retrouve l’homme. Je m’attendais à une réflexion plus poussée chez l’héroïne. J’ai trouvé que le sujet était traité relativement superficiellement, mais je trouve que c’est un bon point: la vie quotidienne de Christine est tellement lourde que ça aurait pu alourdir le récit, ce n’était pas le cas-là; de plus, j’ai trouvé qu’étrangement, en quelques mots, l’essentiel était dit, ça a même réveillé quelques réflexions de mon côté: pourquoi ? comment ? – je ne peux malheureusement les exprimer sans spoiler un bon bout du bouquin.
L’histoire en elle-même était un peu prévisible, mais comme il est dit plus haut, l’intérêt de ce livre en est le cheminement. Une série de coïncidences réunit les différents personnages à tour de rôle, ça pourrait être trop gros, mais c’est tellement bien ficelé, ça s’imbrique tellement bien que ça parait plausible. Par contre, il se passe beaucoup de choses en relativement peu de temps, c’était un peu épuisant, tout en avivant cette envie de continuer la lecture et de découvrir ce que nous réservait encore l’auteur.

J’ai bien aimé ce livre: la lecture en est fluide et rapide; même si le fort contraste entre la narration et les dialogues m’a grandement étonné. Le récit est plus ou moins léger alors que les joutes verbales sont beaucoup plus soutenues.
J’ai passé un bon moment tout au long de cette lecture, j’ai apprécié les personnages principaux, un peu moins certains secondaires mais ils donnaient du piment à l’histoire donc ça passait bien.
Seule la fin m’a énervée. On attend une révélation dès le premier chapitre. On l’obtient dans les dernières pages et j’ai juste trouvé ça horripilant. (Rectification suite au premier commentaire de Dynou très juste: c’est la révélation que j’ai trouvé horripilante, pas le fait qu’elle vienne à la fin )
Mais si on exclut ce petit détail, le reste est sympathique.