Pourquoi la carapace de la tortue…? – Mimi Barthélémy & Benjamin Lacombe

Pourquoi la carapace de la tortue... - Benjamin LacombeTitre: Pourquoi la carapace de la tortue…?
Texte: Mimi Barthélémy
Illustrations:
Benjamin Lacombe
Éditeur: Seuil Jeunesse
Nombre de pages: 14
Quatrième de couverture:
Pourquoi la carapace de la tortue n’est-elle plus lisse du tout du tout? Moi, ce que je peux vous dire, c’est que si Titotu n’avait pas été aussi gourmande, toutes les tortues de la terre auraient encore la carapace lisse, lisse, lisse…

J’ai trouvé ce livre très original. Il est cartonné et le format est plus grand que ce à quoi je suis habituée, c’est du 25×35 cm. Sur les planches, il n’y a aucun texte. Je sais ce que vous vous dîtes, est-ce à nous de raconter l’histoire de Titotu la petite tortue?
Non. En ouvrant la dernière page, on retrouve un feuillet cartonné en portefeuille. C’est là qu’est conté le récit: 6 numéros, 6 textes; un pour chaque double planche. Ça permet de montrer les illustrations aux enfants et de lire facilement l’histoire sans tordre la tête ou devoir remettre les mots à l’endroit, puisque d’habitude, je lis les histoire par le haut, ce qui n’est pas toujours très aisé.

Titotu est toute mimi. Son aventure est très courte, peut-être même trop, mais tout y est dit; la fin est sympa et rappelle aux enfants à quel point la solidarité peut être importante dans une « société ».
J’ai été surprise de découvrir que derrière les dessins se cachait Benjamin Lacombe; je n’aurai jamais reconnu son style: j’ai cherché un détail qui me permettrait de faire le rapprochement et je n’ai trouvé que les ailes bleutés des papillons qui me font beaucoup pensé à ceux de Madame Butterfly et qu’on retrouve aussi dans pas mal d’autres illustrations de ce que j’en ai vu en fouillant sur le net.

J’ai beaucoup aimé, c’était une lecture simple, une lecture douce: un agréable moment passé avec les petits bouts.

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Rouge Gorge ou comment le feu est venu au monde – Pierre Delye & Martine Bourre

Rouge Gorge - Pierre Delye - Martine BourreTitre: Rouge Gorge ou comment le feu est venu au monde
Texte: Pierre Delye
Illustrations:
Martine Bourre
Éditeur:
Didier Jeunesse
Nombre de pages:
36
Quatrième de couverture:
Un conte éclairant et tendre
pour nous dire pourquoi et comment
un petit oiseau est devenu ce qu’il est
en nous aidant à devenir ce que nous sommes.

Aujourd’hui, c’est mercredi, parlons peu, parlons bien, parlons enfants !
J’ai découvert ce livre grâce au panier emprunté à la médiathèque: Des pourquoi et des comment.
Je n’étais pas très enthousiaste au vu des planches qui sont loin d’être traditionnelles: l’illustratrice a utilisé beaucoup de matériaux différents pour créer son univers, ses personnages ou ses décors que ce soit de la laine, du tissus, du carton, des boutons, des perles à repasser, etc… Ça a dû demander énormément de travail et si le rendu d’un premier abord semble étrange et pas trop attirant, les détails rendent finalement les illustrations absolument géniales.
J’ai trouvé intéressant le choix des matériaux utilisés, quant aux couleurs aussi vive que chaleureuse, elles participent à la beauté de cet album car je le trouve indéniablement beau.

Rouge Gorge 1

Pour l’histoire, elle est juste magnifique. Certains textes m’ont énormément touchés surtout la fin que je ne dévoilerai pas. Mais voici un petit extrait:

Cela s’est passé au tout début du monde.
Tout n’était pas comme maintenant.
Forcément. La vie aime trop le changement
pour pouvoir s’en passer.
Au commencement, il y avait des animaux.
Des animaux qui étaient moches…
Moches et surtout mal fichus !

C’est l’histoire d’un oiseau qui, touché par la détresse de ces animaux moches et mal fichus dont les autres se moquent parce qu’ils sont différents, décide de les secourir et va demander assistance à l’être le plus fort qu’il connaisse: le soleil. Cette aventure va transformer ce petit volatile et lui permettre de devenir ce qu’il doit être tout en aidant les faibles à se réaliser.

Rouge-Gorge 2

J’ai adoré. C’est un très beau récit. L’étrangeté des illustrations participe indéniablement à me la rendre attachante, mais surtout, l’histoire me parle. Je la trouve criante de vérité. Tout y est dit en très peu de mots. Quant aux enfants à qui je l’ai lu, ils ont tout autant aimé que moi. Je ne les ai pas entendu une seule fois, ils étaient pendus à mes lèvres, ce qui est suffisamment rare pour le souligner.

Pourquoi le lièvre fait des bonds

Pourquoi le lièvre fait des bondsTitre: Pourquoi le lièvre fait des bonds
Texte: Albéna Ivanovitch-Lair & Annie Caldirac
Illustrations:
Merel Eyckerman
Éditeur:
Tourbillon
Collection:
TAM-TAM du monde
Nombre de pages:
24
Quatrième de couverture:
Un jour, le lièvre et la gazelle décidèrent qu’ils allaient changer le monde. Ils se mirent en route pour annoncer leur décision aux animaux de la savane.
Bientôt, tous les animaux, à plumes, à poils, les reptiles et les insectes se regroupèrent autour d’eux.
Le lièvre exposa alors son projet :  » Voilà, pour que tous les animaux puissent vivre tranquilles, je propose que nous ne mangions plus de viande ! Ainsi, plus de prédateurs ! Plus de gibier ! « .
Mais cette idée ne fit pas le bonheur de tous…

Ce livre fait partie du panier Des Pourquoi et des Comment. Je l’ai lu il y a déjà quelques jours, mais je n’arrivais pas à me décider à écrire ma chronique dessus. Je ne voyais pas quoi dire dessus et je ne vois toujours pas, mais il est temps que je me lance.
L’histoire ne m’a pas plu: je me suis demandée tout le long où cela allait nous mener. J’ai trouvé que c’était long et redondant. Le récit n’est qu’un prétexte pour arriver à une fin qui donne la sensation de ne sortir de nulle part. On n’a aucune explication sur la raison réelle qui pousse le lièvre à faire des bonds plutôt que des pas, on n’a que la version des autres animaux qui se sentent floués. Je me suis sentie comme eux, trompée par ce petit mammifère qui retourne toute la savane pour un résultat égal à zéro… Les dessins sont simples et un peu étranges. Je n’ai pas réussi à accrocher. Les enfants ont tenté en cherchant les animaux cités dans le texte parmi les illustrations, mais ceux qui les intéressaient vraiment, les petits, n’étaient pas présent.
Bref, je n’ai pas aimé, les gosses pas plus que ça non plus. L’histoire n’a été qu’un prétexte pour une finalité qui m’a semblé incohérente pour la simple et bonne raison que pas un seul indice n’est distillé dans le texte permettant d’envisager ne serait-ce qu’un minimum cet aboutissement.

Je suis une lionne – Sandrine Beau & Gwenaëlle Doumont

Je suis une lionneTitre: Je suis une lionne
Texte & Illustrations: Sandrine Beau & Gwenaëlle Doumont
Éditeur:
Philomèle
Nombre de pages:
28
Quatrième de couverture:
En vrai, Louise est une lionne, la reine de la savane.
Personne ne semble comprendre sa vraie nature.
Pas de quoi décourager Louise, cependant !

Je remercie énormément l’équipe de Babelio ainsi que les éditions Philomèle qui m’ont permis de découvrir cette sympathique histoire grâce à la Masse Critique Babelio du 24 octobre dernier.
J’avais grandement envie de lire cet album parce que la quatrième de couverture faisait écho au comportement de ma fille: j’avais l’impression que l’histoire parlait de ses réactions et ce n’était pas qu’une impression.

C’est le récit d’une petite fille incapable de se tenir droite, toujours en mouvement… Une bonne partie de ce livre nous présente ce que les proches de l’héroïne souhaiteraient qu’elle soit (« Maman voudrait que je sois comme ça » – l’image d’une petite fille modèle – « Moi, je suis comme ça. » – Tête à l’envers, jupe tombant sur sa tête et culotte à l’air). En effet, une scène très parlante… mais pratiquement toutes le sont. J’avoue que la scène qui m’a fait le plus éclater de rire c’est lorsqu’on passe à la maîtresse et ce qu’elle voudrait… L’image est très explicite et je pense qu’au début, beaucoup de jeunes enfants au CP doivent être comme ça, du moins au début.
Ma fille s’est totalement retrouvée dans cette histoire, et j’ai pu la charrier pendant qu’elle éclatait de rire et minaudait sur le fait qu’elle n’était pas comme ça… Mais bien sûr, ma chérie, même toi, tu n’y crois pas !

Je suis une lionne -à l'école

Les dessins sont drôles et donnent l’impression d’être fait à la va-vite, un peu brouillon, comme le caractère du personnage principal. J’ai trouvé que ça s’accordait parfaitement avec l’histoire. Il n’y a que peu de couleur et principalement quelques objets en rouges qui attirent l’attention, ou la détourne?

Pour moi, ça a été un vrai coup de cœur. Il était beaucoup plus amusant que ce à quoi je m’attendais, j’ai passé un très bon moment et la fin -l’avant-dernière planche surtout- m’a beaucoup touché.

Comment les hommes ont retrouvé le feu

Comment les hommes ont retrouvés le feuTitre: Comment les hommes ont retrouvé le feu
Texte: Albéna Ivanovitch-Lair & Annie Caldirac
Illustrations:
Mélisande Luthringer
Éditeur:
Tourbillon
Collection:
TAM-TAM du monde
Nombre de pages:
24
Quatrième de couverture:
D’après une légende des Indiens d’Amérique du Sud.
Au temps où les animaux et les hommes parlaient ensemble, Joäo et Liana, un couple de perroquets, vivaient près d’un village.
Un matin, un terrible désastre frappa les humains. Le feu avait disparu !
L’obscurité enveloppa la forêt, les femmes ne pouvaient plus cuisiner, les enfants pleuraient et les fauves approchaient. « Je vous rapporterai le feu ! », annonça l’oiseau.

J’ai été surprise en ouvrant les premières pages de constater qu’il y avait énormément de texte. Alors d’accord, c’est écrit gros, mais sous le coup, ça surprend. Du coup, j’ai trouvé l’histoire drôlement complète et j’en ai apprécié chaque phrase.
J’ai eu un peu de mal à me faire au style de dessin, ça me fait un peu penser à certains dessin-animés pour enfants américains comme la famille Delajungle ou les Razmokets et j’ai beaucoup de mal à en apprécier les illustrations. Par contre, ça a bien fait rire les petits. Les couleurs sont parfois sobres, parfois vives, et le contraste est assez bizarre…
J’ai beaucoup aimé l’histoire. Elle est très sympathique. étant plus ou moins longue, on a le temps de faire le tour des faits et des différents protagonistes, passant du camp des humains à celui des animaux et notamment des vilains caïmans. Le récit n’est pas super moralisateur et permet aux petits de faire des liens logiques: s’il n’y a plus de feu, on ne peut plus rester autour du foyer le soir, les animaux dangereux peuvent approcher, etc…
Un récit complet qui apprend aux enfants que la ruse et le courage valent autant si ce n’est plus que la force.
Bref, j’ai vraiment bien aimé, les enfants également, je les ai senti vibrer au fur et à mesure de la lecture avec leur Oh ! Ah ! offusqués, paniqués ou satisfaits !