Le Roi des Méduses – Thierry Ségur et Igor Szalewa

Le Roi des Méduses - Ségur et SzalewaTitre: Le Roi des Méduses
Scénario: Igor Szalewa
Dessin: Thierry Ségur
Éditeur: Delcourt
Collection: Conquistador
Nombre de pages:
70
Résumé:
Une nuit, la fille aînée d’un pécheur, double parfait de la défunte sultane, est enlevée par les méduses et entraînée dans le harem sous marin de leur souverain, monstrueux tyran qu’un ardent désir anime et embrase. Dès lors, le sultan, prêt à tout pour retrouver celle qui lui rappelle tant son épouse, et le roi des méduses, s’affronteront dans un duel sans merci qui mettra en danger leurs royaumes respectifs.

J’ai choisi de lire cette bande-dessinée parce que la couverture cadrait bien à mon sens avec ma vision d’un dépaysement vacancier. Et cela trouvait une résonance à mon goût avec ma précédente chronique: l’île au trésor; qui dit mer dit plage, dit chaleur, dit invasion de méduses, etc… un semblant de vacances, une sensation de légèreté !
Il est d’abord bon de préciser que cette bande-dessinée est basée sur une nouvelle de Pierre Bettencourt. Je ne connais pas du tout ce livre, donc je ne pourrai absolument pas comparer les deux.

Comme dit plus haut, la couverture m’a beaucoup accroché, mais la quatrième de couverture également: « Toutes les nuits, pour le Roi, les Méduses viennent au rivage ravir des jeunes filles à marier… » Ça m’a interpellée et j’avais envie de découvrir les raisons plus profondes de ces enlèvements, en admettant qu’il y en ait… finalement oui et non !
J’ai beaucoup aimé les dessins, ils peuvent être aussi grotesques que beaux, très onduleux, un peu comme les flots ou les bras péribuccaux et tentacules des méduses. J’ai trouvé les couleurs très chaleureuses, on peut voir beaucoup de détails dans les décors, les masques du sultan, etc… C’est très chargé sans l’être trop en fait, un choix parfait !
En ce qui concerne l’histoire, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans. J’ai trouvé que les scènes manquaient de transition, du coup, c’est la fluidité du récit qui en pâtissait. Je n’ai pas eu le temps de m’accrocher non plus aux personnages: le tyran n’était pas aussi horrible que le disait la population, pas des masses libidineux, enfin, pas plus que cela, égoïste à souhait mais à part ça; le sultan pourrait passer pour un dément obsessionnel, or, ce côté qui aurait été plus qu’intéressant n’est pas assez développé à mon sens: Lénée est sympathique, mais on reste trop loin d’elle et de ses pensées pour vraiment s’y attacher; on sent quelque chose chez le Roi des Méduses qui pourrait en faire un personnage super captivant, mais finalement il est traité trop superficiellement.
On sent une certaine pudeur posée sur les personnages et ça gâche un peu. Je ne saurais dire si ça vient de la BD ou du livre dont elle est adaptée en tout cas, c’est vraiment dommage.

J’ai quand même passé un bon moment, ça se lit bien, et se plonger dans les fabuleux dessins de Ségur est juste un bonheur ! Mais ça reste sans plus.

La maison la plus grande du monde – Leo Lionni

La maison la plus grande du monde - Leo LionniTitre: La maison la plus grande du monde
Auteur: Leo Lionni
Éditeur:
L’école des loisirs
Nombre de pages:
40
Résumé:
Quand les petits escargots ont la folie des grandeurs, heureusement qu’il se trouve quelquefois des papas escargots pour remettre les pendules à l’heure. Une maison époustouflante, gigantesque, plus belle qu’un palais, plus grandiose qu’une cathédrale ? Pourquoi pas… mais réfléchis, petit escargot. Avec une maison pareille sur le dos, pourras-tu encore bouger, manger, aller de chou frisé en chou pommelé ? Et pour mieux convaincre son petit, papa raconte une histoire exemplaire…

J’ai lu ce sympathique livre pour enfant à la puce ce soir. Elle l’a emprunté à la bibliothèque cette semaine. Je sais qu’elle aime beaucoup les escargots, donc rien de surprenant à ce que la couverture l’ait poussé à le choisir et je dois dire qu’elle a fait un très bon choix !
J’avais déjà lu et acheté de cet auteur Petit-Bleu et Petit-Jaune et malgré la simplicité de ce petit livre, mon fils avait adoré et j’aimais beaucoup le lui lire. Donc finalement, ça ne m’étonne qu’à moitié qu’il soit si bien.

Pour La maison la plus grande du monde, le texte est simple, pourtant je l’ai trouvé très agréable. Les enfants ont beaucoup apprécié. Il n’y a pas vraiment de moral, j’avoue que je cherche encore le sens de ce livre, peut-être une version  bien différente d’avoir les yeux plus gros que le ventre.
En tout cas, les paroles du papa escargot, le plus sage des escargots, résument parfaitement, et dès les premières pages, l’histoire: « Quelquefois, ce qui est petit vaut mieux que ce qui est grand. » – « Prends garde, ta maison doit rester petite et légère. »
Pour le dessin, j’ai bien apprécié le design des escargots, pas forcément la carapace – elle est jolie mais peut-être trop proche de la réalité à mon goût -, mais j’ai trouvé les corps sympathiques: ces petits points de peinture blanches sur la « chair » sombre des gastéropodes ont bien accroché mon regard; il n’y a qui me dérangent, ils ne sont pas au bon endroit, mais ça, les enfants ne s’en sont à priori pas aperçu, sinon, ils me l’auraient signalé et j’avoue que jusqu’à présent, moi non plus.

La maison plus grande du monde 2

Bref, une histoire simple et sympathique qui marque par un design singulier par certains côtés et relativement traditionnel de l’autre (légumes, coquille, etc…)
Si vous cherchez pour vos enfants une lecture fluide, rapide et agréable, je ne peux que vous conseiller ce livre.

Fullmetal Alchemist – Hiromu Arakawa

Fullmetal Alchemist tome 1Titre: Fullmetal Alchemist 1
Auteur: Hiromu Arakawa
Éditeur: Kurokawa
Nombre de pages: 184
Résumé:
En voulant ressusciter leur mère, Edward et Alphonse Elric vont utiliser une technique interdite relevant du domaine de l’alchimie : la transmutation humaine. Seulement, l’expérience va mal tourner : Edward perd un bras et une jambe et Alphonse son corps, son esprit se retrouvant prisonnier d’une armure. Devenu un alchimiste d’Etat, Edward, surnommé « fullmetal alchemist », se lance, avec l’aide de son frère, à la recherche de la pierre philosophale, leur seule chance de retrouver leur état initial. Ils commencent à enquêter sur un étrange homme, « le fondateur » qui passe pour un faiseur de miracles…

Ça fait longtemps que je devais commencer cette série, tout le monde autour de moi ne cessait de me dire depuis des années à quel point elle était bien. Je l’ai lu pour le baby challenge manga Livraddict et j’en suis bien aise. Je redoutais grandement cette lecture de peur d’être déçue. Finalement, j’ai passé un bon moment. J’ai bien rigolé, ce n’est pas du tout prise de tête, loin de là.
L’histoire n’est pas particulièrement originale, mais ça se laisse lire aisément. J’aime bien le principe de l’équivalence sur lequel repose tous les pouvoirs des alchimistes. Je ne sais pas si par la suite ce sera davantage développé, mais si c’était le cas, ça ne pourrait rendre la série que mieux.
Fullmetal alchemist 1.2
Les dessins sont relativement beaux sans être extraordinaires.
J’ai bien apprécié les personnages: Edward est certes très fort, mais il ne se prend au sérieux que lorsque cela devient vraiment dangereux, il tente de passer pour un abruti fini mais ne trompe que les idiots; Al, son frère, est pour le moment plus attachant, un homme dans un corps vide de ferraille, je le trouve plus humain que son frangin.
Quant aux histoires, elles sont relativement courtes, ont un début et, en un ou deux chapitres, une fin. Un fil conducteur apparait dès le début avec notamment l’apparition de ceux qui pourraient bien être les super-méchants et il est plus que probable qu’on les retrouve au moins un peu dans chaque volume. Sans compter la venue sur la fin des autres alchimistes, de leur « caste », bref, de personnages secondaires, quoi !

Ayant passé un bon moment, je pense que je lirai la suite et peut-être même que je prendrai le temps de regarder les animés.

Je passe à 11/20.
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L’île au trésor – Robert Louis Stevenson

L'île au trésor - Robert Louis StevensonTitre: L’île au trésor
Auteur: Robert Louis Stevenson
Éditeur: Le Livre de Poche Jeunesse
Nombre de pages: 248
Quatrième de couverture: L’aventure fait irruption dans la vie de Jim Hawkins le jour où un vieux marin balafré vient s’installer à l’auberge de ses parents. Pourquoi l’homme a-t-il peur ? Qui veut lui faire la peau ? Le secret de l’île au trésor devient bientôt celui de Jim. Sur le navire qui les mène vers le trésor, Jim et ses amis sont en grand danger. Échapperont-ils aux pirates, prêts à verser le sang pour s’emparer de l’or ?

Cette version n’est que semi-intégrale. Qu’est-ce à dire ? Simplement que certains chapitres ont été traduits entièrement et que d’autres, abrégés, ne sont que des résumés. Cela a été fait dans le but de rendre son dynamisme au récit. Personnellement, cela m’a posé de réels problèmes; déjà parce que je trouve que c’est une hérésie de tronquer des textes, aussi ennuyeux soient-ils et parce que j’estime que c’est tomber dans la facilité et à notre époque, on nous mâche quand même suffisamment de chose pour ne pas le faire aussi en littérature. Mais je m’égare, revenons à notre sujet.

Je sais que certains livres abrégés sont très bien faits. Je n’en ai pas lu beaucoup, mais je pense que ce n’est pas le cas de celui-là.
On passe de certains chapitres où le héros, Jim Hawkins, nous raconte son aventure avec des descriptions légères mais suffisantes pour nous plonger dans l’atmosphère voulue, des sentiments personnels qui rendent le héros plus humain, des dialogues intéressants sans être pompeux, un récit à la première personne du singulier – généralement, ce sont des chapitres d’une dizaine de pages, – à des chapitres où un narrateur extérieur à l’histoire sorti d’on ne sait où résume l’aventure à la troisième personne du singulier, en quelques pages -entre 3 et 5- en tronquant les descriptions qui sont, contrairement à celle de Jim, plus que succinctes, en résumant vaguement les sentiments du héros en quelques rares mots; bref, on a l’impression que dans cette version abrégée, seuls quelques dialogues sont retranscrits correctement, sans nous donner une sensation de mystification.

J’avais vraiment envie de découvrir ce roman qui a bercé un bout de mon enfance par les dessins animés et les films divers que j’ai pu voir. J’ai été déçue, j’ai l’impression d’avoir été flouée.
J’ai adoré les parties où Jim ou même le docteur Livesey étaient les narrateurs, c’était authentique. Dans ces chapitres-là, j’ai vraiment commencé à m’attacher aux personnages ou aux lieux, mais chaque fois que je commençais une réelle plongée dans l’histoire, on passait aux résumés et ça cassait autant le rythme que les sentiments que je commençais à développer.
C’est vraiment dommage, je suis sûre que c’est un livre qui a beaucoup de potentiel, mais cette version ne me convenait pas.
Si vous le lisez, je vous conseille de vérifier et de lire la version intégrale, je pense que ça en vaut le coup.

« Sur des aventures que je n’ai pas eues » – Lucien

Sur des aventures que je n'ai pas eues - LucienTitre: « Sur des aventures que je n’ai pas eues »
Auteur: Lucien
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 84
Quatrième de couverture:

Lucien, mû par le «désir de choses nouvelles», se lance dans une surprenante épopée aux confins du monde connu. Il rencontrera des femmes-vignes aussi enivrantes que des sirènes et de redoutables Cavaliers-Vautours. Avant d’être avalé par une baleine géante abritant des terres cultivées et d’étranges habitants, il participera à une guerre absurde entre habitants du Soleil et de la Lune, où s’affrontent Salades ailées, Lances Puces et Bombardiers-d’ail… Lucien, en précurseur de Rabelais, Cyrano de Bergerac et Voltaire, se moque avec truculence des travers des hommes : un grand éclat de rire!

Je voulais remercier les éditions Folio et la team Livraddict pour ce partenariat; ça a été une sympathique découverte.
Lorsque j’ai lu le résumé de ce livre, j’ai tout de suite su que je tenais à le lire. Il me semblait un peu fou et dépaysant et c’est ce que je cherchais dans cette œuvre, quelque chose de frais pour un été qui s’annonçait caniculaire.

Je n’ai été qu’à moitié déçue: le petit grain de folie est loin d’être aussi poussé que ce que j’espérais, mais il tient ses promesses quant à un dépaysement total. J’ai beaucoup aimé voyager avec le narrateur et son équipage sur leur navire flottant puis volant.
Il n’y avait que peu de descriptions, au vue du nombre de pages rien d’étonnant, pourtant, l’essentiel est dit: on peut ainsi se faire une idée suffisamment juste des peuples qu’on a pu rencontrer sans s’appesantir sur des détails qui aurait pu alourdir la lecture de ce voyage.

Je déplore quand même quelques points :
– on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages quel qu’ils soient étant donné que le récit file à toute allure;
– par moment, j’ai eu l’impression assez forte que c’était un peu trop inspiré de l’Odyssée d’Homère -et ce n’est pas seulement dû aux nombreuses références à cet auteur qui m’ont donné cette impression; je pense que c’est voulu, mais du coup, je trouve que ça manquait parfois d’authenticité;
– et je n’ai pas aimé l’arrêt au pays des héros, ça m’a un peu ennuyé.

Par contre, j’ai beaucoup aimé les explications en fin de livres qui nous éclairent sur les références citées tout au long du récit: on trouve pas mal d’allusions à d’obscures légendes grecques ou des détails qu’on n’a pas forcément retenu de certains mythes connus. Le style de l’auteur est fluide et agréable, j’ai d’ailleurs été surprise de découvrir qu’il avait vécu en 120 après J.-C., j’aurai davantage dit qu’il était contemporain.
Le récit est frais, rapide et j’ai vécu un agréable voyage.

En gros, j’ai bien aimé « Sur des aventures que je n’ai pas eues » et si vous voulez vous changer les idées ou une lecture pas prise de tête, c’est le livre idéal pour cela.