Damoclès – Fatou Ndong

damoclesTitre: Damoclès
Auteur: Fatou Ndong
Éditeur: Anyway Editions
Nombre de pages: 336
Quatrième de couverture: Madelyn Johnson, jeune afro-américaine de 17 ans pleine de vie, va malgré elle apprendre que tous les « blancs » ne sont pas tolérants face aux gens de « couleur ».
Nous découvrirons l’évolution du racisme à travers les années avec les combats de Malcom X et Martin Luther King.
Une histoire poignante qui vous poussera à réfléchir sur le racisme qui est malheureusement toujours présent de nos jours.

Dans un premier temps, je tenais à remercier Babelio pour leur masse critique aussi bien qu’Anyway Editions grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman – j’avoue que je connaissais déjà ce titre et la couverture me faisait de l’œil. Je la trouve chouette et totalement dans le thème de Damoclès.

Comme l’annonce le résumé, on suit Madelyn Johnson, une jeune fille noire qui se partage entre deux mondes : celui des « blancs » par le biais de sa mère qui travaille pour la famille Harper et dont l’un des fils est son ami (relation interdite, au passage) et celui des « noirs » avec ses amis, le quartier ou elle vit, etc.
Mais le gros point fort de ce roman est qu’on n’a pas que la vision de Maddy : on passe d’un personnage à l’autre (que ce soit le gentil Sebastian, Sean le raciste, Paul ou Meggie Harper avec leur comportement typique des américains blancs vivant dans le Mississippi, etc.) ; chaque chapitre est annoncé par le nom du héros qui va parler et le récit se fait à la première personne comme c’est le cas pour un journal intime ; chacun nous raconte les événements et la façon dont ils les ont vécus – ce qui nous donne un point de vue différent parfois sur un même passage. C’est un peu déroutant par moment et cela demande de la concentration pour passer de l’un à l’autre facilement mais c’est plaisant d’avoir l’avis de tous, blancs comme noirs, chaque partie s’affrontant de manière différente : l’une haineuse ou indifférente à la ségrégation raciale, l’autre soumise mais de moins en moins.
C’est difficile d’en parler parce que le roman ne s’arrête pas à une seule opinion, les personnages ne sont pas manichéens, ils sont gris si  j’ose dire et le bien et le mal se côtoie dans chacun (que ce soit l’étroitesse d’esprit, la jalousie, la compréhension, l’amour, etc.)

Dans la première moitié, j’ai trouvé que l’histoire était moins sombre que ce à quoi je m’attendais, principalement parce que je n’ai pas vraiment eu peur pour Madelyn ; on y vit les événements racistes qui touchent la population noire de loin, que ce soit dans les souvenirs des Johnson, ou de par les yeux de Sean que cela amuse.
Par la suite, et j’entends par là dès le moment où la mère de Maddy est prise à partie, l’ambiance devient beaucoup plus stressante, et à partir de cet événement, le ton est plus glauque et on craint pour la vie des personnages. Il m’a été très difficile d’arrêter ma lecture dans la seconde moitié du récit.
J’ai également apprécié deux détails d’importance : tout au long du roman, on a droit à des parties de discours de Malcolm X, de Martin Luther King ou de Medgar Evers – trois piliers de la lutte anti-discrimination, personnellement, j’ai découvert le dernier que je ne connaissais pas même de nom. Mais également des extraits de textes issus d’arrêtés de la loi Jim Crow promulguant la ségrégation raciale. C’était très intéressant.

Bref, si le début m’a laissée perplexe, j’ai adoré la seconde moitié, et je ne parlerai pas de la fin qui m’a laissée sans voix…

Pas Maintenant – Delphine Dumouchel

Pas maintenantTitre: Pas Maintenant
Auteur: Delphine Dumouchel
Éditeur: Anyway Editions
Format: E-Book
Quatrième de couverture: « Je voulais encore aimer, jouer,
Sauter, crier
Être un enfant. »
Une mélodie, des paroles… Mais surtout les regrets d’une vie.
William a souvent fauté par le passé.
S’engager est-il un bon choix pour se faire pardonner ?

Je me serais bien achetée cette petite nouvelle en version papier, seulement, elle n’existe qu’en version e-book. La raison en est simple, comme beaucoup de nouvelles, elle est courte, ce qui explique également son petit prix (0,99€)

Cela faisait un moment que je voulais le lire, la couverture me plaisait bien, et j’ai vu passer un certain nombre d’avis plus que positif. Et c’est là que généralement, je suis déçue par ma lecture, pas cette fois ! Ça a été une très bonne découverte, d’autant plus que cela fait pas mal de semaines que je suis en panne livresque et ça a débloqué quelque chose rendant mes lectures en cours moins dures.

Ce que j’ai aimé :
– Il se lit super bien et super TROP vite, il est particulièrement addictif, j’ai eu beaucoup de mal à m’interrompre la nuit dernière alors que la fatigue était bien présente.
Le personnage principal William est travaillé et complet : en peu de mots, l’auteure parvient à nous dépeindre l’état d’esprit de son héros mais également ses motivations – alors pas forcément tout son caractère, mais le principal, celui qui l’amène à sa chute. J’ai été bluffé, je pensais que ce serait plus superficiel.

Le seul point négatif est qu’elle est trop courte, on a à peine le temps de se délecter du style d’écriture de l’auteure que c’est déjà terminé.

J’ai adoré cette lecture, je suis à deux doigts du coup de cœur (il ne manque qu’un peu plus de longueur).

Aucun homme ni dieu – William Giraldi

Aucun homme ni dieuTitre: Aucun homme ni dieu
Auteur: William Giraldi
Éditeur: J’ai Lu
Nombre de pages: 320
Quatrième de couverture
: Le premier enfant disparut alors qu’il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit – nul cri, d’homme ou de loup, pour témoin.
Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pliée dans la poche de sa veste, il se sent épié. Dans la cabane des Slone, il écoute l’histoire de Medora : les loups descendus des collines, la disparition de son fils unique, la rage et l’impuissance. Aux premières lueurs de l’aube, Core s’enfonce dans la toundra glacée à la poursuite de la meute. La quête peut alors commencer.
Aucun homme ni dieu nous entraîne aux confins de l’Alaska, dans cette immensité blanche où chaque corps qui tombe, chaque cri, semble absorbé par la splendeur silencieuse de la nature. Un roman envoûtant, poétique, inoubliable.

Je tiens avant tout à remercier pour ce partenariat Babelio et sa masse critique, ainsi que les éditons J’ai Lu.
Lorsque j’ai découvert le résumé de ce roman, j’étais assez curieuse de voir ce qu’un tel récit pouvait donner. Serait-il vraiment envoûtant, poétique et inoubliable ?

Je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire. Le style d’écriture de l’auteur m’a grandement surprise : il parvient à décrire merveilleusement les décors glacés d’Alaska sans aucune longueur, il y mêle admirablement des mythes issus du village Keelut, j’ignore totalement s’il s’est inspiré de légendes yupiks (indigènes vivants sur les côtes sud-ouest de l’Alaska) existantes ou s’il les a inventés, en tout cas, le résultat en est magnifique. Je me suis laissée emportée avec plaisir dans ces contrées gelées.
Sans compter que l’auteur a réussi à me surprendre sur pratiquement tous les points. Tout en étant cohérents, les retournements de situation m’ont étonnée ce qui est plutôt rare. Un excellent point !

Par contre, pour les personnages, j’ai eu bien plus de mal.
On commence par suivre Russell Core qui répond à l’appel de Medora Slone, puis mène son enquête à travers les plaines glacées en pourchassant les loups responsables de la mort de l’enfant.
Des moments entrecoupés par la vie de Vernon Slone, papa du petit disparu, au front : j’ai détesté ces parties-là, non pas en raison des horreurs décrites, mais à cause de l’homme en lui-même… il est une coquille vide, sans aucune émotion, alors ce n’est pas que c’est désagréable, c’est juste inintéressant. J’ai nettement préféré le passage avec le vagabond, ça m’a vraiment prise aux tripes.
Par contre, j’ai beaucoup aimé Russell, il a tout compris des hommes comme des loups (des animaux que j’adore, c’était donc un plaisir de lire ce qu’il en savait, de démonter les mythes de tueur cruel… non, juste des meutes affamées qui survivent comme elles peuvent dans un monde qui les accule), le souci, c’est qu’on ne le voit pas assez. C’est dommage !

En conclusion, j’ai relativement bien aimé cette lecture, elle était intense, noire, parfois glauque.

La nostalgie heureuse – Amélie Nothomb

La nostalgie heureuse - Amelie NothombTitre: La nostalgie heureuse
Auteur: Amélie Nothomb
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 156
Quatrième de couverture:
« Tout ce que l’on aime devient une fiction »

Jusqu’à présent, j’avais toujours refusé de lire du Amélie Nothomb.
Pourquoi ?
Pour une raison très simple, lorsque j’étais en fac de japonais, une de mes enseignantes l’avait citée en expliquant vaguement que les japonais détestaient ses romans. A partir de là, j’ai voulu me faire ma propre opinion : je connaissais l’auteure de nom, son visage également, je n’avais jamais rien lu d’elle, elle n’était pas étudiée en cours – et ce ne sont pas mes deux ans en lettres modernes qui ont pu me faire découvrir des auteurs contemporains, les récits les plus récents remontés à 1950… c’est hyper moderne !

Bref, j’étais bien décidée à l’époque à découvrir la raison pour laquelle les japonais ne l’aimaient pas : était-ce réellement parce qu’elle utilisait des noms nippons comme elle l’entendait, peut-être que le fait que ce soit une européenne qui parle du Japon avec une façon de pensée occidentale ne plaisait pas – moi, c’est ce que je redoutais, je préfère nettement lorsque les japonais racontent leur propre pays et leurs coutumes -en bien ou en mal peu importe.
Mais rien de tout cela ne m’a empêchée à l’époque de découvrir ses œuvres : ce qui m’a bloquée, ce sont les couvertures de ses livres. L’auteure y était omniprésente, ça m’a donné une impression de narcissisme et j’ai refusé de lire quoique ce soit venant d’elle.

Mais je pars du principe qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Je viens donc de lire La nostalgie heureuse d’Amélie Nothomb.
Comment dire… je pense que je n’ai pas fait le bon choix. Déjà c’est une autobiographie… une de plus, elle en a quand même écrit un certain nombre de ce que j’en ai vu et découvert dans ce roman – à se demander combien de vie elle a vécu. Elle parle pas mal d’elle, de son passé et de ses œuvres – normal pour une autobiographie.
J’ai d’ailleurs découvert que le dernier de ses livres à avoir été publié au Japon était Stupeur et Tremblements avant un trou de 10 ans ; ah, finalement y avait peut-être du vrai dans ce que disait ma prof !

Je ne vais pas m’étendre dessus, je n’ai pas aimé : cette lecture a renforcé cette sensation de narcissisme que les couvertures me donnaient et l’auteure a beau dire qu’elle doute d’elle, qu’elle n’est pas exceptionnelle, certaines de ses pensées couchées sur papier contredisent cette fausse modestie, genre quand elle explique qu’elle a reçu une lettre de ses lecteurs annonçant qu’ils avaient donné le nom d’un de ses personnages à leur enfant parce qu’ils trouvent son univers génial… Okay, j’ai compris…
A côté de cela, je ne peux pas non plus dire que j’ai détesté : j’ai apprécié son style d’écriture mais sans plus. L’impression dominante reste assez négative mais je pense que j’essaierai un autre de ses romans histoire d’être définitivement fixée.

Challenge ABC2015Je passe à 19/26

Voyage, voyages – Laurent Graff

voyage, voyages - Laurent GraffTitre: Voyage, voyages
Auteur: Laurent Graff
Éditeur: J’ai Lu
Nombre de pages: 119
Quatrième de couverture
:  » Mon existence n’aura été jusque-là qu’une longue période de gestation. Mon départ rompra la chrysalide et sonnera l’avènement d’un Patrick inédit. Je lancerai des sourires charmeurs aux filles, qui me le rendront bien.  »
Le projet de Patrick Perrin : quitter enfin Caen pour parcourir le vaste monde. Il commence par s’acheter une belle valise. Au fil des années, il la remplit et se protège contre les maladies… mais la destination de son voyage lui fait encore défaut. Ce projet est celui de sa vie, remplie par son travail de croupier, sa maîtresse exotique et son voisin alcoolique. Avec beaucoup d’humour, Laurent Graff nous laisse ici un message d’espoir : il est possible de réaliser son rêve le plus cher même après une vie frileuse…

Ce récit se compose en 5 parties.
La première se déroule sur une année. C’est cette première année dont il est fait allusion dans le résumé, celle où il s’achète une valise coquée, un livre pour le voyage parce que les gens qui voyagent ont toujours avec eux une lecture, un joli costume en lin. On suit donc Patrick entre son travail, sa liaison avec une thaïlandaise mariée, son voisin alcoolique, son médecin qui le vaccine pour tout et n’importe quoi et son appartement deux pièces qu’il conserve tellement immaculé qu’on douterait presque qu’il y vive. Il rêve de partir pour l’étranger mais il ignore totalement sa destination et je n’ai pas eu l’impression qu’il la cherchait réellement : il prend des catalogues de voyage mais ne les ouvrent pas, il ne se renseigne nullement ni sur un pays quelconque ni même sur un continent. C’est la partie où l’on apprend à connaître le protagoniste et je m’y suis rudement ennuyée : les raisons qu’il donne sont justes, parfaitement compréhensibles mais il piétine, ça n’avance pas, l’histoire tourne en rond, son but sonne faux, je n’ai même pas eu la sensation qu’il rêvait réellement de partir, c’est une idée comme une autre : ça ou aller manger une crêpe, c’est kif-kif.

La seconde partie est déjà un peu plus intéressante :  6 ans ont passé, Patrick s’est fixé le but d’économiser suffisamment pour pouvoir vivre de ses rentes à l’étranger et il mène ce projet de front.
Dans la troisième partie, quelques années sont encore passées, des changements radicaux s’opèrent autour de lui qui ne sont pas de son fait : changement de patron, vente de son appartement.
La quatrième partie est sûrement la plus sympathique : Patrick a réussi à concilier son rêve sans pour autant quitter Caen. Par contre, j’ai trouvé que la note d’espoir était tout aussi frileuse que la vie du héros…
Enfin, la dernière partie nous apprend que tout ce que nous avons lu était le journal du personnage principal et on découvre ce qu’il est advenu de son ancienne maîtresse, entre autre.

Le début m’a réellement posé problème, j’ai trouvé le personnage principal antipathique et ennuyeux ; c’est une impression que j’ai conservée tout au long de ma lecture alors que dès la seconde, on le découvre totalement différent, les années passées et plus mûr, mais je suis restée sur mon sentiment de départ et n’ai réussi à m’attacher au héros qu’à la fin… c’était un peu tard.
Une lecture un peu décevante au final.