Gokinjo, une vie de quartier 1 – Ai Yazawa

Gokinjo 1Titre: Gokinjo, une vie de quartier 1
Auteur: Ai Yazawa
Éditeur: Delcourt
Nombre de pages: 198
Résumé:
Mikako et Tsutomu sont amis d’enfance, ils habitent le même immeuble, fréquentent le même lycée d’art : l’Académie Yazawa. Mikako rêve d’ouvrir sa propre chaîne de boutiques de vêtements ! Quand un soir Tsutomu rentre chez lui accompagné d’une fille, le cœur de Mikako vacille… Quel est ce sentiment ? Malgré les sous-entendus de sa copine Risa, Mikako ne comprend pas…

J’ai lu ce manga dans le cadre du baby challenge Livraddict.
J’ai eu un peu de mal à me faire aux dessins: ils ressemblent pas mal à ceux d’un manga que j’ai beaucoup aimé nommé Nana (normal, vous me direz, la mangaka est la même) mais en plus vieux. Déjà la qualité du papier n’est pas terrible, genre papier recyclé et le design des personnages change plus ou moins: surtout au niveau des lèvres, un coup elles sont pulpeuses, l’autre coup à la limite de l’effacement. Je suis incapable de mettre le doigt sur ce qui me gène, mais mon regard s’arrête systématiquement sur les lèvres, j’en déduis donc qu’il y a un truc qui me dérange avec. Et je ne parlerai même pas des membres qui sont plus des bâtons d’allumettes que des jambes ou des bras. Ce qui me fait toujours rager quant à l’image que cela donne aux jeunes.

Gokinjo 1 extrait

Pour l’histoire, c’est très loin d’être original: deux adolescents, amis d’enfance et amoureux qui se voilent la face, des relations qui naviguent de disputes en quiproquos, des triangles amoureux qui se forment, se brisent pour se former à nouveau et autrement, etc… Gokinjo couleurJ’avoue que ce qui joue en la défaveur de ce manga est que j’ai beaucoup de mal avec le personnage principal: Mikako. Elle est chiante, susceptible, prompte à juger et se méprendre sur les gens et leurs intentions.
Sans compter que, que ce soit les événements ou les réactions des personnages, j’ai trouvé ça ultra-prévisible.

Alors replaçons les choses dans leur contexte: ce n’était pas non plus un calvaire à lire, mais ce n’était pas non plus un chef-d’œuvre. Ça a passé le temps… sans plus.

Je passe à 12/20.
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La grammaire est une chanson douce – Erik Orsenna

La grammaire est une chanson douce - Erik OrsennaTitre: La grammaire est une chanson douce
Auteur: Erik Orsenna
Éditeur: Editions Stock
Nombre de pages: 136
Quatrième de couverture:
« Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
– Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
– Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

Comme Lulu La Tortue vous l’a annoncé dans le premier article de septembre, nous avons décidé d’écrire nos articles en fonction du thème du mois, cette fois-ci, la rentrée est à l’honneur.
J’ai donc choisi ce livre en fonction du titre. Je ne savais absolument pas ce que ça allait donné ni même si cela collerait réellement avec le thème, maintenant, je peux affirmer que si.

La quatrième de couverture ne nous donne que peu d’indice quant à l’histoire, par contre, on peut clairement se faire d’ores et déjà une idée sur le style de l’auteur, c’est aussi agréable à lire du début à la fin. Voici un petit résumé fait maison: Thomas et Jeanne se retrouvent naufragés sur une île suite à une tempête. Ils ont perdu leurs mots et ne peuvent donc plus parler. Ne sachant que faire, ils sont rapidement trouvés et recueillis par monsieur Henri et son neveu qui feront leur possible pour les aider à recouvrer la parole,Thomas grâce à la musique, Jeanne grâce à la grammaire.
Autant vous dire qu’on suit la jeune élève de 6ème et ça a été un réel plaisir. J’ai un peu cherché sur le net des images contenues dans le livre et je suis tombée sur le site consacré à ce livre, j’ai envie de vous en partager le lien parce que je le trouve très bien fait et intéressant:
http://www.erik-orsenna.com/grammaire_bienvenue.php

Ce livre m’a grandement parlé: je suis depuis la rentrée dans les révisions de CE1-CE2 avec mon fils. Et si les deux années précédentes ont été un calvaire, grammaticalement parlant mais pas que, les quelques semaines passées à réapprendre tout ce qu’ils ont à peine survolé l’an passé, ont été bien plus agréables. Mais j’ai pu constater que les bases acquises récemment étaient parfois fragiles : du coup, je lui ai lu quelques passages de ce livre qui l’ont fait rire et ça n’a fait qu’asseoir certaines connaissances, comme l’article et sa clochette annonçant le genre ou l’accord du nom avec l’adjectif. Je pense que je lui lirai encore un ou deux passages, notamment celui sur le temps des verbes qui est très bien expliqué sans être ennuyeux.

Ne rêvons pas, ce n’est pas un livre de grammaire, ça n’en explique que quelques bases mais de façon très poétique, un peu plus ludique. Ça peut réconcilier certains jeunes avec la grammaire, mais aussi certains parents. Le point qui m’a semblé le plus important, c’est que pendant toute l’histoire, on ne perd pas de vue l’importance qu’ont les règles de grammaire dans une langue quelle qu’elle soit, chose qu’on a parfois tendance à oublier.

Mais en dehors de la grammaire, c’est un petit conte frais, sympathique, drôle par moment et tellement vraie : une leçon de vie pour petits (à partir de la 6ème, je dirai) et grands que je conseille à tous.

Elinor Jones 2: Le bal de printemps – Algésiras & Aurore

Elinor Jones 2 le bal de printempsTitre: Elinor Jones 2: le bal de printemps
Scénario: Algésiras
Dessin et couleur: Aurore
Éditeur: Soleil
Collection:
Blackberry
Nombre de pages: 48
Quatrième de couverture: Elinor ne s’arrête jamais.
On a l’impression qu’elle en oublie tout le reste et que ça la consume petit à petit, comme une étoile qui brillerait trop fort.

Je l’ai emprunté à la bibliothèque. Je l’ai depuis déjà pratiquement deux semaines, j’avais bien envie de le lire, pourtant, j’ai un peu trainé. Aujourd’hui, j’ai pris le temps nécessaire à la lecture de cette bande-dessinée et je n’en suis pas mécontente, ça m’a beaucoup plu et même davantage que le premier.

Dans ce second tome, il y a un léger changement au niveau des dessins, mais cela reste très léger: les yeux de certains personnages sont légèrement différents, un peu plus grands, les bouches par moment plus pulpeuses… Rien de suffisamment marquant pour changer foncièrement les illustrations, rendant les planches tout aussi jolies.

Elinor Jones 2aQuant à l’histoire, le début nous place dans une situation déjà entamée. C’était étrange, j’ai eu la sensation d’avoir manqué quelque chose, comme s’il manquait un bout de narration: il apparait deux personnages qu’on ne connait pas et dont on n’a jamais entendu parler auparavant, à moins que je n’y ai pas fait attention dans le premier, c’est une possibilité. Ça m’a paru tellement bizarre, que j’ai été jusqu’à vérifier à deux reprises si je lisais bien le second tome et non le troisième. Bon, très vite, une explication nous est donnée sur qui sont ces personnages, leurs liens avec la famille Tiffany et la raison pour laquelle Abel et notre héroïne se trouvent chez eux, mais sous le coup, c’était quand même un peu perturbant.

L’histoire en elle-même avance un peu. On suit l’évolution des personnages et ce, en fonction de leur caractère: les décisions stupides d’enfant gâtée de Bianca, l’obsession du travail d’Elinor, la gentillesse simpliste de Heng, etc… Une intrigue supplémentaire est mise en place, mais aucune réponse n’est apportée aux manigances lancées dans le précédant. Espérons que le troisième y répondra.

Dès le premier volume, le ton était donné, dans ce volume, on est plongé dans la même atmosphère étrange et par moment sombre. La seule grosse différence est qu’on a moins l’impression que le travail de couture des protagonistes est long, difficile et harassant. Cette fois-ci, le bal de printemps tient une place plus importante que ne l’a été le bal de l’hiver du tome précédent; de nombreuses très belles planches se succèdent nous plongeant dans cette sobre et apaisante atmosphère de fête.

Elinor Jones 2b

J’ai hâte de lire la suite, surtout qu’à la fin de ce volume est précisé que le prochain tome, le bal d’été, est le dernier !
Je l’ai emprunté aujourd’hui, il va être difficile de me retenir et de ne pas le lire immédiatement.

Roméo et Juliette – William Shakespeare

Roméo et juliette - WIlliam ShekespeareTitre: Roméo et Juliette
Auteur: William Shakespeare
Éditeur:
POCKET
Nombre de pages:
134
Quatrième de couverture:
Un drame fatal se prépare pour un couple d’amoureux nés sous la pire des étoiles, et rien, sinon leur mort,
n’apaisera la haine inexpiable que se vouent leurs
nobles familles. Ballet, opéra, chanson, cinéma : les enfants de Vérone, instantanément envoûtés par leur réciproque beauté, ont fait le tour du monde. Juliette est victime de son innocence et de sa pureté ; Roméo, de sa fougue. Autant que la rivalité de leurs parents, c’est le destin qui entraîne leur séparation, un mauvais sort fait de hasards, d’accidents et de malchances.
Par la grâce du génie poétique de Shakespeare, le succès de Roméo et Juliette ne s’est jamais démenti. Dans une harmonie de rêve, ces amants adolescents incarnent toute la tragédie de la jeunesse révoltée au nom de l’amour contre le
conformisme et la stupidité du monde adulte.

Qui ne connait pas cette superbe histoire d’amour ? Comme une majorité de gens, je la connaissais que ce soit par des films, ou même la lecture de scènes  célèbres genre « Roméo! Ô Roméo! Pourquoi es-tu Roméo?… » On me bassine depuis si longtemps avec cette histoire que je n’ai jamais eu envie de lire cette pièce. J’ai bien lu Macbeth et Othello de cet auteur que j’avais bien aimé, mais c’est à peu près tout. Puisqu’il est dans la liste Baby-Challenge Livraddict, c’était l’occasion ou jamais de lire ce livre pour m’en faire ma propre opinion… Je savais que je le finirai rapidement au vue du nombre de pages mais je craignais de m’y ennuyer ferme; en réalité, je fondais tous mes espoirs sur les entre-scènes que je ne connaissais pas et qui liaient les passages célèbres entre eux.

William Shakespeare - Roméo et JulietteParlons-en de ces fameuses scènes. Elles sont aussi belles que tout ce qu’on a pu en lire, pleine de naïveté et de superficialité mais belles malgré tout. Par contre, elles ne présentent pas Roméo tel qu’il est réellement; on me l’a dépeint pendant des années comme un jeune homme fort que seule la mort de Juliette a pu ébranler… mais non je l’ai trouvé très immature, plus d’une fois, on lui dit de se comporter comme un homme parce qu’il se comporte comme un enfant pleurnicheur et irréfléchi. Alors que Juliette, qu’on fait passer pour une pauvre jeune fille fragile est en réalité forte, réfléchie et ne correspond pas aux vulnérabilités qui composent le caractère des femmes -d’après le descriptif qu’en fait Shakespeare via plusieurs propos lancés par des personnages secondaires…

Je suis ravie de l’avoir lu… je ne m’attendais pas du tout à ça ! De ce que je me rappelle d’Othello ou Macbeth, les dialogues étaient très soutenus, un langage relativement châtié. Là, les propos des jeunes m’ont autant surprise que choqué, j’ai trouvé leur langage outrancier pour  le milieu dans lequel ils vivent… Lorsque  Mercutio sort: « cet amour grognon n’est qu’un grand nigaud qui s’en va, tirant la langue, et cherchant un trou où fourrer sa… marotte. » J’avoue que ça m’a laissé sans voix et ce n’est pas la seule phrase qui m’a fait cet effet! Cependant, il n’y a pas que les propos des jeunes gens au sang chaud qui m’a interloqué, ceux du père Capulet ne sont pas mieux: non seulement il appelle à tout-va ses domestiques marauds -ce qui n’est pas poli mais peut passer-, mais il n’hésite pas à insulter sa fille en la traitant de bagasses (qui signifie putain), ce n’est pas rien !

Romeo + JulietAvant la lecture de cette pièce, j’aimais beaucoup le film Roméo + Juliette de baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes. Je trouvais juste que le côté dépravé des personnages étaient trop poussés… Maintenant que j’ai terminé cette pièce de théâtre, je n’en aime que davantage ce film. Je le trouve plus proche de ce que j’en ai lu et plus d’une fois au cours de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher d’y penser plus d’une fois .

Donc, en conclusion, j’ai vraiment beaucoup aimé pour tout ce que je n’en connaissais pas autant que pour ce que j’en savais. A lire absolument, juste pour pouvoir se faire sa propre opinion sur cette histoire mythique! 🙂

Je passe à 10/20.
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Le Sang des 7 Rois – Livre deuxième – Régis Goddyn

Le sang des 7 rois 2Titre: Le Sang des 7 Rois, livre deuxième
Auteur: Régis Goddyn
Éditeur:
LAtalante
Collection:
La dentelle du cygne
Nombre de pages:
400
Quatrième de couverture:
– Tu n’es pas une fille Rosa, tu es un miracle. Fernest se pencha et cueillit une petite fleur qu’il lui glissa dans les cheveux.
– Pourquoi m’aimes-tu?
– Je t’aime… parce que tu en as besoin.
– Ce n’est pas une raison.
– Alors je t’aime parce que j’en ai besoin.
Rosa essaya de voir les voyageurs en contrebas. Ils étaient trop loin, et dissimulés par le relief. Elle ferma les yeux et sentit leur présence, leurs émotions, leurs douleurs et leurs peines. Elle s’écarta pour regarder Fernest, puis elle détourna le regard comme pour se mesurer au glacier, colossal nuage pétrifié sur le flanc de la crête. Elle resta ainsi longuement avant de reprendre la parole.
– On ne m’a jamais aimée, Fernest.

J’attendais avec beaucoup d’impatience ce deuxième livre de Le Sang des 7 Rois et j’ai enfin trouvé du temps pour le lire !
Le premier avait été un coup de cœur. Pour celui-ci, j’ai énormément aimé, mais un peu moins quand même.

Pour moi, ce tome est un volume de transition parce que si la toile de fond s’est davantage dessinée, je trouve que ce n’est pas vraiment le cas des personnages qu’on a pu suivre dans le tome précédent; on chemine avec Rosa un bout de chemin, mais finalement, on l’abandonne dans la même situation qu’au départ, on n’a aucune idée de ce qui va se passer de son côté, son seul but pour le moment étant de survivre, on reste dans le flou total sur ce qui l’attend, elle mais aussi ses compagnons. Pour Orville, il y a une avancée bien plus grande dans son évolution sans être pour autant énorme: il passe à la fin du volume précédent à maître de son destin, prenant judicieusement ses propres décisions, à fugitif dans ce second tome bringuebalant au fil des événements jusqu’à ce qu’il arrive à la Cité-Vieille, tout au long de ce volume, il découvre progressivement ses pouvoirs mais aussi une toute petite parcelle du monde…
De plus, même si les deux protagonistes conservent une place prépondérante dans ce tome, on découvre toute une flopée d’autres personnages dont on ne situe que difficilement l’importance: prochainement principaux, secondaires, tierces, etc…
J’ai eu la sensation que ça partait dans tous les sens sans pour autant être brouillon, on sent que toutes les révélations sont soigneusement choisies et dévoilées au fur et à mesure pour avancer ni trop vite ni trop lentement dans l’histoire ce qui est plus qu’appréciable.
Le gros point positif est que, du coup, on découvre davantage les tenants, les aboutissants et les implications des différents groupuscules s’opposant ou s’associant les uns aux autres.
Ça ne répond pas à toutes les questions qu’on pourrait se poser, mais il y a de quoi satisfaire une partie de notre curiosité. Il reste encore bon nombre d’interrogations en suspens sans compter les points soulevés dans ce volume et qu’on doit tôt ou tard découvrir.

La lecture était très fluide, j’aime toujours autant le style de l’auteur et ça a été un réel plaisir de le retrouver. Je déplore seulement un détail et c’est le seul point noir pour moi: dans le premier, j’avais adoré le principe de passer du récit au journal d’Orville. Dans ce second volume, il y a peu d’écrits retranscrits, la première moitié du livre ne s’y prêtant que peu, c’est normal; cependant, j’avais espéré revenir à ce principe vers la fin mais j’ai été un peu déçue: il y a bien eu une ou deux amorces, mais sans plus, j’espère vraiment que ça reviendra dans la suite.
Comme je l’ai dit au début, j’ai beaucoup aimé – il s’en est fallut de peu d’être un coup de cœur, dommage !- et j’ai vraiment hâte de pouvoir lire et voir ce que nous réserve le troisième tome…